Guinée : l'alliance franco-chinoise CRBC-Egis face au casse-tête du désenclavement

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La réhabilitation de la RN1, axe stratégique reliant Conakry au reste du pays et à la sous-région, est mené par un attelage inédit entre le chinois CRBC et le français Egis. Reportage.

La route de Conakry à Bamako, longue de 966 km, est la voie d’approvisionnement la plus courte pour la capitale malienne depuis la côte atlantique. Mais, du fait des conditions de circulation en Guinée, les logisticiens préfèrent faire arriver leurs marchandises de Dakar (distant de 1 259 km) ou d’Abidjan (1 117 km). Au début de 2019, seuls 3 % du fret malien passaient encore par le corridor guinéen.

Installé au volant de son véhicule maculé de boue, un transporteur habitué des 245 km du tronçon Conakry-Mamou de la route nationale 1 (RN1) se plaignait, le 14 septembre, d’avoir mis huit heures pour parcourir les 135 km entre la capitale et Kindia. Trois heures auraient suffi d’ordinaire, mais les pluies diluviennes tombées ces dernières semaines sur le macadam dégradé ont entraîné plusieurs accidents, embouteillages et obligations de contournement.

Bitumé pour la dernière fois en 1992, le début de la RN1 est un axe crucial mais étroit – 6 m de largeur – qui, via la ville-carrefour de Mamou, relie la capitale guinéenne à quatre des huit régions administratives du pays ainsi qu’au Liberia, à la Côte d’Ivoire et au Mali, traversant des massifs montagneux fortement arrosés pendant la saison des pluies. Pour ceux qui l’empruntent, la route est une succession de « calvaires », appellation locale recouvrant toutes sortes d’obstacles à la circulation : ponts cassés, trous et véhicules immobilisés.


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