Vos Excellences,
Nous sommes ravis que vous ayez pu vous joindre à nous pour cet événement spécial de haut niveau sur le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique. Merci, Monsieur le Président Macky Sall, pour votre soutien à nos efforts collectifs pour relever les défis que posent les changements climatiques en Afrique.
Merci au secrétaire général Guterres et aux dirigeants du monde entier d’être ici.
L’Afrique ne peut plus se taire.
Je suis ici avec une vuvuzela pour alerter sur les changements climatiques en Afrique !
L’Afrique souffre des effets dévastateurs des changements climatiques, entre sécheresses, inondations, cyclones, sauterelles et insectes légionnaires.
L’Afrique est malmenée par les changements climatiques.
L’Afrique est écrasée par les changements climatiques.
L’Afrique est en proie à une grande détresse à cause des changements climatiques.
L’Afrique est lésée en matière de finance climatique.
Les coûts financiers qu’induisent les changements climatiques en Afrique sont énormes : le continent perd de 7 à 15 milliards de dollars par an en raison des changements climatiques, et ce chiffre devrait atteindre 50 milliards de dollars d’ici à 2050. L’Afrique, qui ne génère que 3 % des émissions de gaz à effet de serre, est la moins bien préparée à faire face à ses effets dévastateurs.
Aujourd’hui, 5 millions d’Africains ont été déplacés en raison des changements climatiques.
Les dernières estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat montrent que l’Afrique se réchauffera plus vite que toute autre région du monde.
Pourtant, l’Afrique ne reçoit que 3 % du total de la finance climatique à l’échelle mondiale, soit la modique somme de 18 milliards de dollars par an, alors que ses besoins en matière de finance climatique s’élèvent à 125 milliards de dollars par an, selon les estimations.
Pour parler franchement, l’Afrique est lésée en matière de finance climatique.
Aujourd’hui, je porte les clameurs, les cris, les souffrances, la détresse et l’appel urgent à l’action d’un continent assiégé par les changements climatiques.
Un appel à un soutien décisif pour aider l’Afrique à lutter contre les changements climatiques.
Nous ne venons pas mendier, mais pour trouver des partenariats qui soutiennent nos efforts et notre volonté.
Nous assumons notre part.
La Banque africaine de développement a doublé ses financements climatiques, qui atteindront 25 milliards de dollars d’ici à 2025. Nous consacrons 41 % de tous nos financements à la finance climatique – au-delà de notre objectif de 40 %.
Nous dédions désormais 67 % de l’ensemble de nos financements climatiques à l’adaptation climatique, ce qui représente le niveau le plus élevé à l’échelle mondiale en matière d’adaptation. Merci, Monsieur le Secrétaire général des Nations unies António Guterres, de reconnaître nos efforts audacieux en matière d’adaptation climatique mondiale.
Nous voulons être plus audacieux encore.
C’est pourquoi le Groupe de la Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation ont lancé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP), avec pour but de mobiliser 25 milliards de dollars en faveur de l’adaptation climatique en Afrique. Il s’agit du plus grand effort mondial en matière d’adaptation climatique.
La Banque africaine de développement a déjà mis sur la table la moitié de cette somme – 12,5 milliards de dollars. Tout ce que nous demandons, c’est de « se rencontrer à mi-chemin », pour aider l’Afrique à s’adapter à des changements climatiques qu’elle n’a pas provoqués.
L’équité, la justice et le partage des responsabilités commandent que les pays développés fournissent le solde de 12,5 milliards de dollars.
Pour mobiliser davantage de ressources – pour les pays à faible revenu et les États fragiles en particulier, qui sont les plus vulnérables au monde aux changements climatiques –, le Fonds africain de développement (FAD) met en place un Guichet d’action climatique.
Ce Guichet d’action climatique entend lever de 4 à 13 milliards de dollars pour l’adaptation de ces pays aux changements climatiques. Qu’est-ce qui va changer avec le Guichet d’action climatique ?
Premièrement, 1 million d’hectares de terres dégradées vont être réhabilités.
Deuxièmement, 20 millions d’agriculteurs vont profiter de technologies agricoles résilientes aux changements climatiques.
Troisièmement, 20 millions d’agriculteurs et d’éleveurs vont bénéficier d’une assurance couvrant les récoltes et le bétail qui sera indexée sur les conditions météorologiques.
Quatrièmement, 18 millions de personnes vont avoir accès à l’eau et à l’assainissement.
Et, cinquièmement, 840 milliards de mètres cubes d’eau vont être fournis, ainsi que des énergies renouvelables pour 10 millions de personnes.
Tout cela va changer la donne !
Vos Excellences, votre présence, ici, aujourd’hui, envoie un signal fort : les dirigeants du monde entendront nos voix et soutiendront fermement l’Afrique.
Il n’y a pas de temps à perdre.
Les mots ne comptent plus.
Nous devons transformer les mégawatts de mots en mégawatts de financement pour l’Afrique.
Nous avons besoin de votre soutien sans faille pour le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique.
Nous avons besoin de votre soutien sans faille pour financer le Guichet d’action climatique du Fonds africain de développement.
Faisons en sorte de faire revivre l’espoir.
Faisons en sorte d’assurer l’équité et la justice.
Le moment est venu de le faire.
Ici même, sur le sol africain.
Je vous remercie.
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3 years ago
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