Avec Muse Wonder, Meta veut entrer dans l'arène des IA «frontières»

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Le groupe de Mark Zuckerberg s’est lancé dans la course aux modèles de pointe. Selon des tests, principalement réalisés en interne, ces modèles dépasseraient des concurrents sur certaines tâches complexes.

Seulement six semaines après le lancement de la dernière version de Muse Spark, un modèle d’IA léger conçu pour le grand public, Meta affirme désormais jouer dans la cour des grands. Lundi, le groupe a dévoilé Muse Wonder et Muse Wonder Full, ses «modèles les plus performants à ce jour», a-t-il fait savoir dans un billet de blog. Avec cette nouvelle gamme, qui revendique de meilleurs résultats sur certaines tâches complexes, le groupe fait son incursion dans la catégorie des «modèles frontière» d’intelligence artificielle, «bien plus grande et plus avancée, qui nous amène à la pointe» de la technologie, a proclamé sur Mark Zuckerberg, sur X. Deux modèles entraînés pendant 14 mois au sein de l’immense data center «Prometheus», situé dans l’Ohio, d’une puissance d’un gigawatt. Et un pas de plus vers «la mise à disposition d’une superintelligence personnelle pour les milliards de personnes qui utilisent nos produits», se félicite le groupe.

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Selon Meta, ces nouveaux modèles permettent ainsi à la firme de se hisser au niveau d’Open AI ou d’Anthropic sur plusieurs critères. Dans un classement établi par la société Artificial Analysis, qui évalue les différents modèles d’IA sur le marché, la version Muse Wonder Full a obtenu un score de 56, se plaçant juste derrière Claude Opus 5.5 (58), sorti en septembre. Les modèles Claude Fable 5.1, GPT-6 Astra et Gemini 4 Argon ont obtenu la note de 53. La version standard Muse Wonder est notée à 52, la même que GPT-6.1 Sol.

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Plus encore, d’après des tests de performances réalisés en interne par Meta, Muse Wonder surpasserait les derniers modèles de ses concurrents sur certaines tâches, comme l’assistance à la programmation de code informatique, dominée par Anthropic. Meta a notamment utilisé le «SWE-Marathon», un test qui mesure l’efficacité sur de longs projets logiciels. Muse Wonder Full y obtient un score de 57,5 %, devançant Claude Opus 5.5 (46,3 %) et GPT-6 Astra (42,5 %).

Les modèles ont aussi été testés sur leur capacité à résoudre des problèmes dans les domaines du droit, de la finance, ou la santé. Le benchmark «Harvey LAB-AA», qui évalue les IA sur leur rédaction de documents juridiques à partir de documents et consignes données, place les modèles Meta devant ses rivaux, Muse Wonder Full obtenant 13,1 % d’efficacité, et Muse Wonder 10%.

Capacités agentiques

Meta a aussi vanté la «mémoire active» de ses nouveaux modèles, soit la capacité à se souvenir des échanges passés avec l’utilisateur. Cette caractéristique est déterminante dans la performance de l’IA en tant qu’agent personnel. La version Muse Wonder Full obtient le meilleur score, 85,6 %, et 85,5 % pour la version classique, devançant Claude Opus 5.5 (81,5 %). Les deux modèles seraient aussi plus performants lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites. «Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes (…) Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes», détaille Meta dans son billet.

À terme, les modèles Wonder devraient ainsi être mis au service de Muse, cet assistant IA qui permet de créer des agents personnalisés, afin d’effectuer plusieurs tâches en toute autonomie, sans intervention humaine. Lancé en septembre, Muse fonctionnait jusqu’à présent avec les modèles Muse Spark, moins puissants que la gamme Wonder.

Et car ce virage vers l’IA agentique implique que les modèles aient accès à un certain nombre d’informations de ses utilisateurs, pour pouvoir réaliser des actions en leur nom, Meta a assuré garantir le respect de la vie privée. Selon un index, testé en interne, qui évalue le risque de mauvaise gestion des données personnelles, Muse Wonder Full et Muse Wonder présenteraient moins de risques de fuite que tous les autres modèles concurrents.

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Pour l’heure, les IA Wonder sont accessibles pour les développeurs professionnels, à partir du Meta Model API, l’interface qui permet de brancher le modèle à son propre logiciel, ou de Muse Code, l’assistant de programmation de Meta. Wonder sera disponible au grand public dans un second temps, à partir de l’application de Muse, uniquement pour les abonnés payants.

Par ailleurs, la firme n’a pas non plus dévoilé si les paramètres de Wonder allaient être disponibles en «open source». Auprès d’Axios, Alexandr Wang, le chef de la division IA de Meta, a pourtant signifié que le groupe restait «attaché à l’open source», rappelant que Muse Glimmer, un plus petit modèle de la firme, avait récemment vu son poids rendu public.

Des «centaines de milliards» investis

À en croire ces tests réalisés en interne, les efforts de Meta pour rattraper son retard sur l’intelligence artificielle auraient donc payé. En 2025, la firme de Mark Zuckerberg avait ainsi déboursé pas moins de 14,3 milliards de dollars pour acquérir 49 % du capital de la startup Scale AI, et débauché son ancien patron Alexandr Wang pour le placer à la tête de la nouvelle division IA de Meta. En plus d’un investissement de «centaines de milliards de dollars» dans un nouveau laboratoire d’IA, le Superintelligence Lab.

Avec ces nouveaux modèles, Meta devrait être mieux placée dans la course à l’IA. Car malgré des appels à ralentir la cadence, jusqu’à l’Assemblée générale de l’ONU, où une vingtaine de dirigeants avaient appelé à l’adoption de plus fortes mesures de sécurité, cette rentrée est plutôt marquée par une accélération de la sortie de nouveaux modèles d’IA lancés par les géants de la tech. Depuis le 1er septembre, Anthropic a publié pas moins de cinq nouveaux modèles ou mises à jour de son IA Claude. Le 3 septembre, OpenAI lançait son modèle le plus puissant, GPT-6 Astra, présenté comme capable de se servir d’un ordinateur en autonomie. Le 6 octobre, c’est le français Mistral qui rejoignait la course, avec le lancement de Mistral Large 4, baptisé «Le Chonk», son premier «modèle frontière» depuis près d’un an.


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