(Agence Ecofin) - Bien que la RDC détienne la moitié des réserves d'eau douce du continent africain, une grande partie de sa population n'a pas accès à l'eau potable. L’entrepreneur Jack Kahorha veut résoudre ce problème avec Yme Jibu, un projet de distribution d’eau qui génère des revenus non négligeables.
Basée à Goma en RDC, Yme Jibu fournit de l’eau potable aux populations. L’entreprise pompe l'eau du lac Kivu, la traite au chlore, puis la distribue aux ménages et aux robinets communautaires dans la ville. L'eau potable est abordable pour la population pauvre, avec un jerrican de 20 litres coûtant 100 francs (0,05 usd) à remplir. Les ménages raccordés au réseau paient 4 000 francs (2,00 usd) par mètre cube. Les écoles, les hôpitaux et les orphelinats paient la moitié de ce montant.
#YME_JIBU Une initiative à encourager, cette entreprise permet à la population de #lac_vert #Mugunga à avoir l'accès à l'eau 24h/7. pic.twitter.com/mfQzzUWZC1
— ergie kabonga (@ergie_kabonga) July 10, 2020Jack Kahorha, un homme d'affaires, a créé Yme Jibu en 2017 pour fournir de l'eau potable aux communautés locales, l’eau du réseau public étant inaccessible pour de nombreux congolais. Avec 2 de ses amis, ils décident d’investir dans ce segment.
« Je me suis dit que je devais faire quelque chose pour que les Congolais aient de l'eau. Même si je commence avec 10 000, 20 000 ou 30 000 personnes - c'est un début », a-t-il expliqué sur la DW.
La République démocratique du Congo (RDC) détient la moitié des réserves d'eau douce de tout le continent africain selon l'UNICEF. Pourtant, plus de la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable. En effet, un raccordement privé au réseau d'eau coûte 860 dollars, ce qui est considéré comme trop cher pour la plupart des Congolais. Dans le Nord-Kivu, les conflits ralentissent les efforts de développement de l'économie, plongeant les populations dans la pauvreté.
Suite à l’irruption du volcan Nyiragongo en 2002, les organisations humanitaires avaient construit des puits, robinets et canalisations pour approvisionner les populations locales gratuitement. Les conflits récurrents ont contraint de nombreuses personnes à abandonner leurs maisons, gonflant les chiffres des déplacés internes. A l’arrêt des activités des ONG, les populations se sont de nouveau retrouvées dans une situation difficile.
« En 2016, tous les donateurs ont décidé de ne plus verser de fonds, car l'urgence a été déclarée terminée et les camps ont été fermés. Il y avait le risque que les gens n'aient plus accès à l'eau potable », a expliqué Jack Kahorha.
Convaincre les habitants de payer désormais pour avoir de l’eau a été l’un des obstacles rencontrés par l’entreprise. Autre défi, l’entretien des anciennes installations d’eau par les communautés. Selon l’homme d’affaires, de nombreuses communautés ne sont pas suffisamment formées pour entretenir les installations. C'est pourquoi elles ne fonctionnent pas à long terme. Après avoir reçu des dons d’infrastructures d’organismes d’aide, Yme Jibu a modernisé le processus de distribution d’eau pour pallier ces différents problèmes.
Exciting discussions developing alternative business models for water service delivery in #Goma #DRC #Workshop #YmeJibu pic.twitter.com/p65OfKhGAe
— Lucrezia Biteete (@LucyBiteete) June 16, 2018Quatre années après sa création, Yme Jibu dessert à ce jour 83 000 personnes à la périphérie de Goma. L’entreprise emploie 22 personnes et coopère avec 440 négociants en eau qui exploitent les robinets et les réservoirs dans les districts. Jack Kahorha ambitionne de desservir 140 000 personnes l'année prochaine.
Aïsha Moyouzame

Aïsha MOYOUZAME
« Je refuse de croire que l’Afrique ait l’échec dans son ADN.» Nana Akufo-Addo, président du Ghana
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