Conférence économique africaine 2022 : à l’heure où le monde se dirige vers la transition énergétique, l’accès à une énergie propre et abordable en...

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Tandis que le monde s’achemine vers la transition énergétique, il est important de répondre aux défis actuels de l’Afrique en matière d’accès à une énergie propre, abordable et inclusive, pour que celle-ci puisse accomplir une transition énergétique juste et équitable. C’est ce qu’ont déclaré les panélistes, à l’occasion de la Conférence économique africaine (CEA) 2022.

C’était lors d’un dialogue des partenaires au développement sur la transition énergétique juste de l’Afrique, en marge de la CEA à Balaclava, à Maurice. La Banque africaine de développement, la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement organisent ce événement de trois jours, qui a pour thème, cette année, « Soutenir un développement sensible aux changements climatiques en Afrique ».

Le dialogue de vendredi a réuni des représentants d’institutions publiques, du secteur privé et des partenaires au développement, afin d’explorer les voies menant à une transition énergétique juste en Afrique, d’esquisser des recommandations et de nouer des partenariats à même d’aider les États membres à élaborer des stratégies et des plans de mise en œuvre en faveur de la transition énergétique.

« Lorsque nous pensons aux transitions énergétiques justes en Afrique, il nous faut tenir compte du fait que le continent compte toujours 600 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’électricité […] Nous devons souligner qu’il ne s’agit pas de faire l’aumône – nous parlons de justice », a déclaré Ahunna Eziakonwa, directrice du bureau régional du PNUD pour l’Afrique.

Elle a souligné qu’une transition énergétique juste doit prendre en compte la préservation de l’environnement et l’impact des changements climatiques sur les moyens de subsistance.

Mme Eziakonwa a ajouté : « L’Afrique a besoin de justice climatique, car la lutte contre les changements climatiques n’est pas seulement une question d’émissions, mais aussi de justice. Dans ce domaine, nous n’avons pas besoin de présider à une énième industrie extractive où des pays viennent en Afrique, extraient des sources d’énergie, causent des dommages environnementaux et laissent la population locale dans l’ignorance. »

Richard Munang, coordonnateur régional pour les changements climatiques du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations unies pour l’environnement, a appelé à la justice, à l’équité, à l’inclusion et à une croissance économique compétitive, alors que l’Afrique se concentre sur une transition énergétique juste.

Les jeunes en Afrique devraient être impliqués dans chaque aspect de la discussion sur la transition énergétique, car ils sont la force du continent, a poursuivi M. Munang. « Les débats autour du gaz, du carbone, devraient déboucher sur des opportunités pour nos millions de femmes vivant en milieu rural et pour les jeunes », a-t-il ajouté.

Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe et économiste en chef de la CEA, a souligné la nécessité de combler le déficit en matière d’accessibilité à l’énergie en Afrique dans le cadre de cette transition.

Elle a déclaré que la mobilisation des ressources financières est également essentielle pour remédier aux inégalités énergétiques, ajoutant : « Nous avons besoin de financements mixtes, de garanties et de plus de prises de participation pour attirer le secteur privé, et les banques multilatérales de développement doivent jouer un rôle plus important dans le développement d’outils pour le secteur privé. »

L’Afrique a besoin d’un accès massif à une énergie propre et abordable, avant de commencer à se focaliser sur une transition énergétique juste, a déclaré Kevin Urama, économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque africaine de développement chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances : « Nous avons besoin d’énergie, avant de commencer à penser à la transition. Une transition signifie passer d’un stade à un autre ; l’Afrique ne peut pas passer de zéro à zéro. Nous devons envisager des solutions technologiques qui permettent aux économies africaines de ne pas dépasser les objectifs en matière d’émissions de carbone. »

Victoria Kwakwa, vice-présidente régionale pour l’Afrique orientale et australe de la Banque mondiale, a appelé à un changement fondamental dans l’approche qu’a l’Afrique en matière de transition énergétique. « Actuellement, les efforts sont fragmentaires. Nous devons tous nous unir et nous engager à grande échelle et à plus long terme pour déterminer comment concrétiser nos aspirations », a-t-elle déclaré.

Elle a exhorté les gouvernements à faire preuve de volonté politique et à créer un environnement favorable au secteur privé.

« Nous avons besoin de 200 milliards de dollars environ pour fournir un accès aux personnes qui en sont privées. Les ressources publiques doivent être utilisées efficacement. L’Afrique peut faire beaucoup pour elle-même », a poursuivi Mme Kwakwa.

Les systèmes énergétiques de l’Afrique sont confrontés à des défis complexes. Le continent abrite environ 80 % des 733 millions de personnes qui, dans le monde, n’ont pas accès à l’électricité et 37 % des 2,4 milliards de personnes qui n’ont pas accès à des solutions de cuisson propres.


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