Excellence, Emmerson Mnangagwa, président de la République du Zimbabwe,
Excellence, Joaquim Chissano, ancien président de la République du Mozambique,
La très honorable Luisa Diogo, ancienne Première ministre du Mozambique,
Professeur Mthuli Ncube, Honorable ministre des Finances et du Développement économique du Zimbabwe, et gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement,
Honorable Misheck Sibanda, secrétaire en chef du Cabinet du président, ainsi que les membres du cabinet,
Honorables ministres,
Excellences, mesdames et messieurs les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques étrangères,
Mesdames et messieurs les représentants des organisations internationales,
Mesdames et messieurs les professionnels des médias,
Mesdames et messieurs,
Mangwa-nani ! Bonjour !
Je vous remercie d’avoir honoré l’invitation de S.E. le président Mnangagwa à participer à la deuxième réunion de la plateforme de dialogue sur le processus d’apurement des arriérés et de résolution de la dette du Zimbabwe.
Ce jour marque le début d’un nouvel espoir pour le Zimbabwe. La Sainte Bible dit : « Il y a un temps pour tout et un moment pour toute chose sous le ciel… un temps pour jeter des pierres et un temps pour en ramasser ; un temps pour démolir et un temps pour construire ; un temps pour abattre et un temps pour soigner ; un temps de guerre et un temps de paix ».
Nous sommes conscients que plus de vingt ans de sanctions ont nui au Zimbabwe et au peuple zimbabwéen.
Le secteur privé du Zimbabwe, autrefois florissant, a implosé. Le secteur bancaire international a pratiquement disparu, 102 relations de correspondance bancaire ayant été perdues au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, 90 % de l’économie est informelle. Le Zimbabwe, qui contribuait autrefois à la prospérité de la région SADC en tant que centre névralgique, a été brisé, ce qui a fait chuter le commerce et les investissements régionaux. Les chemins de fer nationaux du Zimbabwe, autrefois prospères, disposaient de 12,5 millions de tonnes de matériel roulant dans les années 1990 et en comptent aujourd’hui moins de 2,5 millions. La proportion de la population vivant dans une extrême pauvreté s’élève aujourd’hui à 44 %.
Le peuple du Zimbabwe a suffisamment souffert. La jeunesse du Zimbabwe mérite que son pays puisse connaître à nouveau la prospérité. Ils ne peuvent pas continuer à souffrir à cause d’un passé qu’ils n’ont pas créé. Ils méritent un avenir nouveau et prospère. Il est temps maintenant de reconstruire ce qui a été démoli ; il est temps de s’abstenir de jeter des pierres ; il est temps de soigner ; il est temps de faire la paix.
Je tiens à féliciter le peuple du Zimbabwe pour sa résilience. Vous avez connu des moments difficiles, mais vous n’avez jamais baissé les bras. Vous avez la conviction que l’espoir renaîtra un jour.
Ensemble, nous sommes réunis aujourd’hui pour tracer un chemin vers l’espoir.
Les sanctions ont entraîné des arriérés et une accumulation de dettes au fil des ans. La dette totale consolidée du Zimbabwe s’élève à 17,5 milliards de dollars. Celle envers les créanciers internationaux est montée à 14,04 milliards de dollars, tandis que la dette intérieure est à 3,4 milliards de dollars. Estimée à 5,75 milliards de dollars envers les créanciers bilatéraux, la dette envers les créanciers multilatéraux quant à elle, est estimée à 2,5 milliards de dollars. Le pays est en retard dans le service de sa dette, avec des arriérés envers les banques multilatérales de développement, parmi lesquelles la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement. Bien que des paiements symboliques soient effectués pour le service de la dette, il est maintenant temps pour le Zimbabwe de procéder à un apurement complet de ses arriérés, à une résolution de sa dette et à une restructuration de sa dette. Le Zimbabwe ne peut pas gravir la pente raide de la reprise économique en portant un lourd fardeau de dettes sur son dos.
Malgré ces défis, le Zimbabwe est en train de se relever.
L’économie s’est remise de la pandémie de Covid-19, a affiché un taux de croissance du PIB de 6,3 % en 2021, bien que la croissance soit retombée à 3,5 % en 2022 en raison des chocs climatiques persistants qui ont affecté les performances du secteur agricole et des impacts de la guerre russe en Ukraine qui ont fait flamber les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Bien que des réformes économiques importantes et fort louables aient été mises en œuvre, l’environnement macroéconomique reste difficile avec des niveaux très élevés d’inflation et de dépréciation de la monnaie. Les investissements dans le secteur minier sont en train de rebondir, et les performances du secteur agricole sont impressionnantes. J’ai été heureux d’entendre le président Mnangagwa dire que le Zimbabwe a pu atteindre l’autosuffisance en matière de production de blé. Je suis heureux que les 25 millions de dollars de soutien de la Banque africaine de développement pour la production alimentaire d’urgence aident le Zimbabwe à se remettre des effets de la guerre russe en Ukraine.
Les jeunes pousses sont en train de renaître, mais il reste encore beaucoup à faire.
C’est pourquoi j’ai accepté l’invitation du président Mnangagwa à jouer le rôle de champion pour l’apurement des arriérés et la résolution de la dette du Zimbabwe. J’ai accepté parce que je connais le potentiel du Zimbabwe. J’ai vécu et travaillé ici et j’étais présent pendant les périodes difficiles de la fin des années 1990 à 2003. Je connais le Zimbabwe. J’aime le Zimbabwe. J’ai accepté parce que je vois que le moment est venu pour nous tous de travailler ensemble pour construire un Zimbabwe nouveau et prospère. Je suis ravi que S.E. le président Chissano, l’ancien président du Mozambique, un leader africain révéré, ait accepté de jouer le rôle de facilitateur dans ce processus.
Lors des réunions et des discussions que j’ai eues lors de ma visite au Zimbabwe en juin 2022, j’ai été satisfait du haut niveau de leadership et d’engagement de S.E. le président Mnangagwa à l’égard de ce processus. Lors de mes rencontres avec plusieurs partenaires au développement au cours d’un petit-déjeuner organisé à la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne, j’ai senti une ouverture et une volonté d’engager un dialogue orienté vers des solutions.
Le président Mnangagwa s’emploie activement à promouvoir le Zimbabwe et ses progrès. Lors de l’Africa Investment Forum tenu à Abidjan en novembre 2022, il s’est exprimé à cœur ouvert sur les espoirs et les perspectives du pays, au cours d’une session spéciale consacrée au Zimbabwe : « Le Zimbabwe est ouvert aux affaires », a-t-il déclaré. Il a appelé à saisir des opportunités d’investissements massifs dans l’agriculture, l’exploitation minière, les services, les infrastructures, en particulier dans le secteur de l’énergie.
La Banque africaine de développement dirige les travaux visant à soutenir la construction du barrage hydroélectrique de Batoka Gorge, qui permettra de libérer des sources d’énergie renouvelable et de fournir 2 400 MW d’électricité. Nous travaillons également avec des partenaires pour construire la ligne de transport d’électricité qui reliera le Zimbabwe, la Zambie, le Botswana et la Namibie. De vastes opportunités existent pour le secteur privé, dans l’industrie hôtelière et touristique, ainsi que dans la construction et la réhabilitation du réseau ferroviaire qui ouvrira la voie au commerce et aux investissements régionaux vers les pays voisins et stimulera davantage la croissance économique et le développement de la région de la SADC.
Le Zimbabwe n’est pas seul face à ses défis. Le Fonds fiduciaire multidonateurs pour le Zimbabwe de la Banque africaine de développement a permis de venir en aide à la population au fil des ans. Avec un financement total de près de 150 millions de dollars, il a permis de réhabiliter des infrastructures essentielles telles que les services d’approvisionnement en eau, l’assainissement et la distribution d’énergie, au profit de 5 millions de personnes. Je tiens à remercier les donateurs du Fonds, que sont l’Allemagne, la Suisse, la Suède, le Royaume-Uni, la Norvège, le Danemark et l’Australie, pour leur généreux soutien qui a rendu tout cela possible.
Je tiens à assurer au gouvernement que vous ne serez pas seuls.
Excellence, monsieur le président,
Aujourd’hui, les partenaires au développement vous entourent de leur bonne volonté et de leur engagement. Leur présence en grand nombre montre que nous sommes prêts à nous engager dans un dialogue constructif et transparent. Permettez-moi de vous assurer que, d’après les discussions que j’ai eues avec les partenaires, il n’y a pas de motivation politique ni de dessein caché derrière cet engagement. Il n’y a pas non plus de volonté liée à un changement de régime. Il n’y a qu’un seul objectif : la mise en place de réformes pour un changement durable.
En ma qualité de champion du processus d’apurement des arriérés et de résolution de la dette du Zimbabwe, je serai ouvert à tous, j’entendrai tout le monde et, avec vous, messieurs les présidents Mnangagwa et Chissano, nous prendrons tout cela en considération.
Pour faire avancer ce processus, la Banque africaine de développement a approuvé une enveloppe de 4,1 millions de dollars pour le financement d’un « Projet d’apurement des arriérés et de renforcement de la gouvernance ». Ce projet vient en appui à la plateforme de dialogue et aux travaux du président Chissano, le facilitateur, de Mme Luisa Diogo, ancienne Première ministre du Mozambique, la conseillère technique principale, ainsi que de deux conseillers techniques, M. Alexis Ferrand (conseiller économique) et M. James Tsabora (conseiller en gouvernance), qui soutiennent les groupes de travail sur l’économie et la gouvernance.
Je félicite vivement le président Mnangagwa et le gouvernement du Zimbabwe pour avoir présenté une stratégie à trois volets, qui comprend des réformes économiques, des réformes en matière de gouvernance et l’indemnisation des agriculteurs commerciaux.
Cela témoigne de leur bonne volonté. Nous devons maintenant veiller à ce que tous les éléments de l’axe central de cette stratégie soient mis en œuvre.
Je suis convaincu que les groupes de travail sectoriels qui ont été mis en place pour des dialogues structurés sur ces questions permettront d’instaurer le climat de confiance, la dynamique et la mise en œuvre dont nous avons tant besoin. Le groupe de travail sur la gouvernance nous permettra de nous attaquer aux questions essentielles que sont la liberté d’expression, la protection des droits de l’homme et l’application des lois conformément à la constitution, ainsi que la mise en œuvre de la commission d’enquête Motlanthe et l’indemnisation des victimes, et de réaliser des progrès mesurables sur ces différentes questions. Nous devons également montrer que des progrès ont été réalisés dans le cadre de la Loi sur la démocratie et le redressement économique au Zimbabwe (ZIDERA). Tous ces éléments devraient permettre la tenue d’élections pacifiques, libres et équitables. Ils permettront également de lever les obstacles à l’apurement des arriérés et à la résolution de la dette.
Le groupe de travail sur les réformes économiques nous permettra d’avancer sur les réformes des taux de change et les opérations quasi budgétaires de la Reserve Bank of Zimbabwe, la réforme des entreprises publiques et un Programme contrôlé par le personnel (SMP) du Fonds monétaire international. Nous espérons et préférerions qu’il s’agisse d’un « programme SMP humide ». Il doit y avoir des incitations pour les efforts du Zimbabwe en matière de réformes, tout en atténuant les impacts sociaux sur les personnes vulnérables.
Il est difficile d’avaler de la farine de maïs sèche « Sadza » sans eau.
Et surtout, le point central est l’indemnisation complète des agriculteurs commerciaux en vertu de l’Acte d’indemnisation globale, la mise en œuvre complète de l’Accord bilatéral de promotion et de protection des investissements et l’application des lois qui garantissent la sécurité à long terme des titres fonciers.
Le passé est derrière nous. Nous devons aller de l’avant !
Et nous devons nous concentrer sur la mise en œuvre.
Excellences,
Nous sommes prêts à trouver des solutions.
Le président Mnangagwa fait preuve d’un leadership et d’un engagement clairs et le gouvernement du Zimbabwe s’est fermement engagé.
La communauté internationale est prête et engagée. Qu’il s’agisse des institutions financières bilatérales et multilatérales et les créanciers, ils sont prêts et engagés.
Le secteur privé et la société civile sont également prêts et engagés.
L’époque de l’hostilité est révolue. L’heure de la paix a sonné.
Sachons donc saisir cette occasion.
Bâtissons la confiance. Reconstruisons le Zimbabwe.
Redonnons l’espoir d’un Zimbabwe prospère !
Je vous remercie.
Ndokutenda zvikuru !
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3 years ago
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