(Agence Ecofin) - Alors que le cinéma africain gagne en visibilité et en potentiel économique, l’accès des femmes aux fonctions créatives reste limité. Une nouvelle initiative de formation entend renforcer leur présence dans la profession et soutenir une dynamique inclusive dans le secteur.
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), en collaboration avec la Fondation Tamayouz Cinéma et avec le soutien de la République populaire de Chine, a lancé début juillet un appel à candidatures pour une bourse de formation destinée aux jeunes réalisatrices africaines. Ce programme, dont les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 juillet, se déroulera du 15 septembre au 27 octobre à Rabat et Marrakech. Il offre à dix participantes une résidence de création cinématographique intensive de six semaines, axée sur la réalisation de courts-métrages, avec l’appui de mentors renommés tels que les réalisateurs Abderrahmane Sissako et Hicham Lasri.
Pensé pour développer à la fois les compétences techniques et la créativité des participantes, le programme vise à renforcer leur employabilité dans un secteur encore majoritairement masculin. Il propose également un environnement propice au réseautage professionnel et à l’innovation, deux leviers essentiels pour favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de femmes cinéastes africaines. La diversité des récits ainsi promue contribue à une représentation plus juste des réalités africaines, tout en valorisant le potentiel économique du secteur.
Selon les projections de l’UNESCO publiées en 2021, l’industrie cinématographique africaine pourrait créer plus de 20 millions d’emplois d’ici 2030 et générer 20 milliards de dollars de PIB. Pourtant, les femmes ne représentent aujourd’hui que moins de 30 % des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, selon un rapport de l’agence onusienne. Ce programme entend corriger cet écart et consolider une filière en expansion, en misant sur l’inclusion et la formation de talents féminins. Il s’inscrit dans une tendance plus large d’inclusion économique et culturelle en Afrique, où la jeunesse féminine constitue un levier clé de développement.
Le succès de ce programme dépendra de la sélection rigoureuse des participantes et de l’intégration de ce modèle dans un réseau panafricain de soutien aux femmes créatrices. Des initiatives similaires, comme la résidence UNESCO-Nara, ont démontré leur efficacité pour accroître la visibilité des femmes dans le cinéma africain. Pour pérenniser ces efforts, il faudra renforcer les financements, développer des programmes similaires dans d’autres régions, et favoriser l’accès aux marchés internationaux.
Félicien Houindo Lokossou (stagiaire)
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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