(Agence Ecofin) - Au Niger comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, l’agriculture reste principalement tributaire de la pluviométrie. Cette situation rend le secteur vulnérable aux chocs climatiques actuels et futurs.
Au Niger, l’augmentation des investissements dans l’irrigation est l’un des leviers essentiels pour limiter la volatilité de la production agricole et renforcer le système agroalimentaire. C’est ce qu’estime la Banque mondiale dans un article publié la semaine dernière et citant les conclusions de sa dernière note économique sur le pays en avril 2025.
Dans le pays d’Afrique de l’Ouest, l’agriculture irriguée ne couvre que 2 % de la superficie agricole totale, mais contribue à près de 33 % du PIB agricole.
« L’irrigation est surtout pratiquée dans les régions de Tahoua et de Maradi, où 20 000 hectares de terres sont actuellement irrigués et devraient doubler d’ici 2027 […]. L’expansion récente de l’irrigation a eu lieu principalement dans des localités séparées dans l’espace le long des zones frontalières du sud avec des nappes phréatiques relativement élevées, des zones supplémentaires le long du fleuve Niger », peut-on lire dans la note économique de la Banque mondiale.
Avec des cultures importantes comme l’oignon, destinées à l’export, mais aussi le riz consommé localement, près de 2 millions de personnes sont impliquées dans l’agriculture irriguée, principalement sur de petites surfaces d’environ 1 hectare.
Si le pays fait partie du top 3 des nations qui affichent les superficies irriguées les plus importantes d’Afrique de l’Ouest, derrière le Mali et le Nigeria, l’institution financière indique qu’il existe encore un important potentiel d’expansion afin de stimuler davantage la croissance agricole.
D’après la Banque mondiale, les autorités gagneraient ainsi à promouvoir des systèmes d’irrigation à petite et moyenne échelle, une approche qui a l’avantage d’être moins coûteuse pour les caisses publiques et qui peut être « très efficace ».
Sur un autre plan, le premier prêteur public mondial préconise de se concentrer d’abord sur la réhabilitation des systèmes d’irrigation actuels afin de tirer le meilleur parti des investissements réalisés précédemment.
« Cet avantage peut être maximisé grâce aux réformes nécessaires et au renforcement des capacités, comme l’amélioration de la gestion de l’eau, de l’exploitation et de la maintenance, des associations d’usagers de l’eau (AUE), de la gouvernance et de la passation de marchés pour le développement de l’irrigation », précise l’organisation basée à Washington.
Alors que le pays est l’un des plus exposés au monde aux épisodes de sécheresse extrême et aux températures élevées, les auteurs du rapport indiquent qu’un renforcement de l’investissement reste crucial pour réduire la vulnérabilité du secteur agricole qui dépend à plus de 55 % des pluies pour la production.
« D’ici les années 2050, la température médiane pourrait augmenter de 2,9 °C et les précipitations annuelles médianes de 38 pour cent, ce qui réduirait la production de plusieurs cultures dans tout le pays », ajoutent-ils.
Il faut noter que dans le pays, les autorités déploient sur la période 2024-2027, le Programme d’Irrigation à Grande Échelle (PGI 2024-2027). Une feuille de route qui veut réhabiliter 10 000 hectares de terres irriguées existantes et développer 21 200 hectares de nouvelles superficies irriguées.
Espoir Olodo
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10 months ago
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