« Il s’agit simplement de petites licences sous-performantes », a déclaré à Reuters un analyste minier familier de la situation, soulignant que l’impact sur le marché devrait être minime.
La Guinée abrite les plus grandes réserves de bauxite au monde et représente plus d’un quart de l’approvisionnement mondial, avec de grandes entreprises internationales, notamment des opérateurs chinois et russes, actives dans le secteur.
Les exportations de bauxite sont la pierre angulaire de l’économie guinéenne, générant des milliards de dollars par an et positionnant le pays parmi les principaux exportateurs de minéraux d’Afrique.
En 2023, les exportations de bauxite de la Guinée ont augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente, la Chine en recevant la plus grande part. Le pays se classe aux côtés de l’Australie, de la Chine et du Brésil parmi les principaux producteurs mondiaux de bauxite, contribuant à environ 28 % de la production mondiale.
La bauxite est un minéral métallique essentiel à la production d’aluminium, largement utilisé dans les secteurs industriels et des infrastructures.
Selon les analystes, les principaux producteurs de bauxite de Guinée sont en passe d’extraire plus de 200 millions de tonnes en 2025, soit une augmentation de 35 % par rapport à la production record de l’année dernière.
Bien que les annulations ciblent principalement les petites entreprises peu performantes, cette mesure signale une volonté plus large du gouvernement guinéen de faire respecter les règles et de réaligner le secteur sur les objectifs de développement national.
« Cela peut être interprété comme un avertissement aux sociétés minières selon lequel le gouvernement a l’intention de voir les projets développés selon les conditions convenues », a déclaré un conseiller d’un cabinet de conseil panafricain.
Les révocations de licences s’inscrivent dans le cadre de réformes plus vastes visant à accroître les bénéfices locaux, à renforcer la surveillance réglementaire et à accroître les recettes de l’État.
Il s’agit notamment d’encourager les entreprises à établir des raffineries d’alumine sur le territoire national plutôt que d’exporter de la bauxite brute, et de renforcer les règles relatives aux obligations en matière de licences et d’investissement.