(Agence Ecofin) - En Afrique de l’Ouest, les politiques commerciales jouent un rôle clé dans la configuration des flux des produits agricoles entre les différents pays. Les différences dans les tarifs douaniers, les prix à la production ou les taux de change nourrissent notamment la contrebande.
Au Ghana, les autorités envisagent d’instaurer une taxe sur les exportations de noix brutes de cajou. C’est ce qu’a révélé William Quaittoo, directeur général de l’Autorité de développement des cultures arboricoles (TCDA) en marge de la 18e Conférence et Exposition annuelle de l’Alliance africaine du cajou (ACA) qui s’est tenue du 17 au 19 septembre dernier à Cotonou.
« Il y a des consultations et des tractations en cours au niveau du Parlement pour que ce projet de loi soit adopté cette année. Actuellement, les exportations de cajou ne sont soumises à aucune imposition. Il y a des acteurs qui transportent le produit en provenance d'autres pays pour l'exporter à travers le port. C’est une situation à laquelle nous voulons mettre un terme », explique-t-il.
Sur la dernière décennie en effet, la contrebande de la noix de cajou s’est développée dans la sous-région avec le Ghana comme principale porte de sortie de l’or gris collecté illégalement, principalement depuis l’est de la Côte d’Ivoire, principal fournisseur mondial de la matière première.
Profit d’un coût de transit moins élevé et de l’absence d’un prélèvement au niveau du port de Tema, les contrebandiers auraient fait perdre à la Côte d’Ivoire près de 100 000 tonnes de noix de cajou durant la campagne 2020, selon les estimations des acteurs ivoiriens présents sur le segment de l'exportation.
Plus globalement, M. Quaittoo indique que la mise en place d’une taxation à l’export fait partie du corpus de mesures visant à permettre d’améliorer l’approvisionnement des acteurs locaux en matières premières et de stimuler la transformation. Dans ce cadre, le dirigeant évoque notamment l’interdiction faite aux exportateurs d’effectuer des achats bord champ et des efforts pour la mise en place de groupes spéciaux dédiés à la satisfaction des besoins des industriels comme Usibras, la plus grande compagnie de transformation d’anacarde du pays qui a la capacité de traiter 35 000 tonnes de la matière première chaque année.
Espoir Olodo
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