À Njombe et ailleurs dans la région montagneuse de Southern Highlands en Tanzanie, les paysans manquent d’engrais parce que les négociants d’intrants ne sont pas en mesure de leur en procurer assez.
Sady Mwang'onda sait de quoi il parle, il est négociant d’intrants à Njombe : « ce n’est pas notre faute à nous, négociants d’intrants, on a beaucoup de mal à répondre à la demande de tous les fermiers ». Il explique : « On a tendu la main aux institutions financières comme les banques pour avoir des prêts. Mais ils exigent de solides garanties et ils ont des taux d'intérêt élevés. Notre entreprise a eu beaucoup de difficultés à obtenir des engrais pour les agriculteurs. »
Aujourd’hui, grâce au soutien du Fonds africain de développement au Mécanisme africain de financement des engrais, les négociants en produits agricoles en Tanzanie comme Sady sont désormais en mesure de répondre aux demandes d'engrais des agriculteurs.
Créé en 2006 et devenu opérationnel en 2015, ce Mécanisme fournit des garanties de crédit aux pays qui servent à dé-risquer le financement de la chaîne de valeur des engrais en Afrique. Objectif : développer le recours aux engrais jusqu’à atteindre les 50 kg d'engrais par hectare, comme le stipule la Déclaration d'Abuja.
La Tanzanie importe plus de 97 % des engrais qu’elle utilise à l’état de produit fini.
L'AFFM renforce la capacité d'importation et de distribution d'engrais du pays. Pour ce faire, 6 fournisseurs et 25 plateformes de négoce d’intrants ont été sélectionnés au titre de bénéficiaires directs. Mais le projet va aussi profiter à 400 négociants de détail et 500 000 petits exploitants agricoles.
« Maintenant, les entreprises auprès desquelles nous nous fournissons en engrais nous font davantage confiance et nous en donnent assez pour répondre aux besoins des agriculteurs », se réjouit
Sady a également eu l’opportunité de suivre la formation en gestion d'entreprise que lui offrait le projet : « on a appris les différentes manières de gérer une entreprise, à tenir les registres, à gérer les informations et les données de l'entreprise, et comment faire plus de bénéfices. »
Sady espère bénéficier d’autres cycles formation. Il a d’ailleurs une idée : pourquoi ne pas en proposer sur le thème du recyclage dans le secteur des engrais ? Pour lui, les négociants d’intrants ont eux aussi leur place dans un développement durable.
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3 years ago
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