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L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un acteur clé dans le domaine de la santé, transformant en profondeur la recherche, le diagnostic et l’accompagnement des patients. Mais son déploiement soulève des questions cruciales : comment garantir que cette révolution technologique profite à tous, sans creuser les inégalités ni sacrifier la confiance des patients ? C’est le cœur du débat exploré dans un nouveau podcast réalisé en collaboration avec Amgen, qui met en lumière les bénéfices concrets de l’IA, mais aussi ses défis éthiques et pratiques.
Des bénéfices déjà tangibles : quand l’IA accélère l’accès à l’innovation thérapeutique
Les applications de l’IA dans la santé transforment déjà le parcours de soins, de la personnalisation des traitements à l’identification des patients éligibles aux essais cliniques. Par exemple, sur la question des essais cliniques, certains patients pourraient potentiellement être éligibles sans jamais le savoir. Grâce à l’IA, le projet AIIPIK, mené par la start-up Ospi et le CHU de Toulouse, avec le soutien d’Amgen France, a permis d’identifier 24 dossiers de patients éligibles à un essai clinique, contre seulement 6 en conditions réelles, tout en réduisant « considérablement le temps d’analyse pour les professionnels de santé », souligne Marie Morice, directrice de l’Innovation chez Amgen France.
« Les attentes sont sont assez fortes de pouvoir avoir accès le plus rapidement possible au bon traitement, la recherche, les traitements », explique Damien Dubois, consultant en communication santé spécialisé dans l’engagement patient. De nombreux patients découvrent en effet aujourd’hui la puissance de l’IA, mais s’interrogent sur sa pertinence et sur l’utilisation de leurs données avant même d’en percevoir les bénéfices médicaux.
Les risques de la fracture numérique et de la mésinformation
La fiabilité des informations est en jeu. Selon une étude publiée dans Nature en 2026, ChatGPT Health, bien qu’efficace pour des questions simples, échoue à recommander des soins d’urgence dans des situations critiques. Pourtant, plus de 230 millions de personnes l’interrogent chaque semaine pour des conseils médicaux. Face à ce constat, des solutions comme Gustave, l’agent IA de Paperdoc, se distinguent en s’appuyant exclusivement sur des référentiels français validés (HAS, ANSM, sociétés savantes), garantissant des réponses scientifiquement fiables.
L’IA soulève aussi des questions importantes sur la question de la fracture numérique qui risque d’exclure certains patients, surtout les moins connectés. « Quand il s’agit d’outils conversationnels, le patient peut se retrouver face à une interface sans en maîtriser les codes », cite par exemple Damien Dubois. L’IA pourrait alors aggraver les inégalités d’accès aux soins, plutôt que de les réduire.
La déshumanisation des soins est un autre écueil, avec le risque de voir les professionnels de santé s’appuyer excessivement sur des outils automatisés, au détriment de la relation humaine et de la responsabilité médicale.
L'IA est un outil qui ne remplacera pas la relation de soin ni l'expertise médicale. © khunkornStudio, Adobe Stock
Confiance et transparence, les piliers d’une IA responsable en santé
Pour que l’IA soit acceptée, deux conditions sont indispensables : la qualité des données et la transparence. « Il faut mettre en place de vrais contrôles, vérifier que les données sont fiables, exhaustives et mises à jour », insiste Marie Morice. Sans cela, le risque est grand de voir se développer une méfiance durable envers ces outils.
Un autre enjeu : l’accompagnement des patients par la pédagogie. « Comment les aider à utiliser ces outils avec les bons repères ? », interroge Marie Morice. Il faut apprendre à questionner les réponses d'un outil, identifier des sources fiables, comprendre qu'une IA peut se tromper. Marie Morice parle d'une culture de l'IA en santé à construire, à l'image de ce que fut, en son temps, l'éducation à la littératie numérique.
Le Recueil de cas d’usage illustrés de l’IA en santé, publié par France Assos Santé, va d’ailleurs dans ce sens. À travers cinq exemples concrets, il montre comment l’IA améliore déjà les diagnostics, l’organisation des soins et l’accompagnement des patients. « L’objectif est de parler d’une seule voix et faire remonter à un niveau plus institutionnel pour que la stratégie numérique sur l'IA puisse accompagner et valoriser les solutions qui sont les plus vertueuses », salue Damien Dubois.
L’IA, un outil au service de l’humain, pas un substitut
L’IA ne remplacera en tout cas jamais la relation de soin ni l’expertise médicale. « Elle reste un outil pour nourrir la réflexion, une aide à la décision, mais l’humain doit garder la main », rappelle Damien Dubois.
Marie Morice ajoute : « L’IA sera probablement intégrée naturellement dans les outils du quotidien, avec des bénéfices toujours plus concrets pour les patients. »
Le véritable enjeu n’est pas seulement technologique. C’est la capacité collective à construire une IA en santé utile, compréhensible, accessible et digne de confiance. Cette montée en compétences ne peut être portée par un acteur seul. Associations de patients, laboratoires pharmaceutiques, institutions publiques et start-up doivent avancer de concert. C'est notamment l'ambition du consortium Radar, dont Amgen est membre fondateur, qui mobilise acteurs publics et privés autour de la réduction de l'errance diagnostique dans les maladies rares grâce aux données de santé et à l'IA.
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