(Agence Ecofin) - Débouté à Londres de son action en justice engagée contre JP Morgan dans le cadre de l’affaire OPL 245, le gouvernement nigérian avait indiqué qu’il se battrait pour obtenir le dédommagement de 1,7 milliard de dollars qu’il réclame.
Dans un courrier qu’il a adressé au président Muhammadu Buhari et qui a filtré mercredi 19 avril, Abubakar Malami (photo), le ministre nigerian de la Justice, a appelé le dirigeant à mettre un terme au différend qui oppose le pays aux compagnies pétrogazières Eni et Shell, concernant l’OPL 245.
Depuis plus d’une décennie, ce bloc est l’objet d’une bataille juridique, sur fond d’enquêtes et de poursuites judiciaires pour corruption. Un bras de fer relatif aux droits d’exploitation du périmètre que le Nigéria a d’ailleurs perdu suite à des verdicts défavorables aussi bien en Italie qu’en Angleterre.
Alors que les autorités prévoient d’engager des voies de recours supplémentaires dans le cadre de cette affaire, Abubakar Malami pense que cette stratégie n’est pas profitable pour le pays. Pour lui, les autorités devraient tenir compte des « conséquences économiques négatives » que l’État subit déjà et s’engager résolument dans la monétisation de ce périmètre.
Ceci, afin de « profiter des opportunités qui disparaissent rapidement dans l’industrie mondiale de l’exploration pétrolière ». Pour cela, le ministre appelle le président Buhari à ordonner l’arrêt de toutes procédures et enquêtes engagées contre Eni et Shell, au Nigéria notamment. Ces dernières n’offrent « aucune perspective de succès » selon lui.
Parallèlement, il a aussi souligné l’urgence pour le régulateur de l’industrie pétrolière locale d’« accélérer la conversion de l’OPL 245 » en OML, licence nécessaire pour l’exploitation commerciale du gisement qui est l’un des plus prolifiques du pays. Ce choix pourrait être plus pertinent dans un contexte où l’État travaille à atteindre son quota OPEP.
Abdel-Latif Boureima
Lire aussi :
.png)
3 years ago
English (United States) ·
French (France) ·