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DÉCRYPTAGE - Entre premières baisses d’audience chez les mineurs et déplacement du trafic vers des plateformes moins contrôlées, la stratégie française montre ses limites, sur fond de bras de fer avec les géants du secteur et d’attente d’une réponse européenne.
Passer la publicitéDepuis plusieurs mois, la France s’érige en exemple de la vérification d’âge sur les sites pornographiques. Après des années d’atermoiements, la machine réglementaire s’est enfin mise en marche : décisions de justice, mises en demeure de l’Arcom, retrait de certaines plateformes, déploiement de dispositifs de vérification d’âge sur d’autres. Sur le papier, le mouvement semble enclenché mais dans les faits, le bilan reste pour l’heure contrasté.
Le principe, lui, ne date pas d’hier. «Cela fait plus de 30 ans que la loi interdit d’exposer des mineurs à la pornographie, mais pendant des décennies, elle n’était tout simplement pas respectée en ligne, ce qui a conduit à une exposition massive et préoccupante des enfants à des contenus choquants», déplore Anne le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique. Depuis juillet 2020, la loi impose aux éditeurs de sites pornographiques de s’assurer que leurs visiteurs sont majeurs, sans pouvoir se contenter d’un simple clic déclaratif. Mais cette obligation est longtemps restée inappliquée.
La France a changé d’échelle avec la loi SREN de 2024, qui oblige les prestataires concernés à mettre en place un dispositif de vérification sous peine de sanctions financières, de suspension d’accès, voire de blocage. L’Arcom a ensuite publié un référentiel détaillant les moyens techniques possibles, avec au moins une méthode respectant le principe du «double anonymat», censé permettre de prouver sa majorité sans révéler son identité.
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1 month ago
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