(Agence Ecofin) - Deuxième exportateur mondial d’agrumes derrière l’Espagne, l’Afrique du Sud a connu un léger déclin sur ce segment en 2024. Les acteurs de la filière misent sur un appui du gouvernement pour surmonter certains défis et améliorer les performances de l’industrie dans les prochaines années.
L’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA) espère parvenir à exporter 260 millions de cartons d’agrumes, soit 3,9 millions de tonnes de cette catégorie de fruits par an d’ici 2032. Cet objectif rapporté le 4 juillet dernier par le média local Engineering News, a été révélé par Boitshoko Ntshabele (photo), président du conseil d’administration de l’association.
Le stock annoncé traduirait une croissance de 58 % par rapport aux 164,5 millions de cartons d’agrumes (2,4 millions de tonnes) placés sur le marché international en 2024. Pour concrétiser cette ambition, l’association insiste sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement et le secteur privé, afin de mobiliser efficacement deux leviers majeurs qui restent sous-exploités.
L’amélioration de l’accès aux marchés
Dans son intervention, M. Ntshabele estime que la filière peine à renforcer sa présence sur des marchés à fort potentiel en raison de différents obstacles. Alors que le projet de hausse des tarifs douaniers annoncé en avril dernier par l’administration Trump refroidit les perspectives sur le marché des USA, premier importateur mondial, le responsable rappelle que la filière est confrontée à des droits de douane élevés en Inde (30 %) et en Chine, les deux pays les plus peuplés d’Asie.
L’enjeu de diversifier les débouchés est d’autant plus stratégique que la filière sud-africaine est engagée depuis 2022 dans des différends avec l’Union européenne, son principal marché, sur les mesures sanitaires et phytosanitaires qui limitent ses expéditions. Les données compilées par la Commission européenne indiquent en effet que les importations d’oranges de l’UE en provenance de la nation arc-en-ciel ont chuté de 29,48 % d’une année sur l’autre à 317 136 tonnes au terme de la campagne de commercialisation 2023/2024.
L’optimisation de la logistique
La CGA plaide également pour une accélération urgente des réformes logistiques. En effet, une étude réalisée par le Bureau pour les politiques alimentaires et agricoles (BFAP) a révélé que la filière sud-africaine des agrumes a subi des pertes estimées à 5,2 milliards de rands (295,3 millions $) en raison de l’inefficacité du système logistique. L’institut de recherche souligne que les retards portuaires, la dégradation des routes et du réseau ferroviaire, ainsi que les surcoûts imposés par les compagnies maritimes ont lourdement pénalisé les exportations et compromis la compétitivité du secteur.
« Sans réforme structurelle des ports et du réseau ferroviaire, il n’y aura pas de véritable croissance des exportations agricoles. Nous espérons une coordination forte entre les ministères de l’Agriculture et des Transports sur ce dossier capital », a déclaré pour sa part Paul Hardman, directeur des opérations de la CGA.
Pour rappel, les agrumes constituent la première filière agricole exportatrice en Afrique du Sud. Pour le compte de la campagne de commercialisation de 2025, la CGA table sur un rebond de 4 % des exportations de la filière, qui sont attendues à 171 millions de cartons de fruits, soit 2,56 millions de tonnes.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
Lire aussi:
04/07/2025 - Agrumes : l’Afrique du Sud veut conquérir plus de parts de marché en Inde
15/05/2025 - Maroc : entre sécheresse et logistique défaillante, la filière agrumes sous pression
.png)
1 year ago
English (United States) ·
French (France) ·