(Agence Ecofin) - La semaine de l’innovation des jeunes tenue fin janvier 2023 à Lomé, a mis en exergue la start-up Helium Artworks, dont le projet de banque d’images et de contenus typiquement africains a attiré l’attention de TogoFirst.
« Un nouveau Google pour l’art africain ». C’est ainsi que présente son ambition la start-up togolaise Helium Artworks, qui offre « une expérience de découverte unique en proposant des images, des médias et des objets d’art qui reflètent la diversité et la richesse de la culture africaine ».
L’idée est murie depuis deux ans, entre autres par Jean-François Régis Pignan, consultant en communication marketing et organisateur d’événements. L’entrepreneur de 24 ans également formé en développement web et mobile, explique que « Peu d’images reflètent des réalités de chez nous. […] Nous avons été confrontés à des situations où nous manquions d’images adaptées à notre contexte. Des clients nous ont par exemple demandé de concevoir un avec des images illustrant des agriculteurs et éleveurs africains. Malheureusement, nous n'avions pas pu en trouver parce qu'il n'y en avait pas vraiment d’originales ».

i Jean-François Régis Pignan
Le rendu largement perfectible et la frustration qui en découle font office de déclic : il faut se doter d’une plateforme à même de valoriser le patrimoine togolais et africain, un espace où l’on pourra trouver aisément du contenu de haute qualité proposé par des photographes et des vidéastes talentueux issus de toute l’Afrique, un catalogue où chacun pourra se servir dans le cadre de la réalisation de ses projets. « Le tout pourrait se résumer à trois termes clés », poursuit Régis : « Valorisation de la culture, Qualité et Accessibilité ».
Un pari osé dans un contexte les banques d’images en ligne foisonnent depuis la fin du siècle dernier, revendant leurs dizaines de millions de vidéos et de photos à des agences publicitaires et des groupes de média. Difficile de passer à côté des mentions ‘’Getty Images’’, ‘’Adobe Stock’’, ‘’DepositPhotos’’, ‘’Pixabay’’, ‘’Freepik’’ estampillées sur les contenus sur internet.
Le défi ne fait pas reculer Kokouvi Charles Dzadu, le co-promoteur, qui s’occupe de l’architecture de la future plateforme. Titulaire d’une certification en génie logiciel de l’Université technologique et informatique de Holberton aux USA, et suivant actuellement un cursus en Mathématiques à l’Université de Lomé, il confie : « Nous avons pensé qu’il fallait offrir aux créateurs la possibilité de monétiser leur travail en vendant leur contenu média sur notre plateforme, ce qui leur permettra de développer leur carrière et leur activité professionnelle ».
La Semaine de l'innovation a ainsi permis de mettre en valeur les initiatives brillantes des jeunes et d'aider ceux qui en ont la vocation, à développer leur potentiel entrepreneurial.
Le projet veut adopter un modèle économique basé sur une commission d’au moins 70% sur les ventes d’images. L’objectif est « non seulement de générer des revenus pour l’entreprise, mais aussi de repenser la rémunération des créateurs de contenus ». Si l’idée séduit les photographes, modèles, graphistes, peintres, caricaturistes, stylistes, beatmakers et autres artistes, elle doit encore convaincre les entreprises, particuliers et blogueurs qui constituent sa clientèle cible.
La version bêta, lancée dans la foulée de la Togo Youth Innovation Week et intégrant des plateformes de paiement, a été présentée lors des séances de pitch du Concours 228 Innov parmi la trentaine de projets retenus. Elle a bénéficié de conseils des jurés, surtout sur le volet commercial et l’accessibilité.
« Le prix que nous avons remporté, assorti d’une enveloppe de 4 millions FCFA ainsi que plusieurs formes d’appui et d’accompagnement, nous a été très bénéfique et a boosté nos capacités. Grâce à cela, la prochaine version que nous sommes en train de développer sera bien meilleure, et nous permettra d’atteindre notre objectif, celui de devenir la 1ère banque d’images qui veut valoriser l’Afrique, parce que nous comptons aller aussi dans d’autres pays », promet Régis.
Le duo voit les choses en grand et envisage d’uploader près de 3 millions de photos couvrant toutes les thématiques possibles sur la plateforme, à terme. « Dans les prochains mois, nous allons lancer une cagnotte pour récolter des fonds et lancer une campagne de prise de photos sur tout le territoire et dans certains pays » a annoncé Charles.
Helium Artworks n’est pas sans rappeler un projet similaire porté par les Béninois Aurelle Noutahi et Basile Barrincio. Iwaria est une banque d’images dédiée à l’Afrique, proposant des photos authentiques et de haute qualité sur la vie courante sur le continent. Le contenu couvre des domaines tels que le travail formel et informel, la nature, les cultures, la nourriture, les start-up et autres.
Il est gratuit et sous licence Creative Commons Zero, ce qui aide les créateurs à trouver des illustrations pour tout type de projet, notamment des blogs, de la peinture numérique, du design graphique ou encore du journalisme.
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