Coup d’État en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló s’est réfugié au Sénégal

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Publié le 28 novembre 2025 Lecture : 3 minutes.

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Destitué par le Haut Commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public, le nom que s’est donné la junte qui a pris le pouvoir, Umaro Sissoco Embaló a quitté le pays, jeudi 27 novembre au soir, pour rejoindre le Sénégal « sain et sauf » à bord d’un vol affrété par le gouvernement sénégalais, a indiqué Dakar.

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a en outre précisé que le président Bassirou Diomaye Faye avait participé à un sommet extraordinaire de la Cedeao – en visioconférence – sur la situation en Guinée-Bissau. Les chefs d’État de l’organisation régionale ont notamment décidé de la mise en place d’un « comité de médiation restreint, dont le Sénégal fait partie et qui se rendra prochainement à Bissau, afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre de ces mesures ».

Dakar au cœur de la médiation

Les autorités sénégalaises, qui affirment être « en communication directe avec l’ensemble des acteurs bissau-guinéens concernés » et avoir mené des négociations « sur la libération du président Embaló et de certains de ses compagnons, de tous les autres acteurs politiques arrêtés ». Dakar assure également avoir plaidé pour « la réouverture des frontières pour faciliter l’exfiltration et le rapatriement, y compris des membres des différentes missions d’observation électorales ».

Mercredi 26 novembre, des militaires ont annoncé avoir renversé Umaro Sissoco Embaló et suspendu les élections présidentielle et législatives du 23 novembre, dont les résultats devaient être annoncés sous peu. « Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut Commandement » militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), a déclaré jeudi le général Horta N’Tam, après avoir prêté serment au siège de l’état-major.

Le général Horta N’Tam prête serment

La capitale Bissau a été à l’arrêt jeudi avec les magasins et les marchés pour la plupart fermés et une forte présence des forces de l’ordre dans les rues quasiment désertées par la population. Des militaires ont été vus quadrillant les environs du palais présidentiel, où des tirs nourris avaient créé la panique parmi la population la veille lors du déclenchement du putsch.

« La Guinée-Bissau traverse une période très difficile de son histoire. Les mesures qui s’imposent sont urgentes et importantes et requièrent la participation de tout le monde », a déclaré le général N’Tam après avoir prêté serment.

Mercredi, les auteurs du putsch avaient expliqué vouloir garantir la « sécurité au niveau national et rétablir l’ordre », évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».

Le HCM a annoncé jeudi l’interdiction de « toute manifestation, toute marche, toute grève ou toute action perturbant la paix et la stabilité » du pays. Il a en revanche levé le couvre-feu nocturne imposé la veille, nouveau signe d’une certaine stabilité malgré le coup d’État, après l’annonce le même jour de la réouverture de « toutes les frontières, fermées depuis mercredi [26 novembre] après-midi ». Il a aussi ordonné « la réouverture immédiate » des écoles, des marchés et des institutions privées.

Le HCM a également nommé jeudi un nouveau chef de l’armée, le général Tomas Djassi, précédemment chef d’état-major particulier du président Embaló.

Les doutes de l’opposition

Le candidat d’opposition à la présidentielle, Fernando Dias, a affirmé jeudi avoir remporté l’élection et accusé Umaro Sissoco Embaló d’avoir « organisé » le coup d’État pour empêcher son accession au pouvoir. Le principal opposant bissau-guinéen Domingos Simoes Pereira – dirigeant du puissant Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), parti historique ayant mené la Guinée-Bissau à l’indépendance – qui avait été écarté de la présidentielle de dimanche avant de soutenir Fernando Dias, a été, lui aussi, arrêté mercredi, selon des proches et un collaborateur.

La Cedeao a annoncé jeudi « suspendre la Guinée-Bissau de tous les organes décisionnels » de l’organisation, ainsi que le lancement d’une mission de médiation pour le « rétablissement complet de l’ordre constitutionnel ». Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a pour sa part dénoncé, jeudi soir, « une violation inacceptable des principes démocratiques » et appelé à « une restauration immédiate et inconditionnelle de l’ordre constitutionnel », selon son porte-parole, Stéphane Dujarric.

(Avec AFP) 


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