12 milliards pour Prometheus : Jeff Bezos veut créer l’IA qui automatisera l’ingénierie

SOURCE | 23 hours ago


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2032, le monde a changé et l'IA est désormais aux commandes de l'innovation. Chez Prometheus, la société de Jeff Bezos, il n'y a plus vraiment d'ingénieurs, mais une super IA capable d'automatiser de bout en bout la conception et la fabrication de systèmes physiques complexes.

Concrètement, cette IA ingénieure générale viserait à couvrir un spectre très large, qu'il s'agisse de la conception de réacteurs d'avions, de composés pharmaceutiques, en passant potentiellement par toute architecture industrielle nécessitant une expertise d'ingénierie poussée.

Une IA ingénieure générale

Pour le moment, hormis une valorisation colossale de 41 milliards de dollars, on ne sait pas grand-chose sur le fonctionnement technique de cette IA ingénieure générale.

Une grande partie des nouveaux fonds sera allouée aux besoins massifs en puissance de calcul. C'est déjà le signe que l'entraînement de modèles d'IA, capables de raisonnement ingénierie complexe, nécessite une infrastructure gigantesque.

L'explosion de l'utilisation de l'IA a un impact majeur sur l'environnement. © Xavier Demeersman, ChatGPT

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Pour le reste, Prometheus, qui emploie 150 personnes répartis entre San Francisco, Londres et Zurich, cultive volontairement le secret sur ce qu'elle a déjà développé. Aucune démonstration publique, aucun prototype dévoilé : l'entreprise avance dans une discrétion quasi totale. De quoi nourrir à la fois la curiosité et le scepticisme du secteur.

Lors de cette interview, Jeff Bezos s’exprime sur sa vision de l’avenir du travail face à l’IA ingénieure qu’il souhaite développer avec Prometheus. © CNBC, YouTube

La vision de Bezos : la pénurie de travail plutôt que la pénurie d'emplois

En parallèle de la dernière levée de fonds de 12 milliards de dollars, annoncée hier, c'est sur le plan philosophique que les déclarations de Bezos interpellent le plus. Alors qu'une partie significative des dirigeants ou figures de l'IA, comme Geoffrey Hinton, agitent le spectre de destruction massive d'emplois liée à l'automatisation, Bezos défend une thèse radicalement différente.

Devenue incontrôlable, l’IA sera une menace pour les relations sociales, le travail et un accélérateur de guerres asymétriques. © XD avec ChatGPT

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Selon lui, les gains de productivité générés par l'IA vont créer une « pénurie de main-d'œuvre ». Autrement dit, la demande de travailleurs humains dépassera l'offre disponible. Mais ce n'est pas un souci pour Bezos qui imagine que l'augmentation de la productivité économique se traduira par une amélioration générale du niveau de vie. Lors d'une déclaration à CNBC, il a illustré cette idée par des exemples concrets : les foyers à deux revenus pourraient redevenir des foyers à un seul revenu, et certaines personnes effectuant des heures supplémentaires pourraient cesser de le faire.

Le paradoxe de Bezos

Cela signifie que l'IA ne supprimerait pas le travail humain, mais redistribuerait son volume et sa nécessité. De fait, les individus disposeraient de plus de temps libre, tout en maintenant, voire en augmentant leurs revenus.

Historiquement, ce vœu pieux ne tient pas vraiment, car les gains de productivité profitent surtout au capital, pas aux salaires. Et cet élément factuel s'ajoute à un autre : celui de l'expérience d'Amazon, dont Jeff Bezos est le fondateur. Le géant du e-commerce, qui emploie plus de 1,5 million de personnes dans le monde, a procédé à des dizaines de milliers de licenciements au cours de l'année écoulée. Cela s'est fait dans le cadre d'une accélération de son automatisation interne. Une contradiction apparente que les observateurs ne manqueront pas de souligner.


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