Égalité face à l’emploi : la Défenseure des droits accuse les algorithmes de Facebook de discrimination

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La Défenseure des droits estime que l’algorithme publicitaire de Meta traite différemment les utilisateurs selon leur sexe pour leur proposer des offres d’emploi.

La Défenseure des droits estime que l’algorithme publicitaire de Meta traite différemment les utilisateurs selon leur sexe pour leur proposer des offres d’emploi. Romain TALON / stock.adobe.com

Saisie en 2023, l’autorité estime que le réseau social traite différemment les utilisateurs et les utilisatrices quand il s’agit de leur montrer des publicités pour des offres de recrutement. Ce qui est contraire à la loi.

Meta respecte-t-il le droit français en matière d’égalité des sexes ? D’après cette autorité administrative indépendante, pas assez. Début octobre, la Défenseure des droits Claire Hédon a épinglé l’algorithme de Facebook France pour discrimination basée sur le genre dans sa manière de cibler les publicités renvoyant vers des offres d’emploi.

Dans son rapport, passé jusque-là inaperçu mais relayé ce mardi par l’ONG britannique Global Witness, la Défenseure des droits «constate que le système mis en œuvre pour diffuser les offres d’emploi traite différemment les utilisateurs de la plateforme Facebook en raison de leur sexe». Ce qui constitue une «discrimination indirecte en lien avec le sexe» . Meta Irlande et Facebook France ont maintenant trois mois pour y remédier.

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Si elle ne représente ni un régulateur contraignant, ni une juridiction, la Défenseure des droits peut, au bout de ce délai, choisir d’informer le procureur ou encore demander des sanctions.

Une plainte déposée en 2023

La Défenseure des droits donne ainsi raison à une plainte déposée en 2023 par la Fondation des Femmes et l’association Femmes Ingénieures. La saisie faisait suite à une enquête de l’ONG Global Witness, qui avait permis de révéler un biais sexiste derrière l’algorithme publicitaire sur Facebook dans plusieurs pays.

L’ONG avait alors rédigé des fausses offres pour différents types d’emplois sur la plateforme de recrutement InDeed, puis payé des publicités sur Facebook renvoyant vers ces annonces. «Nous avons fait en sorte que ces offres d’emploi soient les plus neutres possible, pour cibler un large panel de personnes, sans distinction de genre », explique Rosie Sharpe de Global Witness.

«Quand on paie pour une publicité, Facebook fournit des statistiques sur les profils touchés», ajoute l’activiste. En France et aux Pays-Bas, une offre pour un emploi de réceptionniste a été adressée par l’algorithme publicitaire à des femmes dans 97% des cas. Même scénario, à 89%, pour un emploi de psychologue. A contrario, seuls 11% de profils féminins ont été exposés à des annonces pour un poste de chef cuisinier.

Et pour la France seule, une annonce vers un poste d’auxiliaire petite enfance a été diffusée presque uniquement auprès d’utilisatrices de Facebook (93%), quand l’offre pour devenir mécanicien a touché 94 % d’utilisateurs masculins.

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Meta rejette les accusations

Certes, cette répartition correspond à une réelle division du travail. En 2022, selon l’INSEE, 82% de femmes travaillaient dans le médico-social et 71% d’hommes dans l’industrie. Mais pour Rosie Sharpe de Global Witness, l’algorithme publicitaire de Facebook renforce les inégalités et les stéréotypes existants, au lieu d’encourager un mouvement inverse. «Les algorithmes prennent des décisions sur nos vies. En faisant cela, Meta enfreint le droit français et le droit européen, qui prohibent la distinction basée sur le genre à l’emploi», assure-t-elle.

Selon Global Witness, l’avis de la Défenseure est un précédent. C’est la première fois qu’une autorité européenne pointe le manquement des algorithmes en matière d’égalité. Et cela pourrait bien pousser les plateformes à faire plus d’efforts pour se conformer à la loi, espère Rosie Sharpe. «Maintenant, tous les yeux sont rivés sur Meta. On attend de voir ce qu’ils vont faire pour respecter la loi», poursuit l’activiste, qui rappelle qu’aux États-Unis, une affaire semblable avait opposé le département fédéral de Justice et Facebook.

En 2022, Meta avait ainsi été accusé de discrimination dans ses publicités renvoyant vers des annonces de logement. Après avoir négocié un accord, la société avait accepté de payer et «de faire des changements dans son algorithme». Pour autant, sollicité par Le Figaro, Meta réfute les conclusions de la Défenseure des droits.


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