(Agence Ecofin) - Selon l’APSGI-UEMOA, les fonds immobiliers cotés représentent 20% de la capitalisation boursière régionale avec une croissance annuelle moyenne de 10%. Une dynamique qui, combinée à des réformes structurelles, pourrait renforcer la part du secteur immobilier dans les économies de l’UEMOA.
Le développement d’un cadre réglementaire adapté pour les organismes de placement collectif immobilier (OPCI) est important pour dynamiser l’investissement immobilier au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). C’est ce qui ressort d’un panel organisé lors de la 2e édition des « Rendez-vous de l’APSGI », le jeudi 12 décembre 2024.
Ayant pour thème « Investir dans l’immobilier et le foncier via le marché financier », ce panel, modéré par Idrissa Coulibaly, directeur général de BNI Gestion, a réuni des experts comme Pierre Aimé, responsable pays pour la Côte d'Ivoire de la Société financière internationale (SFI), Sidy Mbaye, chef du service des habilitations et du contrôle des acteurs à l’Autorité des marchés financiers de l'UMOA (AMF-UMOA) et Jean-Bernard Eponou, directeur général de Kaydan Asset Management.

Les OPCI sont présentés comme des outils prometteurs dans un contexte où l’immobilier nécessite des fonds considérables et adaptés, difficilement mobilisables via les circuits bancaires traditionnels. Ces fonds, centrés sur l’acquisition et la gestion d’actifs locatifs, permettent de canaliser les investissements vers l’immobilier.
« Le marché des capitaux offre une solution en fournissant des capitaux longs, nécessaires à l’immobilier », a expliqué Pierre Aimé.
Les panélistes ont également insisté sur le rôle des régulateurs qui doivent non seulement établir des cadres réglementaires clairs, mais aussi les appuyer par des projets concrets. La structuration de l’écosystème, incluant des acteurs spécialisés comme les gestionnaires d’actifs, évaluateurs et promoteurs, est jugée essentielle.
L’expérience marocaine a été citée comme exemple. Le royaume chérifien a, en effet, mis en place les OPCI en août 2016 avec la promulgation de la loi n° 70-14. Les premiers OPCI ont été agréés en décembre 2019. Avec 49 OPCI en 2023, les actifs nets ont atteint 85,5 milliards de dirhams (8,5 milliards $), selon l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Cependant, dans la zone UEMOA, leur développement est encore embryonnaire.
Selon Sidy Mbaye, depuis 2016, l’AMF-UMOA a amorcé un cadre réglementaire pour les OPCI, mais sa mise en œuvre reste complexe, nécessitant une harmonisation régionale. Il a toutefois annoncé une nouvelle phase de travaux réglementaires prévue pour 2025, soutenue par le projet J-CAP de la Banque mondiale, avec des résultats concrets attendus avant la fin de la décennie.
L'espace UEMOA est confronté à un déficit d'environ 3,5 millions logements décents, selon la Banque mondiale. Avec un besoin annuel de 250 000 nouvelles unités, le secteur immobilier peine à se développer en raison du manque de véhicules hypothécaires à long terme, comme l’a souligné le Centre pour le financement du logement abordable en Afrique (CAHF).
Face à cette réalité, les experts ont plaidé pour des projets pilotes concrets, un cadre fiscal harmonisé et des initiatives visant à bâtir la confiance des investisseurs. Jean-Bernard Eponou a illustré le potentiel inexploité en Côte d’Ivoire, où le besoin en logements croît de 10% par an. « Le financement par les marchés de capitaux peut répondre efficacement à ces besoins », a-t-il affirmé.

Selon les données de l'Association professionnelle des sociétés de gestion et d'intermédiation de l'UEMOA (APSGI), les fonds immobiliers cotés représentent déjà 20% de la capitalisation boursière régionale, avec une croissance annuelle moyenne de 10%.
Charlène N’dimon
Edité par Mahoudjro F. Vahid Codjia
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