Gabon : « Le prochain gouvernement révisera certainement le cadre réglementaire » (Jean Gaspard Ntoutoume Ayi)

SOURCE | 1 year ago


Enhance your Social Media content with NViNiO•AI™ for FREE


(Agence Ecofin) - A la veille du scrutin qui désignera le prochain Président du Gabon, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole du candidat à la présidentielle Brice Clotaire Oligui Nguema, a bien voulu répondre aux questions économiques de l’Agence Ecofin.

Agence Ecofin : Lors d’une récente visite aux populations d’Akanda dans la province de l’Estuaire, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est engagé à redonner « leur dignité » aux Gabonais, en les plaçant au cœur de sa stratégie de développement. Lorsqu’on sait qu’un défi de votre pays reste le pouvoir d’achat des ménages, quelles mesures concrètes sont prévues par le président candidat et sur quelles périodes, pour améliorer la situation, tout en permettant plus de création de richesses, notamment par les petites et moyennes entreprises locales ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : L’élément structurel qui grève le pouvoir d’achat est l’absence d’infrastructures et de services publics. Une école publique gratuite et de qualité dispensera les ménages du paiement de lourdes charges financières que nécessite l’inscription des enfants dans l’enseignement privé. Une offre de santé de qualité couverte par un système de couverture maladie efficient effacera les dépenses directes de santé des ménages qui constituent un poids pour leur pouvoir d’achat. Un réseau routier bien développé permettra de réduire le coût du transport des personnes et des marchandises et par voie de conséquence le prix de ces dernières.

« Une école publique gratuite et de qualité dispensera les ménages du paiement de lourdes charges financières que nécessite l’inscription des enfants dans l’enseignement privé. »

Un autre élément essentiel pour le pouvoir d’achat des ménages porte sur les revenus. Le niveau élevé du chômage fait porter sur les actifs une charge trop lourde. La création d’emplois, à travers les nombreux chantiers et initiatives du projet de Brice Clotaire Oligui Nguema, permettra à plus de personnes de disposer de ressources régulières résultant de leurs activités et donc à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.

Plus précisément, plusieurs mesures concrètes seront mises en œuvre dans le cadre du projet de société de Brice Clotaire Oligui Nguema, parmi lesquelles la réduction des impôts pour les ménages à faible revenu, la mise en place de subventions ciblées sur les produits de première nécessité, la régulation des prix des biens essentiels couplée à une politique de lutte contre la vie chère pour garantir leur accessibilité. De même, le soutien aux PME par des allègements fiscaux et un meilleur accès au financement avec une capitalisation supplémentaire de 20 milliards FCFA pour la BCEG (Banque pour le Commerce et l'Entrepreneuriat du Gabon), favoriseront l’innovation et la création d’emplois. Enfin, des programmes de formation seront instaurés pour améliorer les compétences des travailleurs, leur permettant d’accéder à des emplois mieux rémunérés et de renforcer leur pouvoir d’achat. Ces nombreuses initiatives visent à créer un environnement économique plus favorable et à améliorer le quotidien des Gabonais. 

Agence Ecofin : Le climat des affaires au Gabon, de l’avis des experts, présente encore des défis mais serait en voie d’amélioration. Parmi les pistes d’amélioration discutées récemment entre la Présidence de la République et la Fédération des Entreprises on retrouve notamment : la simplification des procédures administratives, l’élimination des barrières tarifaires et aussi le développement d’une fiscalité attractive. Ces mesures sont-elles vos priorités pour l’environnement des affaires et quels gains macro et microéconomiques en espérez-vous ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Dans le cadre des discussions entre le Président de la République et la FEG, plusieurs mesures ont été adoptées pour améliorer le climat des affaires au Gabon, avec des impacts significatifs tant sur le plan macro que micro économique. Ces initiatives s’inscrivent dans la vision ambitieuse du candidat Brice Clotaire Oligui Nguema qui aspire à transformer le Gabon en un hub économique dynamique et inclusif.  En attirant davantage des Investissements Directs Etrangers (IDE), en diversifiant l’économie gabonaise pour stimuler la croissance économique, il entend réduire la dépendance aux matières premières et bâtir un avenir durable pour le Gabon. La simplification des procédures administratives et l’accès facilité aux financements pour les PME visent à réduire les coûts d’exploitation et encourager l’innovation. Ces efforts devraient également favoriser la création d’emplois, améliorer la qualité des services offerts et renforcer la compétitivité des entreprises locales. Ainsi, le candidat s’engage à instaurer un cercle vertueux de croissance économique et de bien-être pour les Gabonais tout en plaçant l’entrepreneuriat et l’autonomisation des jeunes au cœur de son projet de société.

Agence Ecofin : Quels sont les secteurs de production qui seront priorisés et pourquoi ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Nous avons tout d’abord l’agriculture qui est un secteur crucial dont l’énorme potentiel est sous exploité et qui permettra dans un premier temps d’assurer notre autosuffisance alimentaire, puis d’accroitre nos exportations. En développant l’agriculture, nous entendons réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, créer des emplois et renforcer la sécurité alimentaire.

Ensuite, nous mettrons un point d’honneur sur l’agro-industrie qui permet de créer des chaînes de valeur, d’augmenter les revenus des agriculteurs et de stimuler notre économie locale.

« En développant l’agriculture, nous entendons réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, créer des emplois et renforcer la sécurité alimentaire. »

D’autre part, le secteur des énergies renouvelables sera également priorisé dans la mesure où il vise à diversifier les sources d’énergie, réduire les coûts énergétiques et promouvoir une économie plus verte et responsable.

Notre pays possède des atouts naturels exceptionnels. C’est dans cette optique qu’en développant le secteur touristique, notre pays peut attirer davantage de visiteurs, et pourra générer des revenus en créant des emplois, en valorisant et en préservant son patrimoine naturel.

Enfin, nous allons moderniser notre industrie minière pour maximiser les retombées économiques tout en veillant à une exploitation responsable et durable.

Ces quatre secteurs sont prioritaires car ils représentent des leviers essentiels pour notre croissance économique, la création d’emplois et la diversification de notre économie tout en répondant aux besoins fondamentaux de la population gabonaise.

Agence Ecofin : Si votre objectif est de renforcer les revenus des ménages à travers des investissements créateurs d’emplois, dans un climat des affaires amélioré, comment sera financée cette stratégie, tout en continuant à rassurer l’ensemble des partenaires du Gabon, y compris les autres pays membres de la zone CEMAC, qu’il n’y aura pas d’alertes sérieuses sur la dette publique du pays ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Plusieurs approches seront adoptées. Si au soir du 12 avril 2025, notre candidat est élu, le prochain gouvernement révisera certainement le cadre réglementaire pour qu’il soit plus attractif pour les investisseurs, garantissant la sécurité juridique et la transparence, ce qui encouragera les flux d’IDE. Ensuite, une diversification des sources de financement sera envisagée, notamment par le biais de partenariats public-privé (PPP) et de collaborations avec les institutions internationales telles que le FMI, la Banque Mondiale, la BAD, la BID, etc. Parallèlement, le Gabon s’engagera à maintenir une gestion rigoureuse de sa dette en adoptant des politiques budgétaires prudentes et en priorisant les investissements productifs qui génèrent du revenu à long terme. En communiquant de manière transparente avec les partenaires du Gabon, y compris les pays de la zone CEMAC, sur les progrès réalisés et les mesures mises en place, le gouvernement renforcera la confiance des investisseurs et des créanciers assurant ainsi un environnement économique stable et propice à la croissance.

Agence Ecofin : Le début du mandat du président-candidat Brice Clotaire Oligui Nguema a été marqué par des révélations de détournements et de corruption attribuées à la précédente gouvernance. Promesse avait alors été faite de lutter contre le phénomène. Où en est-on aujourd’hui ? Quelle valeur d’actifs ont été récupérés ? Comment ont-ils été utilisés et surtout quelles mesures sont prévues pour introduire plus de probité dans la gouvernance publique du Gabon ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : Sur ces questions, je peux vous dire que la justice gabonaise suit son cours, et nous réaffirmons notre confiance en son indépendance. L’un des engagements phares consiste à restaurer l’Etat de droit et à lutter contre la corruption qui a longtemps gangrené l’administration gabonaise et annihilé nos efforts de développement.

« L’un des engagements phares consiste à restaurer l’Etat de droit et à lutter contre la corruption qui a longtemps gangrené l’administration gabonaise et annihilé nos efforts de développement. »

Sur ces dossiers, nous avons confiance en notre justice. Depuis le 30 août 2023, des réformes majeures ont été engagées pour garantir l’impartialité et l’efficacité de la justice. Brice Clotaire Oligui Nguema a fait de son indépendance un engagement fort. Concernant ces dossiers, nous laissons donc la justice faire son travail, en toute sérénité et impartialité.

Agence Ecofin : Le statut de pays producteur pétrolier du Gabon en fait un important contributeur aux devises dans les réserves de changes communes à la sous-région. Redonner de la dignité aux Gabonais passe aussi par une application stricte des mesures de change qui ciblent le rapatriement des devises issues de l’exportation principalement du pétrole, dans le cas du Gabon. Peut-on espérer une plus grande contribution de votre pays au rapatriement des devises maintenant que le gouvernement continue d’accroitre ses participations dans le secteur pétrolier ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : La discussion sur le rapatriement des devises, notamment dans les secteurs du pétrole et des mines se déroule au niveau sous-régional et le Gabon y prend toute sa part. L’un des avantages du rachat d’Assala, où le Gabon dispose désormais de 100% des parts, est que nous avons désormais le total contrôle des flux financiers et pouvons décider de manière souveraine du rapatriement de nos ressources d’exportation. Cela aura valeur d’exemple.

« L’un des avantages du rachat d’Assala, où le Gabon dispose désormais de 100% des parts, est que nous avons désormais le total contrôle des flux financiers et pouvons décider de manière souveraine du rapatriement de nos ressources d’exportation. »

On peut effectivement attendre une plus grande contribution du Gabon au rapatriement des devises, surtout avec l’accroissement des participations de l’Etat dans le secteur pétrolier. En renforçant sa présence stratégique, nous pouvons maximiser les retombées économiques des activités pétrolières, ce qui devrait se traduire par une augmentation des recettes en devises. Cette stratégie permet non seulement de garantir une meilleure gestion des ressources pétrolières, mais aussi d’attirer davantage d’investissements étrangers, ce qui peut contribuer à une hausse des exportations, et par conséquent, des entrées de devises. De plus, en adoptant des normes de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources, nous pouvons renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires commerciaux, favorisant ainsi un environnement propice au rapatriement des devises.

Agence Ecofin : Le numérique occupe une place importante dans la vision économique du président candidat Brice Clotaire Oligui Nguema. La construction d’un centre des données aux capacités importantes a été annoncée récemment. Quelles sont les ambitions effectives du Gabon en matière d’économie numérique, notamment dans un contexte de forte croissance des solutions d’intelligence artificielle ?

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi : L’objectif à moyen terme de Brice Clotaire Oligui Nguema est d’atteindre une couverture internet haut débit, plus optimale sur l’ensemble du territoire national. Des investissements seront réalisés pour densifier le réseau de fibre optique et réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales. La priorité est de garantir un accès à internet à chaque Gabonais à un coût abordable et une connexion rapide et fiable pour les administrations et les entreprises.

« Des investissements seront réalisés pour densifier le réseau de fibre optique et réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales. »

La souveraineté numérique passe aussi par la création de datacenters nationaux permettant de stocker et de sécuriser les données stratégiques du pays.

Ces infrastructures renforceront la cybersécurité et attireront des entreprises technologiques.

La vision de notre candidat est de renforcer notre souveraineté numérique et de faciliter l’éclosion d’un écosystème numérique local. Il s’engage à mettre en place un cadre incitatif pour encourager la création et le développement de startups dans le domaine du numérique. Des incubateurs technologiques et d’autres pôles d’innovation, similaires au centre gabonais de l’innovation, seront créés pour accompagner les entrepreneurs, avec un accès facilité aux financements et aux marchés publics.


Enhance your brand's digital communication with NViNiO•Link™ : Get started for FREE here


Read Entire Article

© 2026 | Actualités Africaines & Tech | Moteur de recherche. NViNiO GROUP

_