Madame Matilde Thue, présidente de la Norwegian-African Business Association,
Madame la ministre des Affaires étrangères de Norvège, Annikken Huitfeldt,
Madame la ministre du Développement international de Norvège, Anne Beth Tvinneriem,
Monsieur le directeur général de la NORAD,
Mesdames et messieurs,
Bonjour à tous !
Je suis ravi d’être parmi vous aujourd’hui à l’occasion de l’édition 2022 du Sommet de la Norwegian-African Business Association.
La Norwegian-African Business Association est bien connue en Afrique, pour son travail et ses efforts visant à mobiliser ses 150 entreprises membres pour investir en Afrique dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, l’énergie, la technologie, le transport maritime, les biens de consommation, l’immobilier et le tourisme.
Je peux vous dire que vous investissez sur le bon continent : l’Afrique.
Avant la pandémie de Covid-19, 6 des 10 économies dont la croissance était la plus forte au monde se trouvaient en Afrique. Les économies africaines se sont remises avec résilience des effets de la pandémie, puisque le taux de croissance du PIB est passé de -1,6 % en 2020 (le plus bas depuis deux décennies) à 6,7 % en 2021, avant de reculer à 4,1 % en 2022 en raison des impacts de la guerre russo-ukrainienne sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie qui ont occasionné des surcoûts pour le transport et une inflation générale.
L’Afrique doit maintenant faire face aux incertitudes liées à ce que j’appelle les 3 C : Covid-19, climat et conflit. La solution à ces problèmes est la même : les 3 F : finance, finance, finance. Pour se remettre des effets décroissants du Covid, l’Afrique a encore besoin de quelque 424 milliards de dollars d’ici fin 2022. Le changement climatique frappe l’Afrique de plein fouet avec une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses, des inondations et des cyclones.
Le changement climatique est le plus gros problème auquel nous devons faire face à l’échelle mondiale. Ce n’est pas une fiction : le changement climatique est réel.
Aujourd’hui, l’Afrique compte 4,8 millions de réfugiés climatiques, car le changement climatique exacerbe les vulnérabilités. L’Afrique perd actuellement entre 7 et 15 milliards de dollars par an en raison du changement climatique, un chiffre qui atteindra 50 milliards de dollars par an d’ici 2030. Le continent aura besoin de 1 300 à 1 500 milliards de dollars pour honorer ses Contributions déterminées au niveau national et s’adapter au changement climatique.
Pour soutenir l’Afrique pendant la pandémie de Covid-19, la Banque africaine de développement a lancé une Facilité de réponse rapide à la crise d’un montant pouvant aller jusqu’à 10 milliards de dollars. Cela a permis de fournir une marge budgétaire aux pays, ainsi qu’un accès aux vaccins, aux équipements pour les hôpitaux et à la protection sociale pour plus de 28 millions de personnes. La Banque a également lancé une obligation sociale d’un montant de 3 milliards de dollars sur le marché mondial des capitaux, la plus grande obligation sociale de tous les temps.
Pour lutter contre le changement climatique, la Banque africaine de développement a lancé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique, en collaboration avec le Centre mondial pour l’adaptation, afin de mobiliser 25 milliards de dollars pour l’adaptation au climat.
La Banque africaine de développement consacre 67 % de son financement climatique à l’adaptation, ce qui est le pourcentage le plus élevé parmi toutes les institutions dans le monde, une prouesse saluée par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.
Pour soutenir les pays africains à faible revenu, le Fonds africain de développement — le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement — met en place un guichet d’action climatique d’un montant allant jusqu’à 13 milliards de dollars dans le cadre de la 16e reconstitution des ressources du Fonds.
La nécessité d’une telle mesure est très pertinente : 9 des 10 pays les plus vulnérables au changement climatique dans le monde se trouvent en Afrique subsaharienne et tous dépendent des ressources du Fonds africain de développement. Ces pays ne peuvent pas avoir accès aux institutions mondiales de financement du climat et ne reçoivent que 2 % du financement climatique mondial.
Le guichet d’Action climatique du Fonds africain de développement va soutenir l’adaptation au climat à grande échelle : il permettra de fournir à 20 millions d’agriculteurs l’accès à des technologies agricoles adaptées au climat, de soutenir 20 millions d’agriculteurs et d’éleveurs grâce à une assurance indexée sur le climat, de réhabiliter un million d’hectares de terres dégradées, d’approvisionner 18 millions de personnes en eau et de stocker 814 millions de mètres cubes d’eau.
Pour prévenir une crise alimentaire en Afrique causée par la guerre russo-ukrainienne, la Banque africaine de développement a lancé une Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars. Elle vise à aider 20 millions d’agriculteurs à produire 38 millions de tonnes de denrées alimentaires pour une valeur de 12 milliards de dollars. Nous avons été très rapides. En seulement 45 jours après son lancement, la Facilité a approuvé des financements à hauteur de 1,13 milliard de dollars pour 24 pays.
Une très bonne façon de financer davantage l’Afrique est de recourir aux droits de tirage spéciaux (DTS). L’émission de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux, dont l’Afrique a reçu 33 milliards de dollars, a permis de fournir des liquidités aux pays africains, mais le montant reçu par le continent ne représente que 5 % des droits de tirage spéciaux alloués.
Les chefs d’État africains ont demandé une réallocation de 100 milliards de dollars supplémentaires de la part des pays développés vers l’Afrique, et qu’une partie de cette somme soit acheminée par le biais de la Banque africaine de développement.
Le réacheminement des droits de tirage spéciaux vers la Banque africaine de développement changera la donne : la Banque, en tant qu’institution financière notée AAA, sera en mesure de multiplier par quatre la valeur des droits de tirage spéciaux grâce à l’effet de levier.
Cela permettra de dégager beaucoup plus de ressources pour relever les multiples défis auxquels l’Afrique est confrontée, tout en apportant un complément au Fonds monétaire international. Nous apprécierions que la Norvège plaide pour qu’elle puisse confier ses droits de tirage spéciaux à la Banque africaine de développement.
La Norvège est un important partenaire commercial de l’Afrique. En 2021, les exportations norvégiennes vers l’Afrique étaient de 1 milliard de dollars, en baisse de 29 % par rapport à 2019. Les investissements directs étrangers de la Norvège en Afrique pour la période 2015-2020 ne représentent que 2 % du total des investissements directs étrangers de la Norvège.
Les chefs d’entreprise nordiques ont plusieurs raisons de s’intéresser à l’Afrique.
L’Afrique abrite un écosystème de fintech dynamique qui mène la révolution numérique du continent avec le plus haut potentiel pour dépasser le reste du monde. Le continent compte 576 start-ups fintech et elles sont dirigées par des jeunes. L’année dernière, les entreprises fintech africaines ont levé près de 1,5 milliard de dollars.
L’avenir des véhicules électriques dépendra de la disponibilité du lithium-ion. L’Afrique possède certains des plus grands gisements de lithium au monde, depuis la République démocratique du Congo jusqu’à la Namibie, en passant par le Zimbabwe et le Mali, suffisamment pour rendre l’Afrique compétitive face à la Chine et au Chili dans la course à l’approvisionnement des chaînes de valeur mondiales pour les voitures électriques.
L’Afrique offre également d’énormes opportunités dans le domaine de l’agriculture, puisqu’elle dispose de 65 % des terres arables non cultivées encore disponibles pour nourrir la population mondiale ; ce qu’elle fera dans ce domaine déterminera donc l’avenir de l’alimentation dans le monde. Et la taille du marché de l’alimentation et de l’agriculture en Afrique atteindra 1 000 milliards de dollars d’ici 2030.
Les possibilités d’investissement dans les énergies renouvelables sont immenses, notamment l’énergie solaire, l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne et l’énergie géothermique. En République démocratique du Congo, au Maroc, en Namibie et au Botswana, d’énormes possibilités existent pour l’hydrogène vert, le carburant de l’avenir.
La Banque africaine de développement mobilise 20 milliards de dollars pour développer le projet « Desert to Power » au Sahel, qui alimentera les économies de 11 pays grâce à l’énergie solaire et deviendra la plus grande zone solaire du monde.
L’Afrique est une destination sûre et rentable pour les investissements.
Selon une étude menée en 2020 par l’African Private Equity and Venture Capital Association, environ 45 % des commanditaires s’attendent à ce que les rendements en Afrique dépassent ceux des marchés émergents et des marchés développés, au cours des dix prochaines années. En outre, 60 % des commanditaires prévoient d’augmenter leurs allocations à l’Afrique au cours des trois prochaines années.
La Norwegian-Africa Business Association peut grandement contribuer à orienter davantage d’investissements du secteur privé norvégien et nordique vers l’Afrique.
La perception n’est pas toujours la réalité.
Jugez-en par vous-mêmes… :
En 2020, Moody’s Analytics a réalisé une évaluation cumulative sur 10 ans des taux de défaillance de la dette d’infrastructure mondiale, par région. Elle a constaté que les prêts aux infrastructures sont moins performants en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Océanie. L’Afrique est la région qui présente le deuxième plus faible taux de défaillance cumulé, après le Moyen-Orient. Cela prouve une fois de plus que l’infrastructure en tant que classe d’actifs en Afrique est solide, sûre et rentable.
L’Africa Investment Forum, organisé chaque année par la Banque africaine de développement et ses partenaires (dont Africa Finance Corporation), a permis d’attirer en Afrique des intérêts d’investissement d’une valeur de 110 milliards de dollars. Le prochain Forum se tiendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 2 au 4 novembre 2022. Je serai ravi de vous y accueillir !
La Banque africaine de développement — qui est désormais largement connue comme « la banque des solutions de l’Afrique » — est votre partenaire de choix.
La Norvège peut être très fière de la Banque africaine de développement.
L’année dernière, la Banque africaine de développement a été classée comme la meilleure institution financière multilatérale au monde.
Le Fonds africain de développement — le guichet de prêts concessionnels du groupe de la Banque africaine de développement — a été classé par le Center for Global Development, basé à Washington, comme la deuxième meilleure institution de financement concessionnel au monde, devant les 49 institutions multilatérales et bilatérales de financement concessionnel de tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il devance l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale.
Cette année, Publish What You Fund a classé la Banque africaine de développement au premier rang des institutions les plus transparentes au monde. La Banque africaine de développement a obtenu le score le plus élevé jamais obtenu par une institution au cours des dix années d’existence de l’indice de transparence de l’aide.
La Banque africaine de développement est toujours là pour l’Afrique.
Nous sommes toujours là pour vous, les investisseurs, et pour la Norwegian-African Business Association, pour aider à orienter davantage d’investissements vers l’Afrique.
Nous sommes là pour travailler plus étroitement avec la NORAD et le Norfund.
Nous connaissons l’Afrique.
Nous travaillons en Afrique.
Nous vous aiderons à réussir en Afrique.
Car si vous n’investissez pas en Afrique, vous ratez vraiment quelque chose !
L’Afrique ne peut plus être ignorée.
Investissez davantage en Afrique !
Je vous remercie.
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3 years ago
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