Les investisseurs étrangers répondent présents à l’émission obligataire du Togo

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(Agence Ecofin) - Le Togo a mobilisé 22 milliards FCFA ce vendredi 11 avril sur le marché régional, profitant d’une forte demande venant de la Côte d'Ivoire et du Bénin. 

Le Togo a levé 22 milliards FCFA (environ 37,9 millions de dollars) ce vendredi 11 avril sur le marché régional de l’UEMOA, lors d’une double émission de bons du Trésor à 182 et 364 jours. Le pays a bénéficié d’une forte demande, avec plus de 71 milliards FCFA de soumissions, mais a choisi de limiter l’enveloppe acceptée afin de contenir ses coûts d’emprunt à court terme.

Le Trésor public togolais a retenu 4,75 milliards FCFA sur la maturité à 182 jours contre 54,2 milliards FCFA de propositions, soit un taux d’absorption de 8,8%. A l’inverse, 17,25 milliards FCFA ont été acceptés sur la maturité à un an, soit 99,95% des offres soumises sur ce segment. Le rendement moyen pondéré sur les titres à un an s’établit à 7,33%, en hausse par rapport aux 7,18% observés lors de la dernière émission du 3 mars.

Cette stratégie envoie un signal clair au marché : le Togo cherche à éviter une envolée des taux sur les échéances très courtes, tout en acceptant une hausse modérée sur les maturités à un an, probablement dans le but de lisser ses besoins de trésorerie jusqu’à la fin de l’année budgétaire.

Le pays doit en effet faire face à un service de la dette particulièrement important ce mois-ci, estimé à plus de 51 milliards FCFA sur ce segment du marché de la dette. Cela pourrait expliquer le choix du Trésor de privilégier les maturités plus longues, malgré le coût supérieur, afin de sécuriser des ressources plus durables.

La base d’investisseurs reste largement régionale et concentrée. Quatre pays - la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal et le Togo - ont absorbé l’essentiel des titres. Les banques ivoiriennes ont acquis près de 6 milliards FCFA sur le 364 jours, talonnées par les banques béninoises (6 milliards FCFA également), tandis que le marché togolais n’a capté que 4 milliards FCFA sur cette maturité. 

Par ailleurs, les indicateurs macroéconomiques du pays restent solides. La croissance économique a atteint environ 5,3% en 2024, et devrait s'établir autour de 5,5% à moyen terme, selon les prévisions du FMI, sous réserve de l’absence de chocs externes majeurs. L'inflation poursuit sa décrue, elle est tombée à 2,8% en février 2025 en moyenne annuelle.

Cependant, les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) ont récemment marqué un point d’arrêt. Fin mars, à l’issue de sa mission à Lomé, l’institution n’est pas parvenue à un accord avec les autorités togolaises dans le cadre de la deuxième revue du programme soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC), approuvé en mars 2024 pour un montant de près de 400 millions de dollars. Les divergences porteraient notamment sur le déficit budgétaire, en lien avec les besoins de financement de l’Etat dus en partie aux dépenses sécuritaires.

Considérant les taux observés dans la sous-région, le Togo reste dans une position intermédiaire. La Côte d’Ivoire emprunte à des conditions plus avantageuses (6,60% sur le 364 jours), tandis que le Burkina Faso a dû concéder 8,70% sur la même maturité. Cette prime de risque modérée reflète une perception globalement favorable du profil macroéconomique togolais, malgré les incertitudes budgétaires en cours.

Fiacre E. Kakpo


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