Par TV5MONDE avec agences
Avancement des troupes russes, croissance nationale, situation diplomatique ... Le président russe a livré un discours positif sur la situation de son pays, pourtant en guerre depuis 4 ans en Ukraine. Rompu à l'exercice médiatique de la conférence de presse annuelle, Vladimir Poutine a donné l’image d'un chef d’État en maîtrise, prêt à faire respecter l'honneur de son pays face à ceux qui défieraient les intérêts russes.
Avancement des troupes russes, croissance nationale, situation diplomatique ... Le président russe a livré un discours positif sur la situation de son pays, pourtant en guerre depuis 4 ans en Ukraine. Rompu à l'exercice médiatique de la conférence de presse annuelle, Vladimir Poutine a donné l’image d'un chef d’État en maîtrise, prêt à faire respecter l'honneur de son pays face à ceux qui défieraient les intérêts russes.
C’est le sujet qui préoccupe le plus les Russes. Selon une enquête d'opinion du centre indépendant Levada de mi-décembre, 21% des sondés souhaitent demander savoir quand "l'opération militaire spéciale" en Ukraine, selon les termes en vigueur en Russie, prendra fin. C’est donc logiquement que le président russe l’ait choisi comme premier sujet de son discours.
Quelle situation sur le front en Ukraine?
L'option d'une fin de conflit prochaine est cependant loin d’être envisagée par Vladimir Poutine. "Nos troupes avancent sur toute la ligne de contact (...), l'ennemi recule dans toutes les directions" se félicite le chef d’État alors que d'intenses efforts diplomatiques notamment américains sont déployés pour mettre fin à près de quatre ans de guerre.
Les tentatives d’accord élaborées jusqu’ici rejetaient "fondamentalement l’idée d’une résolution pacifique de ce conflit" selon lui qui estime que "la balle est dans le camp" de l'Ukraine et de ses soutiens européens pour négocier la fin de la guerre.
Poussée par Donald Trump, l'organisation d’une élection présidentielle en Ukraine a été évoquée comme la seule option qui aboutirait un arrêt temporaire des frappes russes sur l’Ukraine. "Nous sommes prêts à réfléchir à la manière d'assurer la sécurité lors des élections en Ukraine, au moins en cessant, en nous abstenant de mener des frappes en profondeur sur le territoire le jour du scrutin".
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Comme depuis les premiers jours de l'invasion russe en 2022, Vladimir Poutine a maintenu le discours de victime d'une guerre "que nous n'avons pas commencé".
"Nous ne nous considérons pas responsables pour la mort des gens, parce que nous n'avons pas commencé cette guerre.
Vladimir Poutine
"Cette guerre a commencé après le coup d’État en Ukraine — un coup d’État armé et anticonstitutionnel en 2014 — puis les dirigeants du régime de Kiev ont lancé des opérations militaires contre leurs propres citoyens dans le sud-est de l’Ukraine", a ajouté le président russe.
Afin de ne pas affoler sa population, il a tout de même affirmé que la Russie n'entendait pas lancer d'hostilités contre d'autres pays à condition qu'elle soit "traitée avec respect". Il accuse notamment l'Occident d'avoir "trompé" Moscou en continuant d'élargir l'Otan.
Mi-décembre, les dirigeants européens, ukrainiens et américains réunis à Berlin ont proposé une "force multinationale" dirigée par l'Europe en Ukraine. Une garantie de sécurité qui s'inspire de la défense collective prévue par l'article 5 de l'OTAN.
Avoirs russes et croissance
L'Union européenne était clairement dans le viseur de chef du Kremlin lors du début de conférence annuelle. L'utilisation des fonds russes bloqués en UE avait été évoquée comme source de financement pour un "prêt de réparation" à l'Ukraine par les 27 pays de l'Union européenne réunis le 11 novembre.
Même si le projet a été avorté la nuit précédent la conférence de presse, Vladimir Poutine a tenu à faire savoir qu’un tel projet pourrait "avoir des conséquences lourdes".
"C'est un braquage. Mais pourquoi ce n'est pas possible de commettre ce braquage ? Parce que les conséquences peuvent être très lourdes".
Vladimir Poutine
Le sujet attise particulièrement le courroux du chef d’État sachant que la situation économique russe n'est déjà pas dans sa meilleure forme. La Banque centrale de Russie (BCR) a abaissé son taux directeur de 16,5% à 16% dans un contexte de ralentissement de la croissance. L'économie russe subit les conséquences de l'offensive en Ukraine et des sanctions occidentales.
"Le 19 décembre 2025, le conseil d'administration de la Banque de Russie a décidé de réduire le taux directeur de 50 points de base, à 16%", a indiqué la BCR dans un communiqué, ajoutant qu'elle "maintiendra des conditions monétaires aussi strictes que nécessaires pour ramener l’inflation à l'objectif" de 4% par an, contre 6,6% enregistré en novembre.
L'explosion des dépenses militaires en février 2022 avait d'abord permis de tirer la croissance vers le haut, mais cela a aussi fortement stimulé l'inflation. La croissance a ainsi été pénalisée et le coût de l'emprunt rendu prohibitif. "Nous devons tout faire pour que l'économie russe, la macroéconomie, soit saine et solide, et que l’économie du pays dispose d’un socle vraiment robuste", a déclaré Vladimir Poutine.
L'Agence nationale des statistiques russe Rosstat a estimé récemment que l'objectif de 4% d'inflation ne serait atteint qu'en 2027. Dans ce contexte, le Kremlin cherche à mettre à contribution les citoyens et les entreprises pour résorber un déficit budgétaire qui avoisine les 50 milliards de dollars depuis le début de l'année.
Français emprisonné
Interrogé sur l'affaire du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024 et qui pourrait être jugé pour "espionnage", Vladimir Poutine a affirmé "ne rien savoir" et en entendre parler pour la première fois. "Je vous promets que je vais me renseigner. Et s'il y a la moindre chance de résoudre cette question de manière positive, si la loi russe le permet, nous ferons tout notre possible", a-t-il ajouté.
Ce chercheur de 49 ans, spécialiste de l'espace post-soviétique, était employé par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s'agissant de l'Ukraine.
Laurent Vinatier a été condamné en octobre 2024 à trois ans de prison pour ne pas s'être enregistré en tant qu'"agent de l'étranger", alors qu'il collectait des "informations militaires" pouvant être "utilisées contre la sécurité" de la Russie. L'intéressé avait reconnu les faits, mais plaidé l'ignorance.
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4 months ago
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