« Madame Maya » a été condamnée en appel à douze ans de prison pour blanchiment d’argent et trafic d’influence. Cette femme d’affaires algérienne avait prétendu être la fille du président déchu Abdelaziz Bouteflika.
La condamnation prononcée par un tribunal de Tipaza, près d’Alger, confirme la peine infligée en première instance, mi-octobre, par un tribunal algérois. Elle est assortie d’une amende de six millions de dinars (40.000 euros) et de la saisie de ses biens, selon le compte-rendu de l’APS, l’agence de presse d’État.
Zoulikha Nachinache, de son vrai nom, a notamment été reconnue coupable de blanchiment d’argent, trafic d’influence, dilapidation de deniers publics et de transfert illicite de devises vers l’étranger.
La quinquagénaire a reconnu lors de son procès avoir obtenu des avantages pour concrétiser ses projets d’investissement après l’intervention d’Abdelaziz Bouteflika mais elle a nié avoir prétendu être sa fille.
Le parquet avait requis en appel une peine de quinze ans de prison à son encontre et de dix ans contre ses deux filles, Imène et Farah. Ces dernières ont finalement écopé de cinq ans de prison.
La chute du système Bouteflika
Inconnue du grand public avant cette affaire, « Madame Maya » a bâti une fortune colossale sur une rumeur faisant d’elle la « fille cachée » de l’ancien chef d’État algérien et largement relayée par l’entourage de celui-ci.
Elle a ainsi bénéficié de nombreux privilèges et de la protection de hauts responsables. Mais son réseau d’influence s’est effondré avec la chute du président Bouteflika en avril 2019, chassé du pouvoir après vingt ans par le Hirak.
La justice algérienne a lancé une série d’enquêtes pour corruption après ce départ forcé. Les condamnations en série à de lourdes peines ont dévoilé l’ampleur des fortunes amassées par l’entourage de l’ancien chef d’État.
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