Votre Excellence le président Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, représenté par le Premier Ministre de Côte d’Ivoire, M. Patrick Achi,
Mme Nialé Kaba, gouverneure du Groupe de la Banque africaine de développement pour la Côte d’Ivoire,
Mesdames et messieurs les ministres ici présents,
Excellences, mesdames et messieurs les ambassadeurs,
M. Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement et co-hôte du Sommet Finance en commun,
M. Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement et président du Club international de financement du développement et du Sommet Finance en commun,
M. Alvaro Lario, président du Fonds international de développement agricole,
M. Carlo Montecelli, gouverneur de la Banque de développement du Conseil de l’Europe,
M. Patrick Verkooijen, directeur général du Centre mondial pour l’adaptation,
Mme Amina Mohammed, secrétaire générale adjointe des Nations unies, qui qui s’est adressée à nous par message vidéo,
Mesdames et messieurs les présidents et PDG des institutions de financement du développement,
Mesdames et Messieurs,
Bonjour !
Je voudrais remercier S.E. M. le président Alassane Ouattara et le gouvernement ivoirien pour nous avoir accueillis ici à Abidjan. Je tiens à vous remercier tout particulièrement, Votre Excellence Monsieur le Premier ministre Patrick Achi, d’être ici aujourd’hui pour procéder à l’ouverture officielle du Sommet Finance en commun.
Excellences, Mesdames et Messieurs, chers amis, partenaires et délégués au Sommet Finance en commun,
Je tiens à vous remercier tous d’avoir pris le temps d’être ensemble - en commun - physiquement ici à Abidjan, en Côte d’Ivoire - le siège de la Banque - et pays de l’hospitalité. Par conséquent, comme nous le disons ici : Akwaba ! Bienvenue !
Pour faire de la finance en commun, nous devons d’abord être ensemble, en commun.
Je voudrais remercier mon cher ami Rémy Rioux pour son leadership dans le domaine de la finance en commun. Il est étonnant qu’en trois ans depuis sa création, le Sommet Finance en commun soit devenu une plateforme mondiale de mobilisation des ressources pour le développement. Merci, Rémy, de nous avoir réunis, et de partager avec nous votre vision qui nous inspire.
Notre objectif est de nous mettre ensemble, de construire ensemble, de financer ensemble.
La Banque africaine de développement est heureuse d’abriter le présent Sommet Finance en commun coorganisé avec la Banque européenne d’investissement.
Ce Sommet est spécial pour quatre raisons.
C’est la première fois que le Sommet Finance en commun se tient physiquement.
C’est la première fois que le Sommet Finance en commun est coorganisé par deux banques multilatérales de développement.
C’est la première fois que le Sommet Finance en commun se tient hors de l’Europe.
C’est la première fois que le Sommet Finance en commun se tient en Afrique.
Vos excellences, mesdames et messieurs,
S’il y a jamais eu un moment pour travailler ensemble et financer ensemble, c’est bien maintenant.
Le monde est confronté à des défis importants. La guerre de la Russie en Ukraine a déclenché une crise énergétique. Les prix de l’énergie ayant été multipliés par trois, elle a plongé l’Europe dans une situation de vulnérabilité énergétique, a provoqué une augmentation rapide du prix des denrées alimentaires, en particulier du blé et du maïs, et a provoqué une inflation mondiale. Le durcissement des politiques monétaires des économies développées pour lutter contre l’inflation a d’autres effets : hausse des taux d’intérêt, fuite des capitaux hors des marchés émergents et augmentation des coûts du service de la dette pour les pays déjà vulnérables. Et si l’on n’y prend garde, cela pourrait conduire à une récession mondiale.
À cela s’ajoute le défi du changement climatique, qui fait courir des risques existentiels à notre monde commun et à nos objectifs pour un monde meilleur.
L’Afrique, qui ne représente que 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, souffre de manière disproportionnée du changement climatique, avec des pertes de 7 à 15 milliards de dollars par an, qui devraient atteindre 50 milliards de dollars par an d’ici 2035.
Pour y remédier, la Banque africaine de développement a entièrement mis ses activités en conformité avec l’accord de Paris, en consacrant 41 % du total de son portefeuille d’investissements au financement du climat.
Nous allouons désormais 67 % de notre financement climatique à l’adaptation au climat, ce qui représente le pourcentage le plus élevé de toutes les institutions mondiales et bilatérales de financement du développement.
La Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation ont lancé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique. L’objectif est de mobiliser 25 milliards de dollars pour l’adaptation au changement climatique en Afrique.
Nous allons encore plus loin.
Parce que dix des pays les plus vulnérables au changement climatique dans le monde sont des pays africains à faible revenu et des États fragiles qui dépendent du Fonds africain de développement (FAD) - le guichet de financement concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement - nous avons créé le Guichet d’action climatique dans le cadre de la 16e reconstitution des ressources du FAD. Ce Guichet d’action climatique prévoit à terme de mobiliser jusqu’à 13 milliards de dollars pour les pays du FAD.
Pourtant, il reste encore beaucoup à faire pour combler le déficit de financement en faveur du climat.
C’est pourquoi, ensemble, dans le cadre de la finance en commun, nous devons faire davantage pour mettre en commun nos ressources et optimiser les réserves de capitaux du secteur privé pour le financement du climat.
Alors que nous nous attaquons aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, nous devons tout mettre en œuvre pour assurer les transitions énergétiques, tout en reconnaissant les besoins spécifiques des pays en développement. La Banque africaine de développement consacre désormais 83 % de ses financements destinés à la production d’énergie aux énergies renouvelables.
Elle met en œuvre le projet « Desert to Power » pour construire la plus grande zone solaire du monde dans le Sahel. L’objectif est de produire 10 000 mégawatts d’énergie solaire et de fournir de l’électricité à 250 millions de personnes. Nous le faisons dans le cadre de la finance en commun, avec l’Agence française de développement, le Fonds vert pour le climat, la Suède, la Fondation Rockefeller, et plusieurs autres partenaires.
Ici même, en Côte d’Ivoire, nous soutenons la centrale thermique d’Azito (680 mégawatts) et la centrale hydroélectrique de Singrobo (44 mégawatts) afin de fournir de l’énergie renouvelable et de soutenir la volonté du pays de réaliser son objectif d’approvisionnement universel en énergie. Cette action s’inscrit dans le cadre de la volonté du gouvernement ivoirien d’atteindre 100 % d’accès à l’énergie d’ici 2030.
La Banque africaine de développement a réagi pour éviter que la guerre en Ukraine ne provoque une crise alimentaire en Afrique. Nous avons lancé une Facilité de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars pour aider 20 millions d’agriculteurs dans les pays africains à produire rapidement 38 millions de tonnes de denrées alimentaires d’une valeur de 12 milliards de dollars.
Nous avons été très rapides. Dans les 45 jours qui ont suivi le lancement de la Facilité, la Banque a approuvé l’octroi de 1,13 milliard de dollars à 24 pays, et nous espérons atteindre 35 pays d’ici la fin de l’année. Nos partenaires, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), ont fourni 253 millions de dollars, et nous avons mobilisé un soutien supplémentaire de la Norvège, de l’Allemagne, des États-Unis, et d’autres pays suivront.
La Banque africaine de développement est le moteur de la transformation de l’agriculture en Afrique grâce à un financement de 779 millions de dollars pour la création de Zones spéciales de transformation agro-industrielle, déjà présentes dans 12 pays, dont la Côte d’Ivoire.
Lorsque le Premier ministre Achi a inauguré la Zone de transformation agro-industrielle de Sinematiali, dans le nord de la Côte d’Ivoire, le 27 juillet dernier, la population a exécuté le « kapatchan », une danse de réjouissances de la région Sénoufo. Ils avaient de bonnes raisons de danser. Le Premier ministre Achi, ravi, a déclaré : « Ce projet est une initiative de grande envergure qui s’inscrit dans notre ambition de développer un nouveau type d’agriculture ».
Là encore, le partenariat, le financement en commun, ont joué un rôle central.
Je tiens à remercier tout particulièrement nos partenaires, le Fonds international de développement agricole, la JICA et la Banque islamique de développement, qui ont fourni 669 millions de dollars de cofinancement pour la création de Zones spéciales de transformation agro-industrielle en Afrique.
La Banque africaine de développement prévoit d’investir 10,5 milliards de dollars dans l’agriculture au cours des cinq prochaines années. Nous nous réjouissons de travailler ensemble pour aider à libérer le potentiel de l’Afrique à se nourrir elle-même et à contribuer à nourrir le reste du monde.
Pour mobiliser davantage de financements à l’échelle mondiale afin de relever les défis du développement, nous devons tirer parti de l’énorme capital privé existant, dont les actifs sous gestion dans le monde s’élèvent à 145 billions de dollars.
Nous devons travailler plus intelligemment.
Nous devons exercer un effet de levier.
Nous devons orienter le financement privé de manière à compléter tous nos efforts.
Nous devons réformer et améliorer l’efficacité de l’architecture financière mondiale afin de relever les défis croissants du développement à travers le monde et financer la réalisation des objectifs de développement durable.
Les droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) peuvent jouer un rôle important à cet égard. La fourniture de DTS supplémentaires par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement peut compléter les efforts du Fonds monétaire international. La Banque africaine de développement est en mesure de mobiliser trois à quatre fois le montant des DTS grâce à l’effet de levier et de lever des ressources importantes pour les investissements en Afrique et pour la recapitalisation des institutions africaines de financement du développement, dans le cadre du programme « Finance en commun ».
De cette façon, nous tirerons parti de toute la puissance de ces droits de tirage spéciaux pour le développement, nous optimiserons l’architecture financière mondiale et nous aurons un impact plus important sur le développement. Et peut-être pourrions-nous alors songer à rebaptiser les droits de tirage spéciaux (en « soutien à la relance du développement ».
Nous devons redonner espoir aux jeunes.
C’est pourquoi la Banque africaine de développement travaille avec l’Agence française de développement pour développer le projet Banques d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes (Youth Entrepreneurship Investment Banks), en collaboration avec d’autres partenaires, notamment des gouvernements africains, des banques centrales africaines, des institutions financières africaines, la Banque européenne d’investissement, la Commission européenne et la Fondation Mastercard. Les Banques d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes seront de nouvelles institutions financières qui vont créer de nouveaux écosystèmes financiers autour des entreprises des jeunes en Afrique.
Nous devons redonner espoir aux femmes.
C’est pourquoi la Banque africaine de développement, avec le soutien du gouvernement français, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et des pays nordiques, a lancé l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (Affirmative Finance Action for Women in Africa, AFAWA). Je suis ravi que l’année dernière, 534 millions de dollars aient été décaissés pour les entreprises dirigées ou appartenant à des femmes et que cette année, nous prévoyions de verser 500 millions de dollars supplémentaires pour les femmes. Les femmes dirigent l’Afrique, alors quand les femmes gagnent, l’Afrique gagne.
Nous devons continuer à travailler ensemble pour démultiplier les investissements.
C’est ce que nous faisons dans le cadre de l’Africa Investment Forum, qui est devenu la principale plateforme d’investissement en Afrique permettant d’attirer des investissements privés sur le continent.
Lancé en 2018, l’Africa Investment Forum a permis en trois ans de mobiliser 110 milliards de dollars d’engagement d’intérêts d’investissement en Afrique. En mars 2022, l’Africa Investment Forum a obtenu des manifestations d’intérêts d’investisseurs d’un montant de 16 milliards de dollars pour financer l’autoroute Lagos-Abidjan, qui transformera les économies et le commerce en Afrique de l’Ouest.
Tel est le pouvoir de la collaboration. Le prochain Africa Investment Forum se tient ici même à Abidjan, du 2 au 4 novembre 2022. Il sera organisé conjointement avec le gouvernement de la Côte d’Ivoire. J’ai hâte de vous y accueillir.
Excellences, mesdames et messieurs
Ensemble, nous faisons plus, et plus vite.
C’est ce que nous allons faire au cours des deux prochains jours.
Au sein de la Finance en commun, nous disposons d’un volume de prêts collectifs de 2,3 billions de dollars par an.
Nous pouvons les déployer plus efficacement pour contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable.
Excellences, mesdames et messieurs.
Notre humanité commune est en jeu à cause des 3 C : Covid, climat et conflits
La solution à ces problèmes réside dans les 3 F : Finance, finance et finance.
Alors, soyons connectés.
Coopérons.
Faisons jouer l’effet de levier.
Travaillons en commun.
Produisons de la finance en commun.
Ensemble, nous pouvons.
Ensemble, nous devons.
Ensemble, nous le ferons.
Merci beaucoup !
Thank you very much!
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3 years ago
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