Ce mercredi 13 mai, le président américain Donald Trump s'est rendu en Chine à bord d'Air Force One. Il était accompagné de ce qu'il a nommé « l'incroyable rassemblement des Plus Grands Hommes d'Affaires du Monde », comprenant notamment Elon Musk de Tesla, Tim Cook d'Apple, Larry Fink de BlackRock et Kelly Ortberg de Boeing. Ainsi qu'un invité de dernière minute, Jensen Huang, le patron de Nvidia, l'entreprise la plus valorisée en bourse au monde.
Initialement exclu de cette visite, l'inclusion du milliardaire est révélatrice d'une inquiétude croissante autour des avancées de la Chine en matière de puces électroniques.
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En 2022, l'administration Biden a mis en place un embargo sur les puces les plus avancées de Nvidia afin de ralentir le développement du pays. Cependant, la stratégie américaine a eu un effet pervers. Si elle a temporairement retardé le progrès chinois, elle a surtout incité le pays à s'émanciper de la technologie occidentale.
Un embargo américain aux effets pervers
Dès 2023, Huawei produisait un processeur pour smartphone gravé en 7 nm, un véritable exploit même si cette puce avait plusieurs générations de retard sur ses rivaux. La machine était lancée et la technologie chinoise, même si elle accuse toujours un retard, rattrape petit à petit la technologie occidentale. Concernant les puces pour l'intelligence artificielle, Nvidia avait développé le H20, une version bridée du H100, pour contourner l'embargo, mais elle n'a pas rencontré le succès escompté. En décembre dernier, l'administration Trump a décidé d'assouplir les règles et d'autoriser la vente du H200, le second processeur le plus puissant de la marque, derrière le B200.
Une dizaine d'entreprises chinoises ont été autorisées à acheter les puces H200, notamment Alibaba, Tencent, ByteDance et JD.com. Toutefois, aucune vente n'aurait eu lieu, Pékin leur mettant la pression pour éviter ou limiter ces achats. Le gouvernement souhaite obliger le secteur à développer ses propres alternatives afin que le pays soit autonome.
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La visite du patron de Nvidia semble justement viser à conclure des accords. Si Trump a salué des « accords commerciaux fantastiques », il ne semble pas y avoir de progrès notable. Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, a déclaré que de futurs achats dépendraient de la volonté de Pékin.
La Chine cherche à s’émanciper des processeurs occidentaux. © Image générée avec ChatGPT
La Chine produit déjà ses propres puces pour l’IA
Si acheter des puces américaines permettrait des avancées en matière d’intelligence artificielle, le bénéfice ne serait que de courte durée. La Chine n'a aucun intérêt à céder à cette facilité. De plus, la puce maison Huawei Ascend 950PR sortie récemment offre d'excellentes performances. Elle serait presque trois fois plus puissante que le H20 de Nvidia, mais serait encore en retrait par rapport au H200. Une avancée considérable.
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En attendant, les entreprises d'IA sont obligées d'optimiser leurs modèles pour tirer le maximum du matériel disponible. Cela leur donne un certain avantage sur leurs concurrents occidentaux, comme l'a montré le lancement de DeepSeek, dont les dernières versions sont optimisées pour les puces de Huawei.
Taïwan dans le viseur chinois
Du côté occidental, la majorité des puces avancées sont produites à Taïwan, créant une situation géopolitique tendue. La Chine montre de plus en plus de signes de vouloir reprendre l'île, qui n'est pas reconnue comme un pays indépendant par la France - seuls 11 pays le reconnaissent. Le président chinois Xi Jinping a affirmé que leurs pays pourraient connaître des « affrontements et même des conflits » si la question de Taïwan n'était pas gérée correctement. La prise de l'île et de ses fonderies avancées n'aiderait sans doute pas vraiment le développement des puces chinoises. Des mesures sont en place, de véritables « kill switches », pour éviter qu'elles ne tombent entre les mauvaises mains.
En revanche, c'est toute la production de semi-conducteurs occidentale qui serait bouleversée. Paradoxalement, en voulant ralentir la Chine, les États-Unis ont créé une situation beaucoup plus dangereuse pour le reste du monde. Des entreprises comme Intel et TSMC construisent des fonderies ailleurs, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon. Mais il faudra encore des années avant que le monde ne soit plus aussi dépendant de Taïwan.
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