L’Europe dévoile son robot-chien militaire, et il annonce une nouvelle étape pour la défense

SOURCE | 18 hours ago


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Dans une vidéo aux décors et aux teintes anxiogènes, le robot avance sur quatre pattes. Il galope, absorbe les chocs, arpente les terrains dévastés ou hostiles. Le RX-1 est ce que l'on appelle communément un « robot-chien ».

Mais derrière cette silhouette familière se cache une ambition européenne inédite. L'entreprise allemande Helsing, spécialiste de l'IA de défense, vient de dévoiler ce robot conçu et fabriqué entièrement en Europe. Il vise clairement à prouver une souveraineté européenne face à une concurrence américaine et chinoise déjà très en avance sur le secteur.

En pratique, les robots-chiens militarisés de ce type sont destinés à opérer dans des environnements que les humains ne peuvent ou ne doivent plus fréquenter. Ils servent essentiellement aux opérations de connaissance et de déminage.

Le RX-1 est pour le moment une plateforme robotique expérimentale. Elle se destine particulièrement aux opérations militaires. © Helsing

De façon plus anecdotique et surtout pour la communication et la propagande, certains portent des fusils d’assaut ou des lance-roquettes. C'est notamment le cas des modèles chinois dont les vidéos des exploits guerriers pullulent.

Le robot-chien bon marché d’Unitree s’est dévoilé armé d’une mitrailleuse lors d’exercices militaires. © Yonhap News

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Mais pour ce RX-1, l'objectif à terme est de disposer d'une plateforme autonome capable de traverser un terrain réel et imprévisible comme un champ de bataille jonché de débris. C'est moins impressionnant, mais le robot semple robuste et polyvalent. 

Quatre pattes, douze articulations, zéro compromis

Chaque patte du robot comporte trois articulations : hanche, épaule, genou. En tout, on trouve donc douze moteurs pour animer ce robot. Ces actionneurs reposent sur des moteurs électriques brushless, capables de délivrer jusqu'à 45 N.m de couple articulaire tout en restant légers et compacts. Cette architecture permet au robot d'adapter en permanence sa posture et ses points d'appui. C'est utile pour maintenir sa stabilité sur terrain accidenté, là où un robot à roues ou à chenilles se retrouverait rapidement bloqué.

Cela n'a l'air de rien, mais ce qui distingue le RX-1, c'est que ses actionneurs sont développés en interne par Helsing, une décision rare dans l'industrie. Avec ces moteurs et l'électronique embarquée, ainsi que la partie logicielle, la firme souhaite garantir une maîtrise totale de la chaîne de fabrication et l'indépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers. Une stratégie plutôt rassurante pour les armées européennes en ce moment.

Introducing RX-1, our experimental European robotics platform. Every step the quadruped takes is a step toward Europe’s technological sovereignty. We make it available to academic labs across Europe. pic.twitter.com/EsNp5x0fTd

— Helsing (@HelsingAI) June 2, 2026
Le robot RX-1 est 100 % européen, de la partie mécanique aux logiciels. L’engin se veut souverain et il se destine particulièrement aux besoins militaires. © Helsing

Une IA, pilote de chasse

Pour ce robot, Helsing prévoit tout un panel d'applications : reconnaissance de zone avant intervention humaine, cartographie 3D de bâtiments effondrés ou de tunnels, détection de gaz et d'explosifs, transmission de données en terrain dégradé, ou encore coordination avec des drones aériens pour former des essaims mixtes sol-air.

En même temps que son robot RX-1, la firme a également levé le voile sur Aera 9, sa division de recherche avancée. Son premier projet, baptisé Centaur, a placé une IA aux commandes de l'avion de chasse Gripen de Saab. C'est cette même IA qui est intégrée dans le CA-1 Europa, un gros drone de combat aérien autonome et, là encore, souverain.

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À l'avenir, Aera 9 servira également à mettre en réseau les systèmes terrestres et aériens sans pilote pour mener des opérations de reconnaissance-frappe interconnectées.

Des compétiteurs déjà bien ancrés sur leurs quatre pattes

Si elle est 100 % européenne, la plateforme robotique expérimentale RX-1 fait face à des concurrents déjà expérimentés, comme le fameux Spot de Boston Dynamics, qui reste l'étalon mondial de référence. Sa dernière itération embarque l'IA de Google DeepMind, ce qui montre encore une fois que l'IA doit faire partie de l'affaire. Son concurrent suisse ANYmal d'ANYbotics, conçu pour l'industrie lourde, navigue avec la même agilité dans le gravier, la boue et sur les escaliers.

Reste la Chine, avec une armada liée à la robotique quadrupède. Ces machines à la fois grand public, professionnelles et militaires sont désormais produites en masse avec une agressivité commerciale sans équivalent. L'un des fers de lance du secteur, c'est Unitree avec son robot-chien Go2. C'est ce type de robot que l'on peut voir porter des armes. Pas certain que ce soit pertinent en conditions réelles, mais cela à l'avantage de marquer les esprits.


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