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Si ce montant peut paraître impressionnant, il reste bien inférieur à ceux engagés par ses concurrents américains dans la tech, comme Meta ou Google. Il met toutefois en évidence les menaces croissantes qui pèsent sur les patrons du secteur de l’IA.
Passer la publicité Passer la publicitéQu’il s’agisse de bâtir des centres de données ou d’alimenter une course effrénée à l’innovation, l’intelligence artificielle aspire des sommes d’argent colossales. Cette frénésie financière, qui va jusqu’à faire frémir Wall Street sur l’éventualité d’une «bulle» autour de cette technologie, touche également les moyens de sécurité mis à disposition des personnalités les plus influentes du secteur. Ainsi, dans son dossier d’introduction en Bourse - qui devrait intervenir en novembre -, Anthropic, la start-up derrière l’IA Claude, a révélé avoir consacré 2,75 millions de dollars (2,46 millions d’euros) l’an passé à la protection de son PDG Dario Amodei.
Un montant quatre fois supérieur à son salaire de base, qui s’élève à plus de 654.000 dollars (577.000 euros) par an, et qui représente près de 15% de sa rémunération totale en 2025, laquelle atteint près de 18 millions de dollars en incluant les attributions d’actions et d’options. La facture ne s’arrête pas là pour la firme basée à San Francisco, qui a également déboursé 1,29 million de dollars en 2025 pour la protection de Daniela Amodei, sœur du PDG et présidente-cofondatrice d’Anthropic. Ces dépenses couvrent des services de protection personnelle, du domicile et des déplacements.
Elles dépassent largement les standards actuels en matière de sécurité des dirigeants. Selon une étude du cabinet ISS-Corporate, consultée par le magazine américain Fortune, les dépenses médianes de sécurité des PDG des 500 plus grosses entreprises cotées à la Bourse de New York s’élevaient à 93.000 dollars par an. L’investissement d’Anthropic semble toutefois bien modeste au regard de ce que Meta consacre à la protection de son PDG et fondateur, Mark Zuckerberg. La maison mère de Facebook a en effet mobilisé plus de 22 millions de dollars en 2025, soit près de dix fois les dépenses de sécurité de Dario Amodei, pour veiller sur son patron et sa famille. De son côté, Tesla a alloué 4,8 millions de dollars à la sécurité d’Elon Musk, quand Alphabet (Google) a mis 8,8 millions sur la table pour protéger son PDG Sundar Pichai. Des sommes là aussi bien supérieures à celles dépensées par Anthropic.
Menaces croissantes
«L’intérêt accru du public pour l’IA a fait croître les risques pour la sécurité physique et la sécurité de l’information», justifie Anthropic dans son dossier d’introduction en Bourse. La société reconnaît avoir «été confrontée à des menaces pesant sur la sécurité de [ses] collaborateurs ainsi qu’à des tentatives d’accès à des informations confidentielles par des moyens physiques ou numériques». En avril dernier, un homme s’est introduit au siège de la firme américaine en menaçant de «tuer» un dirigeant, tandis qu’un autre individu a menacé de s’en prendre aux enfants des employés, accusant Anthropic de «voler son travail». La police a qualifié a posteriori cet épisode de menace terroriste.
Les dirigeants des géants de l’intelligence artificielle sont ainsi exposés à des menaces de natures diverses, des tentatives d’extorsion classiques à de l’activisme violent, nourri par les questionnements éthiques que soulève le développement de cette technologie. D’après la société de cybersécurité Liferaft, les menaces en ligne visant les centres de données et les patrons de l’IA ont été multipliées par sept entre février et mai 2026. Des menaces qui se sont concrétisées en avril dernier, lorsque le domicile du patron d’OpenAI, Sam Altman, a été visé par un jet de cocktail Molotov. Le suspect, qui avait également menacé de brûler le siège de la firme à l’origine de ChatGPT, a finalement été inculpé.
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