Gambie : la Banque africaine de développement renforce le système de santé pour éradiquer le Covid-19 et parer à d’éventuelles pandémies

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Mis en œuvre à partir de 2020, le Programme d’appui multi-pays pour la riposte contre la pandémie de Covid-19 a permis de renforcer le système de santé en Gambie. D’importantes infrastructures sanitaires ont été construites pour contenir d’éventuelles vagues d’infections au coronavirus et faire face aux menaces potentielles de maladies transmissibles qui pourraient provoquer des épidémies dans ce pays très touristique d’Afrique de l’Ouest.

Financé pour 14,1 millions de dollars américains, le projet a bénéficié de deux prêts distincts de 7,05 millions de dollars provenant d’une part, du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement et de la Facilité en faveur des pays fragiles, d’autre part.

Grâce à ces financements, le gouvernement gambien a construit huit centres de traitement du Covid-19 et un Centre national des maladies infectieuses. Le secteur privé, à travers la Chambre de commerce et d’industrie de Gambie, a fourni des tentes à usage de centres de traitement. Ces tentes ont été acquises dans le cadre d’un autre projet financé par la Banque en vue de créer des centres d’incubation de petites et moyennes entreprises et faire la promotion des foires-expositions.

« En août 2020, la Gambie a enregistré un rebond épidémique avec 2 000 cas de contamination au coronavirus par semaine. Les interventions de santé publique appuyées par la Banque et les mesures de confinement énergiques adoptées, ont permis de réduire significativement le nombre de cas enregistrés qui est retombé à pratiquement zéro cas par jour en novembre 2020 », souligne le rapport d’achèvement du projet publié par la Banque africaine de développement le 7 juin, à Abidjan.

« Le nombre de cas recensés chaque jour est en général resté faible depuis lors, en-dessous de 300 contaminations par semaine. Seulement un cas a été recensé dans la semaine du 20 juin 2021, située dans la période de la revue à mi-parcours du programme d’intervention en réponse à la crise », mis en place par la Banque, précise le document.

Dans le cadre des mesures sociales, le programme a axé son action sur la préservation des moyens de subsistance des groupes vulnérables en donnant au gouvernement les moyens de concrétiser autant que possible le programme de filets sociaux de sécurité et de distribuer de la nourriture, le plus largement possible. Une distribution ciblant les ménages vulnérables dont un grand nombre provient des zones rurales et périurbaines.

Plus de 200 000 ménages ont ainsi bénéficié de produits alimentaires de première nécessité comme l’huile, le riz et le sucre. Les petites et moyennes entreprises, y compris celles appartenant aux femmes, ont participé à l’appel d’offres et l’achat des denrées alimentaires. Le programme a veillé à ce que 60% des marchés de fourniture des produits alimentaires de première nécessité soient accordés aux entreprises locales dont certaines dirigées par des femmes. Un Projet d’appui institutionnel financé par la Banque avait auparavant assuré la formation des petites et moyennes entreprises locales pour leur permettre d’accéder à ces opportunités de marchés publics.

Secteur stratégique de l’économie gambienne et durement touché par la pandémie, le tourisme a été soutenu par le programme de la Banque. Le programme a notamment permis de réduire au minimum la charge fiscale de l’industrie hôtelière, en couvrant les frais liés aux droits, taxes et redevances dus aux municipalités de la région du Grand Banjul.

Le gouvernement gambien a aussi pris des dispositions pour redynamiser le secteur hôtelier et touristique de manière générale en consentant des allégements fiscaux à l’industrie, en particulier en faveur des travailleurs et entreprises des secteurs formel et informel, durement touchés par la pandémie.

« Le gouvernement a créé un fonds de 1,85 million de dollars qui a profité à 6 000 travailleurs du secteur informel à travers un système de paiement unique d’une valeur de 50 dollars américains pour chaque travailleur », souligne le rapport de la Banque africaine de développement.

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