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Par Salome Hembert
Publié le 25 février à 13h21, mis à jour le 25 février à 15h21
Les deux fondateurs de l’application, qui permet de lire des mangas en illimité sur smartphone, ont participé à l’émission «Qui veut être mon associé». Ils espéraient lever un million d’euros en deux semaines.
Passer la publicité4 millions d’euros d’intentions d’investissement en seulement 72 heures. Une somme à peine croyable pour les fondateurs de l’application Mangas.io, Yun Inada et Romain Régnier. Les deux amis de longue date ambitionnaient de récolter auprès des particuliers un million d’euros de promesse d’investissements en deux semaines via une levée de fonds participative («Crowd Equity»), un mécanisme qui permet à chacun de prendre une part du capital de la start-up. Cette opération a été lancée peu après la participation du duo à l’émission de la chaîne M6 « Qui veut devenir mon associé », diffusée le 19 février.
Mais l’emballement imprévu du public force l’entreprise à boucler la phase de préinscription dès ce mercredi, au lieu des trois semaines initialement prévues. « On préfère mettre un terme aux inscriptions maintenant car il n’y aura pas de place pour tout le monde. On ne veut pas qu’il y ait trop de déçus. Il faut aussi qu’on garde de la place pour nos investisseurs stratégiques » explique Romain Régnier au Figaro.
Surnommée le Netflix du manga, la start-up française Mangas.io édite une application sur smartphone qui donne accès à plus de 300 séries japonaises à lire sur mobile. Créé en 2020, le service compte aujourd’hui plus de 250.000 utilisateurs, et propose trois formules d’abonnement allant de 6,99 à 15,99 euros par mois. De quoi séduire le jury de l’émission. Anthony Bourbon et Éric Larchevêque, deux investisseurs présents sur le plateau, ont décidé d’accorder conjointement 250.000 euros de financement à la start-up contre 5% de parts du capital. Les discussions de finalisation se poursuivent hors caméra.
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Très forte hausse du trafic après l’émission
« Après la diffusion de l’émission, on a explosé en termes de fréquentation », raconte Romain Régnier. Les prises d’abonnements ont bondi de 2000% et le trafic sur la plateforme a été multiplié par 12. Alors, les deux fondateurs ont décidé de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Profitant de cette visibilité, le duo poste une vidéo sur ses réseaux sociaux pour proposer à qui le veut d’investir dans leur entreprise.
Et pour attirer la foule, ils savent trouver les mots : « si vous aviez pu investir dans Netflix ou Spotify à leurs débuts, est-ce que vous l’auriez fait ? ». De quoi pousser leur communauté à croire en un futur radieux pour cette start-up qui compte aujourd’hui 10 salariés à temps plein.
« Nous avions tablé sur un peu plus d’un million d’euros au bout de deux semaines, sauf que nous avons reçu un million d’euros d’intentions
d’investissement… par jour ! » se réjouit Yun Inada.
Les inscriptions à la levée de fonds participative seront clôturées dès ce mercredi soir. Mi-mars, les inscrits et la communauté de Mangas.io auront un accès prioritaire 24 heures à l’avance à une plateforme dédiée à l’investissement communautaire, et pourront y consulter un dossier complet sur l’entreprise. « D’ici là, certaines personnes vont peut-être se retirer. Mais il y a aussi des gens qui décideront de mettre plus d’argent que prévu », explique Romain Régnier.
De la phase d’amorçage à l’accélération
Si Mangas.io est aujourd’hui la plateforme leader en matière de mangas numériques en France, l’équipe entend continuer sa mue vers l’étranger. « On est déjà implanté sur les territoires francophones : en Afrique, en Belgique ou au Canada. Mais l’objectif, c’est de toucher encore plus de pays à l’avenir » explique Yun Inada.
Si l’entreprise n’a pas encore atteint le stade de rentabilité, les fondateurs voient dans l’emballement du public une crédibilité accordée à leur projet. «Quand on est entrepreneur, au début les gens nous prennent pour des fous. Mais maintenant, on sort de la phase d’amorçage pour aller vers l’accélération » conclut Romain Régnier. La rentabilité de l’entreprise sur les marchés francophones devrait être atteinte en 2025.
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