Burkina Faso : les autorités « condamnent fermement » le traitement par RFI et Jeune Afrique du recrutement de supplétifs de l’armée

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 les autorités « condamnent fermement » le traitement par RFI et Jeune Afrique du recrutement de supplétifs de l’armée

(Agence Ecofin) - Les médias français, ou basés à Paris, se trouvent pris dans la bataille de communication qui oppose la France à la Russie en Afrique. Sur certains sujets, touchant les pays collaborant avec la Russie, les médias français subissent une forte pression de la part des autorités locales.

Au Burkina Faso, le gouvernement de la transition a « fermement » condamné un « traitement cavalier et léger », du recrutement de 50 000 combattants volontaires pour la défense de la patrie, par RFI et Jeune Afrique. L’information a été rendue publique par l’Agence de Presse turque Anadolu et des médias burkinabés, suite à un communiqué signé le 3 novembre par le porte-parole du gouvernement, Jean Emmanuel Ouédraogo.

Selon Anadolu, dans sa revue de la presse africaine du 2 novembre, un journaliste de RFI a déclaré en citant l’article de Jeune Afrique « que les groupes d'autodéfense recrutent majoritairement au sein de la communauté Mossi », pendant que les djihadistes recrutent dans la communauté Peule. C’est principalement ce point qui semble avoir provoqué l’ire des autorités Burkinabè. « Le gouvernement du Burkina Faso s'insurge contre ces propos mensongers et sans fondement », a condamné le communiqué qui qualifie les allégations sur un recrutement basé sur l’ethnie « d’actualité-fiction ».  

A la fin du communiqué, le gouvernement burkinabé a réaffirmé son « attachement au droit public à l’information, à la liberté de presse et à l’expression libre des opinions dans le respect de l’éthique et de la déontologie professionnelle des journalistes. »

Malgré l’effort dans le ton, la situation rappelle la suspension, au Mali, de RFI et France 24, il y a quelques mois. Comme le Mali, le Burkina Faso s’est rapproché de la Russie ces dernières années.

La suspension de RFI et France 24 au Mali a créé un précédent qui pourrait se répéter dans d’autres pays africains proches de la Russie. La situation pourrait même obliger les médias français, voire occidentaux, à revoir leur façon de traiter les sujets liés au continent pour ne pas apparaître comme des relais de la riposte à l’influence russe et éviter de se faire suspendre.

Servan Ahougnon

Servan AHOUGNON

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