La Banque africaine de développement et la Côte d’Ivoire ouvrent des discussions préliminaires pour le nouveau programme d’actions 2023-2027

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La Banque africaine de développement et le gouvernement de Côte d’Ivoire ont engagé, du 18 au 22 juillet 2022 à Abidjan, un dialogue préliminaire pour jeter les bases du nouveau programme d’actions de la Banque dans le pays pour les cinq prochaines années.

Conduite par le directeur général adjoint de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest, Joseph Ribeiro, la délégation de la Banque a échangé une semaine durant avec plusieurs parties prenantes et partenaires de la Côte d’Ivoire, dont de hauts responsables gouvernementaux notamment les ministères clés – Primature, ministère du Plan et du Développement, ministère de l’Économie et des Finances, départements techniques des principaux ministères concernés par les actions de la Banque en Côte d’Ivoire, mais aussi partenaires techniques et financiers de la Côte d’Ivoire, représentants du secteur privé et de la société civile ivoiriens.

De droite à gauche, Joseph Ribeiro, directeur général adjoint de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest, Yéo Nahoua, directeur de cabinet de la ministre ivoirienne du Plan et du Développement, Siélé Silué, conseiller spécial du Premier ministre chargé des projets cofinancés par les partenaires techniques et financiers.

Les discussions ont porté sur la première version de la note de diagnostic-pays que la Banque a élaborée pour la Côte d’Ivoire et la préparation du rapport d’achèvement du Document de stratégie-pays (DSP) 2018-2022 de la Banque dans le pays, qui arrive à expiration à la fin de l’année. Le dialogue a également permis de passer en revue la performance du portefeuille des projets financés par la Banque en Côte d’Ivoire au titre de l’année 2022. Des enseignements ont ainsi pu être tirés de la coopération entre la Banque et la Côte d’Ivoire et des recommandations stratégiques et opérationnelles formulées, en vue d’améliorer les projets futurs.

« La Côte d’Ivoire est un partenaire stratégique de la Banque et ce dialogue avec les autorités et les autres parties prenantes nous a permis de faire un diagnostic complet de nos actions en Côte d’Ivoire et d’identifier les orientations stratégiques pour le futur Document de stratégie-pays qui portera sur la période 2023-2027, en lien avec les priorités du Plan national de développement 2021-2025 du gouvernement ivoirien », a déclaré Joseph Ribeiro.

« La Banque a su moduler ses interventions à travers des outils et des mécanismes plus appropriés. J’en veux pour preuves la facilité de réponse rapide au Covid-19 qui a permis à la Côte d’Ivoire de bénéficier d’un cycle d’appuis budgétaires généraux et sectoriels ; et le Programme de production alimentaire d’Urgence sous forme d’appui budgétaire d’un montant de 96 milliards de FCFA, soit 159,33 millions de de dollars, pour faire face aux conséquences de la crise en Ukraine », a indiqué le directeur de cabinet du ministre du Plan et du Développement, Yéo Nahoua, qui conduisait la délégation ivoirienne

« C’est l’occasion pour moi de saluer les autorités de la Banque, au nom de la ministre du Plan et du Développement, gouverneure de la Banque pour la Côte d’Ivoire, pour leur contribution à la résilience de notre économie et l’amélioration continue de la qualité de notre coopération », a-t-il ajouté.

Le Document de stratégie-pays (DSP) de la Banque pour la Côte d’Ivoire qui s’achève à la fin 2022, appuie la mise en œuvre du Plan national de développement 2016-2020 du gouvernement ivoirien. Il repose sur deux piliers : le premier porte sur le renforcement des infrastructures structurantes et la gouvernance, pour doper la compétitivité de l’économie et l’efficacité des investissements ; et le second sur le développement des chaînes de valeurs agro-industrielles pour favoriser une croissance inclusive et durable.

S’agissant du premier pilier, les réalisations préliminaires marquent des progrès dans les secteurs du transport et de l’énergie. En effet, par rapport à 2018, les interventions de la Banque ont contribué à une augmentation de 3,40 % du linéaire de routes interurbaines bitumées et de 83 % du linéaire d’autoroutes urbaines, contribuant ainsi à baisser les coûts de transport intérieurs et internationaux et à améliorer les échanges commerciaux avec les pays voisins. Dans le secteur de l’énergie, les interventions de la Banque ont aidé à rehausser de 8,6 % le taux d’accès à l’électricité au niveau national, contre 20 % attendus, démontrant qu’il reste des efforts à faire en ce domaine. « Dans ce premier pilier, des défis subsistent en matière de renforcement de la gouvernance dans les secteurs d’intervention. En outre, il est attendu une accélération des interventions prévues au titre de l’amélioration du climat des affaires et de l’appui aux petites et moyennes entreprises », ont relevé les participants.

Concernant le deuxième pilier, les interventions de la Banque ont contribué à renforcer les structures d’encadrement de recherche dans le domaine agricole et à améliorer la productivité de plusieurs filières agricoles, telles que le maïs, le riz, le manioc et les cultures maraîchères. Néanmoins, des défis subsistent en termes d’infrastructures agricoles de soutien aux chaînes de valeurs et, surtout, en matière de transformation agro-industrielle des produits locaux, au cœur même de ce deuxième pilier. 

Quant au portefeuille de la Banque en cours à la fin juin 2022 en Côte d’Ivoire, il comptait 44 opérations représentant un engagement d’environ 1 528 milliards de FCFA, soit 2,41 milliards de dollars avec une prédominance des infrastructures de transport (43,5 %), suivies de l’énergie (23,6 %), de l’agriculture (19,4 %), du social (4,9 %), de la gouvernance (4,3 %), des finances (2,2 %) et de l’eau et assainissement (2,1 %). Enregistrant un taux global de décaissement de 44 %, le portefeuille affiche un âge moyen de 3,9 ans. La performance globale du portefeuille est jugée globalement satisfaisante, avec une note de 3 sur une échelle de 1 à 4. Ce portefeuille, dont le volume a quadruplé en cinq ans, rencontre des défis d’exécution à savoir de longs délais d’exécution, en partie liés à la qualité des études de faisabilité des projets et au long délai de réponse. Les échanges ont également porté sur le taux des projets non-performants qui est à 41 % alors qu’il avait été réduit à moins de 30 % à la fin 2021. À cet effet, il a été rappelé les raisons pour lesquelles les projets sont non-performants, à savoir les difficultés de démarrage des nouveaux projets, les délais d’exécution au-delà de 5 ans et les faibles taux de décaissement.

« La Banque est disposée à accompagner la Côte d’Ivoire dans son plan de développement et à apporter des ressources nécessaires dans les secteurs identifiés par les autorités comme leurs priorités. Les discussions ont porté également sur un besoin en soutien au capital humain, au renforcement de capacités, nous sommes prêts à examiner tout cela lors de nos discussions à proprement parler sur le futur document de stratégie pays pour la période 2023-2027 », a conclu Joseph Ribeiro.

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