Après Strasbourg et Lyon, la ville de Paris permettra bientôt l’exploitation de quais de Seine pour permettre le chargement et déchargement de bateaux et vélos-cargos.
Passer la publicité Passer la publicitéLa promesse de l’entreprise Urban Logistic Solutions (ULS)? Relier en 37 minutes le port de Charenton, où elle dispose d’une plateforme de 5000 m2, au Pont Alexandre III, situé dans Paris plus en aval sur la Seine. « Partant de là, nous serons en mesure de couvrir en vélo-cargo électrique l’ensemble des Champs-Élysées en six minutes », promet Thomas Castan, le dirigeant fondateur de cette entreprise qui assurera d’ici à la fin du printemps son service de livraison via bateau et vélo dans le centre de la capitale.
Née à Strasbourg, et également présente à Lyon depuis juin 2025, ULS va, outre Paris, également accoster dès cette année en centre-ville de Rouen et Mulhouse, où l’entreprise a remporté l’intérêt des collectivités. Sa méthode ? « Nous identifions les villes, les plateformes de massification disponibles en périphérie et les quais en centre-ville », explique Thomas Castan. Grâce à des outils algorithmiques et des calculs d’isochrones (soit une capacité à atteindre différentes destinations en un même temps donné), ULS détermine un rayon de livraison d’environ huit minutes autour de chaque point d’accostage, en intégrant des données de densité commerciale, résidentielle et des métriques de vitrines. Un véritable travail mathématique qui détermine la capacité de l’entreprise à générer suffisamment de flux pour gagner sa vie dans une économie de livraison des centres-villes par leur fleuve abandonnée depuis longtemps.
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Diversité des flux transportés
La promesse du modèle des opérateurs du secteur réside aussi dans la diversité des flux transportés. Colis, farines pour boulangers, fûts de bière et boissons pour les restaurants, cohabitent ainsi sur les barges d’ULS, qui revendique plus de 500.000 livraisons de colis réalisées pour différents partenaires, parmi lesquels Geodis, Heineken ou encore Fiducial Office Solutions. Parce qu’un bateau ne saurait repartir à vide, la collecte de déchets recyclables (cartons et plastiques) auprès des professionnels qu’elle livre complète les rotations, avec des flux opérés pour des professionnels du secteur tels que Paprec et Schroll.
Au-delà de la livraison, l’activité d’ULS relève aussi de l’industrie puisqu’elle a fait l’acquisition d’un chantier naval à Lisbonne pour fabriquer ses propres bateaux appelés BPCU, pour « bateau porte conteneur urbain »: un navire électrique doté d’un ponton capable d’accueillir 600 petits conteneurs au format d’une palette.
Avec une seule ville en fonctionnement en année pleine (Strasbourg) le modèle économique demeure toutefois en phase de montée en charge. Avec 1,6 million d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise estime qu’il faut environ quatre ans pour atteindre le taux de remplissage optimal d’un bateau, correspondant à près de 5 millions d’euros de revenus par ville. L’investissement initial pour s’installer, lui, reste conséquent : près de 2 millions d’euros pour les équipements portuaires et fluviaux, dont 600.000 euros pour une seule grue de levage, auxquels s’ajoutent environ 3 millions pour l’immobilier logistique. Séduisante, l’approche fluviale interroge de nombreuses villes. Une vingtaine d’appels d’offres ou appel à manifestation d’intérêt sont en cours un peu partout en France.
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