
Derrière les prouesses de l’intelligence artificielle se cachent des milliers de travailleurs aux réalités très disparates, qui recadrent, entraînent et corrigent les algorithmes. Leurs tâches tendent à se complexifier au fur et à mesure que l’IA évolue.
Tous les matins, à Madagascar, Landry* allume son ordinateur portable depuis un coin de son appartement aménagé comme un bureau. Diplômé en informatique et comptabilité, il passe entre 4 et 6 heures par jour à entraîner l’intelligence artificielle (IA). Une routine silencieuse, rythmée par les clics de sa souris et les cliquetis du clavier. «Lorsqu’une image montre une rue, je dois tracer des cadres autour des éléments visibles comme les voitures, les piétons, les motos ou les panneaux de signalisation, puis leur attribuer une étiquette précise : voiture, personne, vélo, feu rouge...», détaille le trentenaire. Ce qui lui vaut d’avoir les yeux qui piquent en fin de journée, fatigués par le défilé de visuels sur son écran. Freelance, il collabore pour différentes plateformes et est rémunéré entre 3 et 5 euros de l’heure, ce qui lui permet d’avoir, sur cette île au large de l’Afrique, un niveau de vie «acceptable mais modeste».
Landry est annotateur de données, ce qui consiste à «étiqueter» et vérifier des informations pour nourrir l’IA. Un «métier» encore méconnu mais en plein essor : à…
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4 days ago
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