Lesotho : le parti du magnat du diamant Sam Matekane en tête des législatives, selon des résultats partiels

SOURCE | 3 years ago


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(Agence Ecofin) - Créé il y a seulement sept mois, le parti de la Révolution pour la prospérité a remporté plus de la moitié des 41 sièges au Parlement. La Convention de tous les Basotho et le Congrès démocratique, qui dominaient la vie politique depuis l’indépendance du pays, paraissent laminés.  

Le parti de la Révolution pour la prospérité (RFP), une formation fondée en mars dernier par le magnat du diamant, Sam Matekane (photo), est en tête des législatives tenues le 7 octobre dans le royaume du Lesotho, selon des résultats partiels publiés par la Commission électorale nationale.

Dans l’après-midi du dimanche 9 octobre, les résultats du scrutin étaient connus dans 49 des 80 circonscriptions. A la surprise générale, le RPF a remporté 41 sièges, soit le minimum requis pour obtenir la majorité simple.

La Convention de tous les Basotho (All Basotho Convention, ABC), au pouvoir depuis 2017, n’a remporté qu’un seul siège, selon ces mêmes résultats partiels. Le Congrès démocratique (Democratic Congress/DC), principal parti d'opposition et en même temps membre de la coalition gouvernementale, a obtenu, quant à lui, 6 sièges.

Une victoire du RFP ouvre la voie à un changement de gouvernement au Lesotho. Sam Matekane, l'homme le plus riche de ce petit pays montagneux d’environ 2,1 millions d’habitants, devrait occuper le poste de Premier ministre.

Suite à l’annonce des résultats définitifs des législatives, les législateurs devront en effet élire un Premier ministre, et ce dernier est généralement issu du parti majoritaire au Parlement.

Le Lesotho est en proie à une grande instabilité politique depuis une dizaine d’années. Cette petite monarchie constitutionnelle enclavée au cœur de l'Afrique du Sud a organisé trois élections entre 2012 et 2017.

Bien que deux partis, la Convention de tous les Basotho et le Congrès démocratique, dominent la vie politique depuis l’indépendance du pays en 1966, ces élections ont abouti à la mise en place de gouvernements de coalition très instables, en raison notamment de la propension des députés à changer de parti en cours de mandat. Ce phénomène de « nomadisme politique » favorise souvent la chute des gouvernements et l’ingérence de l’armée dans le processus politique, comme en atteste un coup d’Etat manqué en juin 2014.

Mi- juillet, le roi Letsie III a dissous le Parlement après l’échec de l’adoption d’un nouveau Code électoral visant à limiter l’instabilité politique. Ce code électoral prévoyait notamment l’interdiction aux députés de changer de formation politique au cours des trois premières années de leur mandat et la désignation du roi comme commandant des forces armées pour empêcher la politisation de l’institution militaire.

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