« Le monde post-Covid-19 ouvre de nouvelles voies et opportunités. Tous les acteurs publics et privés ont un rôle à jouer, pour les rendre encore plus accessibles aux entrepreneurs. Cela n’est possible que si une nouvelle impulsion est donnée à l’entrepreneuriat et aux TPME, avec une mise en synergie de tous les programmes, publics et privés, qui devront monter en échelle, en capacité et s’articuler en parfaite cohérence ». Telle est la conclusion de la conférence régionale qui s’est tenue les 7 et 8 juin à Rabat, au Maroc, sur le thème « Futur de l’emploi et rôle de l’entrepreneuriat et des TPME ».
Lancé à la clôture de la rencontre, l’Appel de Rabat relève d’une prise de conscience politique et d’un changement de paradigme. Une déclaration qui instaure une convergence de visions sur la nécessité d’un nouveau modèle de création d’emplois nourri par l’entrepreneuriat et les TPME.
Organisée en partenariat entre le Groupe Banque africaine de développement via la nouvelle plateforme « eina4jobs » (Entrepreneurship, Innovations and Advice for Jobs) et le ministère marocain de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, l’évènement a réuni près de 300 personnes, parmi lesquelles nombre de ministres, d’entrepreneurs et d’experts venus du Maroc, de Tunisie et d’Égypte.
Huit points portant sur des actions concrètes ont été identifiés. Il s’agit – entre autres – d’améliorer les cadres réglementaires, d’investir dans des chaînes de valeur à fort potentiel, de créer des partenariats public-privé (PPP) pour tirer parti des fonds d’investissement, cibler le soutien aux entrepreneurs et les accompagner sur les plans techniques et financiers.
Un esprit de consensus et une volonté partagée ont émané des deux jours de la conférence, questionnant les politiques publiques de soutien à l’entrepreneuriat en tirant les leçons des expériences respectives des trois pays.
« Après la pandémie de Covid-19, les questions de l’emploi et de l’entrepreneuriat se posent différemment, a souligné Younes Sekkouri, le ministre marocain de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences. Il est important de trouver des approches efficaces et des solutions de rupture qui placent les jeunes au centre des politiques publiques et valorisent les territoires ».
Nadia Fettah, la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, juge « prioritaire » le soutien à l’entrepreneuriat : « Le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ont le potentiel de créer plus de 8 millions d’emplois d’ici à 2030. Pour ce faire, les gouvernements doivent mettre en place des politiques audacieuses et inclusives qui accompagnent et libèrent les talents », a-t-elle précisé.
Pour sa part, le ministre tunisien de l’Emploi Nasreddine Nsibi a insisté sur la nécessité de « mobiliser plus de financements, y compris auprès du secteur privé, car nos jeunes attendent une réponse ». « Beaucoup de choses nous rassemblent, Maroc, Tunisie et Égypte, en termes d'environnement et de défis, a renchéri Nevine Gamea, la ministre égyptienne du Commerce et de l’Industrie. Nous travaillons à satisfaire les besoins de nos peuples et de nos jeunes pour qu'ils puissent accéder aux emplois et opportunités ».
De l’avis de Yacine Fal, vice-présidente de la Banque africaine de développement chargée du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services, « la pandémie de Covid-19 a modifié les paramètres. Les manières d’agir pour entreprendre ou gérer une entreprise ont radicalement changé. Tous ensemble, nous lançons l’appel de Rabat pour créer un momentum et afin de soutenir les jeunes qui osent, innovent et entreprennent. Ensemble, faisons en sorte que le monde d'après soit pensé en mettant la jeunesse et l’emploi au cœur de l'agenda politique ».
Le représentant du Danemark au Maroc, l’ambassadeur Jesper Kammersgaard, juge « très positif que la plateforme eina4jobs, que finance le Danemark, puisse offrir un espace pour élaborer une feuille de route et relever les défis auxquels sont confrontés les pays de la région ».
Au-delà de la conférence, les partenaires présents – Agence allemande de coopération internationale pour le développement, Agence française de développement, Banque mondiale, Banque européenne de reconstruction et de développement, Programme des Nations unies pour le développement et Organisation internationale du travail notamment – ont pris date pour se concerter et ainsi concrétiser l’Appel de Rabat.
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