(Agence Ecofin) - Dans un contexte des pays européens soutiennent des interconnexions électriques avec l’Afrique du Nord pour sécuriser leur approvisionnement électrique bas carbone, la décision britannique de ne pas activer le principal mécanisme de soutien public à Xlinks surprend. Le projet vise à relier le Maroc au Royaume-Uni par un câble sous-marin de 3900 km.
Alors que les projets d’interconnexion électrique entre l’Afrique et l’Europe évoluent, le Royaume-Uni vient de signaler qu’il ne considère plus, à ce stade, l’octroi d’un contrat pour différence (CfD) au projet Xlinks. Une décision inattendue selon les promoteurs, le projet étant reconnu « Nationally Significant (d’importance nationale, Ndlr.) » en 2023.
Le projet vise à relier le Maroc au Royaume-Uni via un câble sous-marin HVDC de 3900 km, pour acheminer 3,6 GW d’électricité solaire et éolienne. Cette puissance représenterait 8% de la demande britannique, avec une réduction estimée de 10% des émissions du secteur électrique dès la première année. Le projet offrait un CfD à prix compétitif, sans financement initial demandé à l’État, selon l’entreprise.
Le CfD est pourtant le principal outil du gouvernement britannique pour soutenir la production électrique bas carbone. Il garantit aux développeurs une stabilité de revenus face à la volatilité des prix de gros, tout en limitant le coût pour les consommateurs lorsqu’ils sont élevés. La décision de ne pas en accorder un à Xlinks malgré l’alignement du projet avec ces objectifs, interroge sur les arbitrages actuels de Londres.
En avril, le président de Xlinks, Dave Lewis, alertait sur la lenteur du processus : « des investisseurs font la queue pour pourvoir les 8 milliards de livres nécessaires. Ils n’attendront pas indéfiniment ». La société envisageait d’ailleurs de se tourner vers l’Allemagne.
Le contraste est saisissant avec la stratégie globale européenne. L’Italie a validé en mai avec la Tunisie le projet Elmed, d’une valeur de 850 millions €, tandis que l’Égypte avance avec le plan GREGY vers la Grèce, soutenu par la BERD et inscrit sur la liste des projets d’intérêt commun de l’UE. L’Algérie discute également avec l’Italie du projet Medlink, un câble de 2000 MW. Ces projets montrent une volonté affirmée du vieux continent d’intégrer les excédents renouvelables africains pour sécuriser son approvisionnement.
En marquant un temps d’arrêt sur Xlinks, le Royaume-Uni s’écarte donc d’une tendance européenne majeure. Reste à savoir si ce choix traduit un recentrage stratégique sur des solutions nationales.
Abdoullah Diop
Edité par : Feriol Bewa
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