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Par Nathalie Lesage
Le 31 juillet 2025 à 12h25

DÉCRYPTAGE - Le pays s’impose comme l’un des écosystèmes les plus dynamiques de la planète en matière d’IA, attirant cerveaux et capitaux.
Passer la publicité Passer la publicitéL’intelligence artificielle a fait irruption dans nos vies en redéfinissant les possibles. Connaissance, productivité, innovation : elle résout les problèmes les plus complexes, en plus de repousser les limites de l’humain et de la machine. Une révolution qui s’accompagne d’une demande effrénée de talents, appelés à développer, déployer et implanter des applications concrètes, tout en soulevant des questions éthiques majeures.
Le Canada s’est imposé comme leader de cette transformation en devenant, dès 2017, le premier État au monde à adopter une stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle. Le pays se campe aujourd’hui en épicentre de l’innovation technologique sur l’échiquier international, porté par des politiques avant-gardistes et des investissements massifs visant à soutenir la recherche, accélérer l’adoption de l’IA et former les millions de travailleurs impactés par cette mutation.
De nombreux défis subsistent, en particulier la sécurité — qu’il s’agisse de lutter contre la désinformation ou de protéger les droits fondamentaux — et le rythme d’adoption dans le monde du travail : en 2024, seuls 14 % des entreprises canadiennes, selon la Chambre de commerce du Canada, utilisaient l’intelligence artificielle générative.
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De VivaTech à Paris au Hannover Messe en Allemagne, le Canada se positionne comme invité de marque au sein des plus importants rendez-vous Tech mondiaux. L’occasion de mettre en lumière ses secteurs phares, tels que la santé, la recherche ou la créativité numérique : autant d’opportunités qu’il y a de talents pour les saisir.
Pour Julien Billot, PDG de Scale IA : « Ce qui rend unique l’écosystème canadien, c’est cette relation triangulaire et collaborative très forte entre start-ups, grandes entreprises et chercheurs ; avec le soutien du gouvernement fédéral. Plutôt que de tout développer en interne, les grandes entreprises choisissent souvent des fournisseurs locaux, favorisant ainsi la collaboration intersectorielle. Nos PME locales connaissent ainsi un essor remarquable, et de nombreuses start-ups sont devenues des acteurs majeurs. Cette dynamique contribue à développer un réseau vertueux qui crée des emplois et attire les meilleurs talents. »
Les trois piliers canadiens en matière d’IA :
Recherche fondamentale : Le Canada s’y distingue comme chef de file incontesté, notamment par ses travaux fondateurs en deep learning. Son excellence est telle qu’il publie plus d’articles en IA par habitant que tout autre pays du G7* et concentre 10 % des chercheurs les plus cités au monde.
Responsabilité éthique : Précurseur en matière d’éthique de l’IA, le Canada a posé un jalon majeur dès 2018 avec la Déclaration de Montréal, l’un des premiers textes de référence à avoir influencé la gouvernance mondiale. Il figure aussi parmi les membres fondateurs du Partenariat mondial sur l’IA (PMIA), qui rassemble plus de 25 pays autour d’une vision responsable, inclusive et fondée sur les droits de la personne.
Sécurité : L’enjeu est aussi crucial qu’international. Le Canada lançait en 2024 l’Institut canadien de la sécurité de l’intelligence artificielle (ICSIA), voué à étudier les risques posés par les systèmes d’IA. Catherine Régis, co-directrice du programme de recherche de l’ICSIA, explique : « L’IA est un enjeu international qu’il est impératif d’encadrer par des moyens concrets. Ceci passe par un équilibre entre innovation, cadre juridique clair et protection des individus. À cet effet, des chercheurs et chercheuses du Canada siègent à la table d’experts interdisciplinaires pour accompagner les organisations internationales telles que l’ONU et l’UNESCO. »
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