Jeu vidéo : Electronic Arts licencie 400 salariés et ferme un studio culte

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Le géant s’apprête à tirer le rideau de BioWare, un éditeur canadien à l’origine de franchises cultes comme « Star Wars : Knights of the Old Republic», «Mass Effect» ou «Dragon Age». Le géant américain s’est engagé à faire 700 millions de dollars d’économie auprès de ses investisseurs.

Un plan social de plus dans le secteur du jeu vidéo, qui ne semble pas près de sortir de la crise. Propriété d’Electronic Arts (EA) depuis 2007, le studio de jeu vidéo canadien BioWare s’apprête à fermer ses portes après 30 ans d’activité, entraînant le licenciement de ses 50 salariés. La faute à une plus vaste restructuration en cours chez EA, qui va se séparer de 3 % de ses effectifs, soit 400 postes sur 14 500, selon Bloomberg.

«Au cours des derniers mois, nous avons sérieusement réfléchi à notre activité», indiquent David Tinson, directeur des opérations d’EA, et Cam Weber, directeur des studios, dans une lettre adressée au personnel le 21 octobre. Par la même occasion, les deux dirigeants du géant américain - connu pour les déclinaisons vidéoludiques des grosses franchises sportives comme NBA, FIFA, NHL-, ont annoncé l’annulation du prochain opus de la série de jeux «Mass Effect», qui était encore en développement chez BioWare.

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Le studio, derrière des franchises cultes comme « Star Wars : Knights of the Old Republic», «Baldur’s Gate» et «Dragon Age», a confirmé la fermeture dans une publication sur le réseau social X. «Écrire ces mots n’a rien de facile (…) Depuis plus de 30 ans, BioWare est bien plus qu’un simple studio. C’est un foyer pour les scénaristes, les développeurs et les joueurs qui ont donné vie à nos univers», écrit la société dans un communiqué. Selon le site «gaminglayoffs.com», ce licenciement vient s’ajouter aux 12 000 plans sociaux déjà survenus dans le jeu vidéo depuis le début de l’année 2026. Plus de 50 000 emplois auraient été supprimés depuis le début de la crise du secteur en 2022.

Le fiasco «Anthem»

Le studio BioWare, fondé en 1995 à Edmonton, au Canada, a d’abord percé dans l’industrie avec des adaptations de Donjons & Dragons, («Baldur’s Gate») et cinématographiques («Star Wars»). Il a ensuite développé ses propres licences à succès, comme «Mass Effect» et «Dragon Age». Mais les difficultés se sont accumulées ces dernières années, d’abord avec le dernier titre en date de la saga Mass Effect, «Andromeda» (2017), qui a reçu un accueil mitigé à sa sortie.

La situation s’est surtout dégradée en 2019, avec l’échec commercial du jeu en ligne «Anthem», abandonné un an après son lancement et conduisant à une suppression de 50 postes. Le studio a été touché par une nouvelle restructuration l’année dernière, après la sortie de «Dragon Age: The Veilguard» (2024), dernier opus de la série, qui s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires. EA espérait en vendre le double.

Le prochain Sims mis en pause

Au sein de l’éditeur, David Tinson et Cam Weber annoncent aussi mettre en pause le «Projet Lotus», prochain titre de la franchise des Sims, au profit d’un autre, baptisé «Evergreen». Selon le média Engadget, un autre studio serait aussi touché par le plan de licenciements. Les directeurs expliquent vouloir disposer « d’une équipe plus réduite et plus ciblée, capable de mettre en œuvre une feuille de route très claire pour notre communauté, qui, selon nous, permettra de bâtir une entreprise plus saine et plus durable».

Ils ont également profité de cette annonce pour rappeler les projets qui se portent bien chez l’éditeur. «Battlefield 6» a été vendu à plus de 7 millions d’exemplaires au cours de ses trois premiers jours de vente en octobre, passant le cap des 20 millions d’exemplaires en décembre 2025, selon le cabinet Alinea Analytics. L’entreprise indique vouloir se concentrer sur un plus petit nombre de sorties de «grande envergure» dans l’univers d’action-aventure, comme le prochain «Star Wars Jedi» ou le nouveau jeu «Iron Man».

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Mais également se tourner vers des offres «multijoueurs», avec une possibilité de transactions intégrées au jeu, comme l’achat de «skins» ou de pièces virtuelles, qui représentent une manne financière importante. Elle veut enfin continuer d’investir dans le filon lucratif des jeux de sport comme «Apex Legends». Sorti en 2019, il a déjà permis de générer 3,4 milliards de dollars de retombées en 2024 avec la vente de skins et autres éléments de personnalisation visuelle.

Electronic Arts est lourdement endetté depuis son rachat par le fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (FIP), actionnaire majoritaire (93,4 %), ainsi que la société de capital-investissement Silver Lake et le fonds Affinity Partners, appartenant à Jared Kushner, gendre de Donald Trump. L’opération à 55 milliards de dollars, finalisée en août, avait alors alourdi la dette d’EA à 18 milliards de dollars. Plus tôt dans l’année, EA s’était engagé auprès de ses investisseurs à réaliser 700 millions de dollars d’économie, notamment en réduisant ses coûts de recherche et développement. Le groupe a également quitté la Bourse suite à son rachat, 37 ans après son arrivée à Wall Street.


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