La huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD8), qui vient de s’achever, a débouché sur l’annonce de l’Initiative du Japon de croissance verte avec l’Afrique dotée de quatre milliards de dollars et du Fonds d’investissement pour les start-ups, doté de 70 millions de dollars.
Dans le contexte de ces importants partenariats avec le secteur privé, la Banque africaine de développement et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont organisé la Réunion continentale des investisseurs en Afrique sous forme d’événement parallèle à la TICAD8. Cet événement virtuel, tenu le 6 septembre 2022, a rassemblé le secteur privé et le secteur public, attirant quelque 300 participants, pour discuter des opportunités d’investissement dans les économies verte et bleue qui peuvent potentiellement stimuler une croissance inclusive et contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) sur le continent africain.
Dans son discours d’ouverture, Sarah Poole, administratrice adjointe du PNUD et responsable du Bureau régional pour les États arabes, a indiqué que le déficit annuel de financement des ODD en Afrique a atteint 353 milliards de dollars en raison de chocs externes inattendus, tels que la pandémie de Covid-19. Elle a également expliqué comment les partenaires au développement tels que le PNUD peuvent soutenir la création de conditions favorables permettant de diriger les flux de financement vers des opportunités d’investissement éprouvées conformes aux ODD : « Avec les gouvernements et les partenaires, le PNUD a développé une cartographie des investisseurs dans les ODD, qui nous a permis de guider la prise de décision des investisseurs vers les ODD et de canaliser les capitaux vers les secteurs qui en ont le plus besoin, dans le cadre d’une intégration plus large des flux de financement publics et privés, ainsi que nationaux et internationaux », a déclaré Mme Poole, notant que les ODD devraient générer 12 000 milliards de dollars d’opportunités de marché.
Les agences nationales de promotion des investissements de Djibouti, de l’île Maurice et du Nigeria ont présenté des opportunités d’investissement à partir de leurs cartes d’investisseurs dans les ODD respectifs. Ken Poonoosamy, directeur général de l’Economic Development Board, a présenté les perspectives économiques positives de l’île Maurice et évoqué l’opportunité d’investissement dans les systèmes décentralisés de traitement et d’approvisionnement en eau, ainsi que son projet Énergies des Mascareignes, qui vise à atteindre le zéro déchet dans l’industrie du thon.
John Oseji, directeur du département Plaidoyer politique de la Nigerian Investment Promotion Commission, a parlé des ports en eaux profondes et a présenté le projet d’étude d’investissement de l’État d’Ondo, qui est en mesure d’accueillir des navires de transport maritime modernes. Rahma Omar Kamil, directeur des investissements de l’Agence nationale de la promotion des investissements, a parlé de l’important potentiel éolien de Djibouti, en soulignant l’opportunité d’investissement dans la production d’énergie éolienne à grande échelle.
Les présentations des pays ont été suivies d’un débat dynamique sur la manière dont le secteur privé japonais peut saisir les opportunités d’investissement en Afrique et sur le soutien que les institutions publiques peuvent apporter pour accélérer les investissements dans les secetur des économies verte et bleue en Afrique. Akira Wada, de Toyota Tsusho Corporation, a déclaré que les investisseurs japonais sont déterminés à investir sur le nouveau marché qu’est l’Afrique, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables.
Florian Kemmerich, de Bamboo Capital Partners, a confirmé la nature dynamique des marchés africains. « Nos investissements se concentrent sur ce que l’on appelle le « missing-middle » (chaînon manquant) pour financer, par le biais de prêts et de participations, les PME rurales, les entreprises en phase de démarrage, mais aussi les institutions financières afin qu’elles localisent les financements elles-mêmes. »
Le Fonds d’équipement des Nations unies, par la voix de sa directrice exécutive Preeti Sinha, a expliqué de quelle manière les partenaires au développement peuvent catalyser les capitaux privés dans l’économie verte et bleue : « Par exemple, en Gambie, le Fonds d’équipement des Nations unies a profité de la recherche de projets réalisée par le PNUD pour assurer la structuration financière et l’administration d’une garantie de neuf millions de dollars du Fonds fiduciaire multidonateurs pour un projet d’énergie solaire, qui a débouché sur un investissement privé de 15 millions de dollars grâce à l’aide au dé-risquage. »
Wale Shonibare, directeur des Solutions financières, de la politique et de la régulation de l’énergie à la Banque africaine de développement, a déclaré : « Les opportunités du secteur privé, comme celles qui ont été recensées dans la cartographie des investisseurs des ODD, permettront l’intégration régionale et stimuleront les économies africaines à l’avenir, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) servant de catalyseur unique. Les institutions de financement du développement telles que la Banque africaine de développement peuvent travailler avec les gouvernements et le secteur privé pour créer des synergies afin d’obtenir un impact maximal, par exemple grâce à des initiatives telles que le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA) et l’Africa Guarantee Fund, qui encouragent les investissements privés dans les technologies et les modèles commerciaux à haut rendement énergétique, dans le but de décarboniser les économies africaines et d’accélérer la transition énergétique du continent. »
Comme l’a fait remarquer M. Ayodele Odusola, directeur du Pôle du secteur financier africain du PNUD et représentant résident du PNUD en Afrique du Sud, le modérateur du panel, « le moment est venu de mettre en place la collaboration public-privé présentée dans le cadre de la TICAD 8. Aujourd’hui plus que jamais, nous constatons qu’il existe une multitude d’opportunités d’investissement pour le secteur privé japonais sur les marchés africains, ce qui est essentiel pour le développement transformateur du continent et la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) ».
Pour visionner l’enregistrement de la Réunion continentale des investisseurs en Afrique, cliquez ici. Pour accéder aux conclusions des fiches d’investissement de Djibouti, de l’île Maurice, du Nigéria et de 20 autres pays, avec plus de 400 opportunités d’investissement dans les ODD, veuillez consulter la plateforme d’investissement des ODD : https://sdginvestorplatform.undp.org/market-intelligence .
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