Élisabeth Moreno-Kofi Yamgnane : " Nous n'avons pas choisi la France par masochisme "

SOURCE | 4 years ago


🎙️ Daily Podcast (FR) : NViNiO•Podcast™


ADs | ✨ Enhance your Social Media content with NViNiO•AI™ for FREE


Découvrez notre offre


Élisabeth Moreno et Kofi Yamgnane. © Montage JA; Bruno Lévy; Bruno Lévy pour JA

« Diversité, une hypocrisie française » (1/7). L’une est ministre d’Emmanuel Macron, l’autre a été secrétaire d’État sous François Mitterrand. Tous deux symbolisent, à une génération d’intervalle, une certaine forme de réussite républicaine et d’intégration à la française. Avec complicité, ils comparent leurs expériences.

Né au Togo en 1945, Kofi Yamgnane est arrivé en France en 1969 pour y poursuivre ses études. Il s’y est marié, a milité, a été élu maire de son village breton mais aussi conseiller général, régional, puis député. Quant à sa cadette, Élisabeth Moreno, elle a vu le jour au Cap-Vert en 1970. Sa famille a rejoint la France en 1977, et, après des études de droit, elle a créé son entreprise avant de prendre la tête des filiales de grands groupes informatiques. Leur point commun : ils font partie des rares Français originaires d’Afrique subsaharienne à avoir occupé un poste ministériel. C’était en 1991 pour M. Yamgnane, lorsqu’il a été nommé secrétaire d’État chargé de l’Intégration. Mme Moreno, elle, est ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, à la Diversité et à l’Égalité des chances depuis 2020.

Jeune Afrique les a réunis pour évoquer leur parcours et leur expérience ministérielle, à trente ans d’intervalle. Éloignement géographique et mesures sanitaires obligent, l’entretien s’est déroulé en visioconférence, la ministre siégeant dans son bureau parisien tandis que l’ex-maire de Saint-Coulitz – que Mme Moreno appelle « grand frère » – se connectait depuis sa maison bretonne.

Dans son bureau, un magnifique masque bassar est fixé au mur, et Kofi Yamgnane a tenu à nous en expliquer la signification. « On l’appelle “le masque du vainqueur”, et on n’a le droit de le porter que quand on a tué un ennemi. Moi, je n’ai jamais tué personne, mais j’ai eu le droit d’en avoir un parce que j’ai vaincu le Blanc chez lui. »

Jeune Afrique : Vous êtes tous les deux nés en Afrique subsaharienne, et avez tous les deux été ministres à trente ans d’intervalle. Quel regard chacun d’entre vous porte-t-il sur le parcours de l’autre ?

Kofi Yamgnane : J’admire Élisabeth Moreno, que je connaissais en tant que grande entrepreneuse. Moi, je n’ai pas eu tout à fait ce parcours-là : j’étais juste un petit fonctionnaire et un militant politique. À la demande des paysans de mon village du Finistère, j’ai eu l’occasion d’en devenir le maire à la fin des années 1980. Mais je ne m’attendais pas du tout à entrer un jour au gouvernement de la République française. Tandis qu’Élisabeth est plutôt issue de la société civile pure. Elle est arrivée par la « force des bras », c’est-à-dire par le mérite.


Enhance your brand's digital communication with NViNiO•Link™ : Get started for FREE here


Read Entire Article

© 2026 | Actualités Africaines & Tech | Moteur de recherche. NViNiO GROUP

_