Le Nigeria sous le choc après l’enlèvement de 315 élèves et enseignants dans une école

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Publié le 22 novembre 2025 Lecture : 3 minutes.

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Des hommes armés ont enlevé 315 élèves et enseignants dans une école catholique du centre du Nigeria, a annoncé samedi 22 novembre une association chrétienne au lendemain du rapt. Il s’agit de l’un des plus importants kidnappings de masse ayant frappé le pays. Ces enlèvements connaissent une recrudescence.

Le raid, tôt vendredi matin contre l’école mixte Saint Mary dans l’État du Niger, dans le centre du Nigeria, est survenu après une attaque menée lundi contre un lycée de l’État voisin de Kebbi par des hommes armés, qui y ont enlevé 25 jeunes filles.

Le président Donald Trump, en Floride, le 2 novembre 2025.

Selon un communiqué de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN), « le nombre total de victimes enlevées dans l’école catholique primaire et secondaire Saint Mary de Papiri, dans la zone de gouvernement local d’Agwarra, dans l’État du Niger, s’élève désormais à 303 élèves et 12 enseignants », soit presque la moitié des effectifs de l’école (629 élèves). Le précédent bilan faisait état de 227 disparus.

Le gouvernement nigérian n’a pas fait de commentaire pour le moment sur le nombre de personnes enlevées. Le gouverneur de l’État du Niger, Mohammed Umar Bago, a assuré à la presse samedi que les forces de sécurité étaient encore en train de compter et qu’elles fourniraient un chiffrage d’ici la fin de la journée.

Donald Trump menace d’intervenir

Mohammed Umar Bago a décidé de fermer toutes les écoles de son État, imitant ainsi les autorités des États voisins de Katsina et de Plateau. Le ministère de l’Éducation nigérian a de son côté annoncé la fermeture de 47 lycées gérés par le gouvernement fédéral, essentiellement dans le nord du pays.

Le président Bola Tinubu a annulé ses engagements internationaux, notamment sa participation au sommet du G20 à Johannesburg (Afrique du Sud), pour gérer la crise.

Ces deux enlèvements de masse et l’attaque d’une église dans l’ouest du pays, qui ont fait deux morts et où des dizaines de personnes pourraient avoir été capturées, se sont produits après que le président américain Donald Trump a menacé d’une intervention militaire au Nigeria en raison de ce qu’il a qualifié de massacres de chrétiens par des islamistes radicaux. Pour Abuja, les attaques touchent les Nigérians quelle que soit leur religion.

Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 21 mai 2025.

Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a appelé le Nigeria à « prendre des mesures urgentes et durables pour mettre fin aux violences contre les chrétiens » vendredi lors d’entretiens avec le conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, Nuhu Ribadu, selon un communiqué du Pentagone.

Rapprochement des bandits et des jihadistes

La CAN a indiqué que c’est Bulus Dauwa Yohanna, évêque catholique du diocèse de Kontagora dont dépend l’école Saint Mary, qui a fourni le nouveau bilan. « Après notre départ de l’école de Papiri, nous avons décidé de contacter les élèves, de procéder à des vérifications et de mener des enquêtes complémentaires sur ceux dont nous pensions qu’ils avaient réussi à s’échapper. Nous avons alors découvert que 88 autres élèves avaient été capturés après avoir tenté de s’enfuir », a déclaré l’intéressé, cité dans un communiqué. « Cela porte à 303 le nombre d’élèves [garçons et filles] et 12 enseignants [quatre femmes et huit hommes], ce qui porte le nombre total de personnes enlevées à 315 », a-t-il ajouté.

Depuis des années, des bandes criminelles lourdement armées, appelées « bandits » par les autorités, intensifient leurs attaques dans les zones rurales du nord-ouest et du centre du Nigeria où la présence de l’État est faible, faisant des milliers de morts et procédant à des enlèvements contre rançon.

Des soldats nigériens patrouillent à la frontière avec le Nigeria, près de la ville de Diffa, le 21 juin 2016.

Aucun groupe n’a revendiqué les dernières attaques. Ces bandes ont établi leurs camps dans une vaste forêt qui s’étend sur plusieurs États, dont ceux de Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger. Une source onusienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que les jeunes filles enlevées lundi à Kebbi avaient probablement été emmenées dans la forêt de Birnin Gwari, dans l’État voisin de Kaduna.

Alors que le Nigeria est confronté à de multiples défis sécuritaires, les prises d’otages, qui se multiplient à l’échelle nationale, sont devenues une tactique privilégiée des bandes armées et des jihadistes. Le Nigeria reste ainsi marqué par l’enlèvement de près de 300 jeunes filles par les jihadistes de Boko Haram à Chibok, dans l’État de Borno (nord-est), il y a plus de dix ans. Certaines d’entre elles sont toujours portées disparues.

Bien que les bandits n’aient pas d’idéologie particulière et soient motivés par le gain financier, leur rapprochement croissant avec les jihadistes du nord-est inquiète les autorités et les analystes de sécurité. Depuis seize ans, des jihadistes mènent une insurrection dans le nord-est du pays dans le but d’établir un califat.

(Avec AFP)


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