(Agence Ecofin) - Instigateur de deux coups d’Etat en neuf mois, le responsable militaire était pressenti à ce poste depuis l’annonce de la démission de l’ancien président de la transition Bah N’Daw. Il a également tendu la main au mouvement M5-RFP qu’il appelle à lui proposer un candidat au poste de premier ministre.
Le colonel Assimi Goïta est désormais le nouveau président de la transition au Mali. C’est ce qu’a annoncé la cour constitutionnelle malienne, dans une décision rendue ce vendredi 28 mai 2021.
Constatant la « vacance de la présidence de transition » suite à la démission du président Bah N’Daw, l’institution a désigné le vice-président, le colonel Assimi Goïta pour exercer « les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme » avec « le titre de président de la transition, chef de l’Etat ».
L’annonce intervient alors que des rumeurs couraient déjà sur l’intention du chef de la junte malienne de prendre les commandes du pouvoir malien, après l’arrestation puis la démission de l’ancien président de la transition Bah N’Daw et de l’ancien premier ministre Moctar Ouane.
Principal instigateur du coup d’Etat d’août 2020 qui a abouti à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Kéita, Assimi Goïta était depuis plusieurs mois considéré comme le nouvel homme fort du Mali, malgré le poste de vice-président qu’il occupait. Preuve de son rôle de véritable métronome de la vie politique malienne, c’est lui qui a poussé vers la sortie les dirigeants précédents de la transition, organisant ce que le président français Emmanuel Macron a qualifié de « coup d’Etat dans le coup d’Etat ».
Ainsi, cette nouvelle nomination vient confirmer sa mainmise sur le pouvoir malien. Elle replace également les militaires au cœur du pouvoir malien, contrairement aux principes de la première transition qui prévoyait d’accorder la présidence provisoire du Mali à une personnalité civile.
Bénéficiant d’un certain soutien populaire, le responsable militaire a annoncé vouloir former un gouvernement avec les membres du mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qu’il avait pourtant maintenu loin du pouvoir jusque-là. « Nous demandons (...) que le poste de Premier ministre revienne au M5-RFP » a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « Dans les jours à venir, le Premier ministre qui sera nommé aura pour mission de mener une large consultation entre les différents groupements (...) en vue de mettre en place un gouvernement de consensus et d'inclusivité ». Une offre saluée par le M5-RFP dont le porte-parole a annoncé l’intention de proposer Choguel Kokalla Maïga, un des chefs de file du mouvement, pour prendre la tête de la primature malienne.
Pour l’instant, la communauté internationale, qui avait condamné l’arrestation de Bah N’Daw et de Moctar Ouane ne s’est pas encore prononcée sur la situation, et la CEDEAO doit se réunir ce dimanche pour se pencher sur le sujet.
« Il fallait choisir entre la stabilité du Mali et le chaos, nous avons choisi la stabilité. […] Car il s’agit de l’intérêt suprême de la Nation, nous n’avons pas d’autre agenda caché » a déclaré Assimi Goïta.
Moutiou Adjibi Nourou
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