Votre Excellence, Kaïs Saïed, président de la République tunisienne, notre hôte.
Votre Excellence, Fumio Kishida, Premier ministre du Japon.
Votre Excellence, Macky Sall, président de la République du Sénégal et président de l’Union africaine.
Excellences mesdames et messieurs les chefs d’État et de gouvernement.
Monsieur Nobuhiko Sasaki, président et directeur général de JETRO.
Éminents chefs d’entreprise du Japon et d’Afrique.
Excellences, mesdames et messieurs.
Je tiens à féliciter le gouvernement du Japon et le gouvernement de la Tunisie pour l’organisation de cette huitième édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique.
Avant de poursuivre, je souhaite exprimer toute ma compassion au gouvernement du Japon à la suite de l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Shinzo Abe. Il était un grand ami de l’Afrique ; et sous sa direction, la TICAD est devenue une plateforme beaucoup plus solide permettant de forger des partenariats stratégiques entre le Japon et l’Afrique. Shinzo Abe militait pour « un Indo-Pacifique libre et ouvert ».
Le Japon est un ami de l’Afrique. Au cours des sept dernières années, la TICAD a été un excellent forum pour discuter de la manière de soutenir le développement économique de l’Afrique et d’établir des partenariats plus solides entre le Japon et l’Afrique. La tenue du sommet à Tunis démontre une fois de plus que le Japon accorde de l’importance au partenariat sur le terrain, ici même en Afrique.
L’aide publique au développement du Japon a beaucoup aidé l’Afrique, mais l’évolution vers une approche plus axée sur le secteur privé et les investissements offre de nombreuses possibilités.
À cet égard, il y a beaucoup à faire. Deux domaines sont particulièrement importants.
Le premier est le commerce bilatéral. Sur les 1 500 milliards de dollars de commerce mondial du Japon, le commerce bilatéral avec l’Afrique ne représentait que 23,5 milliards de dollars, soit à peine 1,5 %. La Zone de libre-échange continentale africaine offre désormais des possibilités beaucoup plus larges pour remédier à cet état de fait.
Le deuxième point concerne les investissements. L’investissement étranger direct du Japon dans le monde est évalué à 2 000 milliards de dollars, dont le stock total d’IDE en Afrique représente seulement 0,003 %. Les stocks d’investissement du Japon en Afrique subsaharienne ont atteint un pic de 12 milliards de dollars en 2013. Cependant, ce montant est tombé à 6 milliards de dollars en 2021.
Ces tendances doivent être inversées. Et c’est faisable.
Certaines entreprises japonaises, comme Toyota Tsusho, montrent la voie ; ses investissements dans des usines automobiles en Afrique du Sud avaient généré 7,5 milliards de dollars de revenus en mars 2022.
Komatsu, qui exerce des activités commerciales dans 54 pays africains, a généré un milliard de dollars de revenus.
La Banque africaine de développement travaille avec le Japon pour accroître les opportunités d’investissement du secteur privé en Afrique. Notre partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) sur l’Assistance renforcée au secteur privé en Afrique (EPSA) a permis de fournir plus de 10 milliards de dollars de financement pour soutenir le secteur privé en Afrique.
Le partenariat de la Banque africaine de développement avec la Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC), la banque Mizuho et neuf autres institutions financières, a permis de mobiliser 2,7 milliards de dollars pour le projet de corridor ferroviaire et portuaire de Nacala au Mozambique.
Nous avons également cofinancé, avec TOTAL, d’autres investisseurs et la JBIC, le projet de gaz naturel liquéfié pour le Mozambique d’une valeur de 24 milliards de dollars, faisant de ce pays le troisième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, le Japon représentant 30 % de son marché.
Les chefs d’entreprise japonais ont plusieurs raisons de s’intéresser à l’Afrique.
L’Afrique abrite un écosystème de technologie financière dynamique qui mène la révolution numérique du continent et présente le potentiel le plus élevé pour faire un bond en avant dans le monde. Le continent compte 576 start-ups dans le secteur de la technologie financière et elles sont dirigées par des jeunes. L’année dernière, les entreprises africaines de technologie financière ont levé près de 1,5 milliard de dollars.
L’Afrique est prête à devenir la source alternative d’approvisionnement en gaz naturel qui contribuera à sécuriser les approvisionnements énergétiques de l’Europe, du Japon et du reste du monde. Du Nigeria au Ghana, en passant par la Tanzanie, le Sénégal, l’Algérie et le Kenya, l’Afrique possède aujourd’hui certaines des plus grandes réserves de gaz naturel au monde.
L’avenir des véhicules électriques dépendra de la disponibilité du lithium-ion. L’Afrique possède certains des plus grands gisements de lithium au monde, de la République démocratique du Congo à la Namibie, au Zimbabwe et au Mali, suffisamment pour rendre l’Afrique compétitive face à la Chine et au Chili dans la course à l’approvisionnement des chaînes de valeur mondiales pour les voitures électriques.
Le Japon peut jouer un rôle considérable en matière d’investissements dans ce domaine, notamment grâce au leadership de Mitsubishi Corporation dans le domaine du lithium-ion pour la mobilité et la production d’électricité.
L’Afrique offre également d’énormes possibilités dans le domaine de l’agriculture, puisqu’elle dispose de 65 % des terres arables non cultivées qui restent pour nourrir la population mondiale ; ce que l’Afrique fera en matière d’agriculture déterminera donc l’avenir de l’alimentation dans le monde. En outre, la taille du marché de l’alimentation et de l’agriculture en Afrique atteindra la somme considérable de 1000 milliards de dollars d’ici 2030.
Les possibilités d’investissement dans les énergies renouvelables sont immenses, qu’il s’agisse de l’énergie solaire, hydraulique, éolienne ou géothermique. L’investissement d’entreprises japonaises dans la centrale géothermique d’Olkaria, au Kenya, est un bon exemple de ce que le Japon peut faire en matière d’énergie renouvelable en Afrique.
En République démocratique du Congo, au Maroc, en Namibie et au Botswana, il existe d’énormes possibilités pour l’hydrogène vert, le carburant de l’avenir. La Banque africaine de développement mobilise 20 milliards de dollars pour développer le projet « Desert to Power » dans le Sahel, qui alimentera en énergie solaire les économies de 11 pays et deviendra la plus grande zone solaire au monde.
J’aimerais profiter de cette occasion pour appeler à un renouvellement du partenariat énergétique Japon-Afrique signé le 3 juillet 2017 entre la Banque africaine de développement et le gouvernement du Japon — en mettant cette fois-ci l’accent sur les énergies renouvelables et le gaz.
Les investisseurs japonais devraient être plus enthousiasmés par l’Afrique.
Les preuves parlent d’elles-mêmes, mais permettez-moi de vous donner plus de détails :
Le nombre de fonds de capital-investissement en Afrique est passé de 12 seulement en 1997 à 150 en 2020.
L’Afrique est une destination d’investissement sûre et rentable.
Dans une enquête menée en 2020 par l’African Private Equity and Venture Capital Association, environ 45 % des commanditaires s’attendent à ce que les rendements en Afrique dépassent ceux des marchés émergents et des marchés développés, au cours des 10 prochaines années. En outre, 60 % des commanditaires prévoient d’augmenter leurs allocations à l’Afrique au cours des trois prochaines années !
La TICAD peut contribuer dans une large mesure à orienter davantage d’investissements du secteur privé japonais vers l’Afrique. Il est temps pour le Japon de se renouveler, de se réengager et de réinvestir en Afrique. Ce faisant, il est important de fonder vos décisions d’investissement en Afrique sur des faits, et non sur des perceptions.
Les perceptions ne sont pas la réalité.
Veuillez considérer ce qui suit…
En 2020, Moody’s Analytics a réalisé une évaluation cumulative sur 10 ans des taux de défaut de la dette mondiale des infrastructures, par région. Elle a constaté que la performance des prêts pour les infrastructures était plus mauvaise en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Océanie. L’Afrique est la région qui présente le deuxième plus faible taux de défaillance cumulé, après le Moyen-Orient. Cela prouve une fois de plus que l’infrastructure en tant que classe d’actifs en Afrique est solide, sûre et rentable.
C’est pourquoi la Banque africaine de développement a investi plus de 44 milliards de dollars dans les infrastructures en Afrique au cours des six dernières années, qu’il s’agisse de l’énergie, des transports, des infrastructures numériques, de l’eau ou de l’assainissement — ce qui en fait le plus gros investisseur dans les infrastructures en Afrique parmi toutes les institutions financières multilatérales.
L’Africa Investment Forum, organisé chaque année par la Banque africaine de développement et ses partenaires, montre la voie aux investisseurs en Afrique : identifier et conclure des transactions. En trois ans, le Forum a contribué à attirer 110 milliards de dollars d’intérêts d’investissement en Afrique. Le prochain Forum se tiendra à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 2 au 4 novembre 2022. Je serai ravi de vous y accueillir !
Je suis ravi que le Forum des affaires Japon-Afrique organisé conjointement avec la Banque africaine de développement ait attiré plus de 3 800 participants.
Je suis enthousiasmé par les opportunités de collaboration avec KEIZAI DOYUKAI sur son Fonds d’investissement pour l’Afrique afin de soutenir les investissements des entreprises japonaises en Afrique.
Je suis enthousiaste à l’idée de collaborer avec KAIDANREN pour améliorer l’environnement des investissements commerciaux, afin d’attirer davantage d’entreprises japonaises en Afrique.
Toyota Tsusho s’est installée en Afrique ; son activité est florissante !
Komatsu s’est installé en Afrique ; son activité est prospère !
Mitsubishi Heavy Industries s’est installé en Afrique ; il est également prospère !
Ensemble, faisons croître les investissements du secteur privé japonais en Afrique.
Transformons les discussions en engagements.
Transformons les engagements en investissements.
Travaillons ensemble — « Ishoni ganbari masho ! »
Prospérons ensemble !
Domo Arigato !
Je vous remercie.
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3 years ago
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