(Agence Ecofin) - L’Égypte ambitionne d’atteindre 42% d’énergies renouvelables dans son mix d’ici 2030. Mais sa progression reste freinée par une faible mobilisation du secteur privé et les limites de son réseau électrique. Le solaire en particulier, demeure sous-exploité.
Depuis le jeudi 19 juin, un complexe industriel solaire photovoltaïque est en construction dans la zone économique du canal de Suez (SCZONE), à Ain Sokhna en Égypte. Cette infrastructure de 20 hectares qui sera structurée autour de la production locale de composants solaires, répond à l’objectif de faire émerger un pôle industriel dédié au renouvelable.
Le projet est adossé à un investissement de 200 millions USD porté par le groupe chinois Sunrev, et structuré en deux phases. La première porte sur l’assemblage de modules photovoltaïques, tandis que la seconde intègre la production locale de silicium et de wafers, matériaux essentiels à la fabrication des cellules solaires.
Ces initiatives entrent dans le cadre d’une stratégie plus large portée par l’Autorité générale de la zone économique du canal de Suez, organisme public autonome chargé de piloter le développement industriel et logistique de cette vaste zone. Celle-ci bénéficie d’un positionnement stratégique, avec un accès direct à six ports, des routes, des voies ferrées et des connexions maritimes reliant la Méditerranée à la Mer Rouge.
Elle offre également des incitations fiscales et douanières attractives pour les investisseurs, ainsi qu’un cadre juridique simplifié. Ce cadre d’incitations fiscales, de facilités réglementaires et d’infrastructures est présenté comme un levier de relocalisation industrielle dans les filières vertes. La zone a déjà attiré des engagements clés dans l’énergie propre, avec plus de 64 milliards USD d’accords signés sur les segments de l’hydrogène vert, du solaire et de l’éolien.
Par ailleurs, ce périmètre dispose de plus de 460 km² de terrains disponibles et de conditions climatiques favorables à la production d’énergie solaire, notamment dans le golfe de Suez. Le complexe lancé à Ain Sokhna s’inscrit ainsi dans un tournant stratégique amorcé par les autorités égyptiennes. Il illustre la volonté de structurer une filière industrielle verte intégrée, capable de produire localement, d’exporter et de renforcer la sécurité énergétique d’un pays qui fait face à des défis, dans un contexte de baisse de la production de gaz naturel ces derniers mois.
Le site prévoit d’exporter chaque année pour 300 millions USD de modules solaires fabriqués localement. Cette capacité fait de la zone économique du canal de Suez un futur centre d’exportation vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe du Sud, au service de la stratégie de sécurité énergétique portée par l’État égyptien.
Abdel-Latif Boureima
Edité par : Feriol Bewa
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