Ebola s’étend au Kasaï, Lagos rouvre son dispositif de riposte : le point santé hebdomadaire

SOURCE | 7 months ago


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(Agence Ecofin) - En RDC l’épidémie d’Ebola s’étend dans le Kasaï avec des dizaines de cas suspects et un risque accru de transmission transfrontalière. Au Nigeria, Lagos a réactivé son dispositif de riposte pour prévenir une nouvelle introduction du virus. Sur le plan global, le Fonds mondial annonce avoir sauvé 70 millions de vies depuis 2002 dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, tout en avertissant que les acquis restent fragiles. Par ailleurs, l’UNICEF alerte sur l’épidémie mondiale croissante d’obésité infantile qui dépasse désormais la dénutrition, tandis qu’en Afrique de l’Ouest, les experts plaident pour un renforcement de la surveillance face aux fièvres hémorragiques comme Lassa.

RDC : l’épidémie d’Ebola s’étend dans le Kasaï, 68 cas suspects identifiés

En RDC, après la confirmation d’un 16ᵉ foyer d’Ebola dans le Kasaï en début de mois, l’épidémie continue de s’étendre. Selon l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC), 68 cas suspects ont été recensés, dont 20 confirmés en laboratoire. Le virus, d’abord signalé dans les zones de Bulape et Mweka, touche désormais Mushenge et Dekese, augmentant le risque de transmission transfrontalière, notamment vers l’Angola.

— OMS RDC (@OMSRDCONGO) September 12, 2025

Plusieurs décès sont survenus avant l’identification officielle de l’épidémie. Des funérailles ayant rassemblé des habitants d’autres zones de santé pourraient avoir amplifié la propagation. À ce stade, 16 décès ont été enregistrés, pour un taux de létalité de 23,5 %.

Au total, 401 contacts ont été identifiés et 398 suivis. La RDC dispose de 2 000 doses de vaccin, et 68 soignants ont été immunisés. Africa CDC a également acheminé 100 doses du traitement Ebanga.

Médecins sans frontières et l’OMS ont ouvert un centre de traitement à Bulape, renforçant triage, formation et prise en charge des patients. En moins de 48 heures, 14 tonnes de fournitures médicales et d’équipements de protection ont été livrées, accompagnées d’équipes d’experts. Douze membres de MSF sont déjà mobilisés sur place.

Cette 16ᵉ épidémie survient dans un contexte sanitaire tendu, marqué par la présence simultanée de la mpox, du choléra et de la rougeole. L’OMS évalue le risque comme élevé au niveau national et appelle à maintenir la vigilance malgré l’existence de traitements qui améliorent désormais les chances de survie.    

Nigeria : Lagos active son dispositif de riposte contre Ebola

Face à la résurgence de la fièvre hémorragique, plusieurs pays africains se tiennent sur le qui-vive. À Lagos, les autorités sanitaires ont réactivé leur système de riposte. Le Public Health Emergency Operations Centre s’est réuni le 9 septembre à Yaba pour évaluer les capacités de surveillance, de prise en charge, de diagnostic et de communication sur les risques.

Un centre d’isolement est prêt à accueillir d’éventuels cas, et des sessions de formation pour les soignants de première ligne vont démarrer. Le secrétaire permanent du ministère de la Santé, Dr Olusegun Ogboye, a assuré que l’État est « largement prêt », tout en appelant les habitants à rester vigilants et à respecter les règles d’hygiène.

? Public Health Advisory: Ebola Virus Disease (EVD)

The Nigeria Centre for Disease Control and Prevention (NCDC) has released a public health Advisory following the announcement of an Ebola Outbreak in DR Congo.

Though no case has been reported in Nigeria, NCDC is closely… pic.twitter.com/EQoZ4146yy

— NCDC (@NCDCgov) September 6, 2025

 À l’aéroport international Murtala Muhammed, les contrôles sanitaires ont été renforcés pour les voyageurs en provenance de zones à risque. Le personnel d’immigration, de douane et aéroportuaire a été sensibilisé à la détection des signes de la maladie.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, avait réussi à contenir Ebola en 2014. Les autorités affirment que Lagos conserve cette expérience et les moyens nécessaires pour prévenir une nouvelle introduction du virus.

Fonds mondial : 70 millions de vies sauvées, mais …

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a publié son rapport annuel, qui salue un jalon majeur : 70 millions de vies sauvées depuis 2002. Mais l’organisation internationale prévient : sans financement accru, ces acquis restent menacés.

En ce qui concerne VIH et sida, les progrès sont notables : 88 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 79 % reçoivent une thérapie antirétrovirale et 74 % ont une charge virale indétectable. L’usage de la PrEP a bondi de 325 % en 2024. Pourtant, le sida a encore causé 630 000 décès et 1,3 million de nouvelles infections, bien au-dessus des objectifs.

Pour la tuberculose, la couverture des traitements a atteint 75 % en 2023, un record. Mais la cette maladie reste la première cause de mortalité infectieuse mondiale avec 1,3 million de décès. La pharmacorésistance demeure une menace critique.

Paludisme :  l’accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticide a atteint 61 %, et plus de 95 % des patients symptomatiques ont été testés. La mortalité a reculé de moitié depuis 2002, mais la résistance aux traitements et aux insecticides menace les gains.

Le Fonds, qui a lancé la 8ᵉ reconstitution de ses ressources financières cette année, estime qu’un financement suffisant pourrait sauver 23 millions de vies supplémentaires d’ici 2029.

Afrique de l’Ouest : renforcer la détection précoce des maladies infectieuses

Les pays d’Afrique de l’Ouest intensifient leurs efforts pour anticiper les épidémies, alors que la région reste confrontée à de multiples menaces sanitaires : choléra, typhoïde, fièvres hémorragiques (Ebola, Lassa, fièvre jaune) et nouveaux virus comme le mpox. Ces risques sont aggravés par les chocs climatiques, l’urbanisation rapide, les déplacements de populations et la résistance croissante aux antimicrobiens.

Pour y répondre, le Fonds mondial et ses partenaires misent sur le modèle du réseau de surveillance syndromique sentinelle (4S) du Sénégal, créé par l’Institut Pasteur de Dakar et le ministère de la Santé. Ce dispositif repose sur 38 sites sentinelles enregistrant en temps réel les cas suspects (fièvre, toux, diarrhée) pour détecter rapidement toute flambée.

Déjà reproduit au Bénin, en Guinée-Bissau, en Sierra Leone et au Togo, ce système sera étendu au Burkina Faso en 2026. D’autres pays, dont le Cap-Vert, la Gambie, le Mali et le Niger, bénéficient d’initiatives similaires appuyées par la Fondation Gates et Africa CDC. Les premiers résultats ont permis de détecter précocement des pathogènes comme la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune.

Fièvre Lassa : les experts africains plaident pour un renforcement de la surveillance et de la recherche

Réunis à Abidjan lors de la 2ᵉ Conférence internationale sur la fièvre de Lassa (le 11 septembre 2025), des responsables de santé africains ont appelé à consolider les systèmes nationaux de surveillance et de recherche épidémiologique. Organisé par l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), l’événement a mis en avant la nécessité d’une coopération régionale accrue pour lutter contre les fièvres hémorragiques et autres maladies émergentes.

Les participants venus du Liberia, de Guinée, du Nigeria, de Sierra Leone et de Côte d’Ivoire ont partagé leurs expériences, de la mise en place de réseaux communautaires aux progrès en matière de surveillance génomique. Tous ont souligné la dépendance persistante à l’aide extérieure et le manque d’analystes de données qualifiés.

Les experts plaident pour des financements domestiques durables, l’intégration des outils numériques et un engagement politique ferme. « Ces maladies sont les nôtres. À nous de prendre nos responsabilités et d’investir dans nos systèmes », a rappelé Mamadou Samba, directeur général de la santé de Côte d’Ivoire.

Obésité infantile : une épidémie mondiale silencieuse

Selon un rapport de l’UNICEF, 188 millions d’enfants et adolescents sont aujourd’hui obèses, soit un sur dix. Pour la première fois, l’obésité infantile dépasse l’insuffisance pondérale dans le monde, à l’exception de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud.

? Pour la 1ère fois, l’#obésité supplante l’insuffisance pondérale comme forme la + répandue de malnutrition chez les enfants et ados.
?️ Ricardo Pires (@UNICEF) alerte sur l’impact des aliments ultra-transformés.
? Lire l’article d’@ONUinfo: https://t.co/O2oDAQVwNd pic.twitter.com/FlNEXlEu1m

— ONU Genève (@ONUGeneve) September 10, 2025

Depuis 2000, l’insuffisance pondérale des 5-19 ans est passée de 13 % à 9,2 %, tandis que l’obésité a grimpé de 3 % à 9,4 %. Aux États-Unis, un enfant sur cinq est concerné. L’UNICEF dénonce des environnements alimentaires dominés par les produits ultra transformés, qui remplacent fruits et protéines et accroissent les risques de diabète, de maladies cardiovasculaires et de cancers.

Si la tendance se poursuit, le surpoids et l’obésité pourraient coûter plus de 4 000 milliards USD par an à l’économie mondiale d’ici 2035. L’UNICEF appelle à des mesures strictes : taxation des aliments malsains, restrictions de marketing, interdiction de la malbouffe dans les écoles et protection des politiques publiques contre l’influence de l’industrie agroalimentaire.

Ayi Renaud Dossavi

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