Terminer le marathon de Londres en 1 heure 59 minutes 30 secondes, soit courir sans relâchement à plus de 21,1 km/h, c'est la prouesse que vient de réaliser à Londres le Kenyan Sabastian Sawe.
Passer sous la barre symbolique des deux heures pour les 42 kilomètres et 195 mètres est un objectif que les meilleurs athlètes cherchent à atteindre depuis 2018. Cette année-là, Eliud Kipchoge avait battu le record du monde officiel avec un chrono de 2 heures 1 minute 39 secondes. C'était également la première fois que l'on estimait que cette barrière des moins de deux heures pouvait finalement être accessible.
Il y a bien eu un précédent, avec le projet Ineos durant lequel Eliud Kipchoge avait parcouru la distance en seulement 1 heure 59 minutes 40,2 secondes. Toutefois, il ne s'agissait pas d'une compétition officielle et tout était optimisé dans cet objectif. Les quelques secondes nécessaires pour passer sous ce chrono nécessite une addition parfaite entre physiologie, stratégie, environnement et technologie autorisée.
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Il faut à la fois une VO2 max élevée, c'est-à-dire la capacité à apporter de l'oxygène de façon efficace aux muscles, une économie de course exceptionnelle et un haut seuil lactique. De fait, maintenir une vitesse énorme de moins de 2 min 50 s par kilomètre sur 42,195 kilomètres sans fatigue irréversible est un exploit.
Mais pour grappiller les secondes, la science peut contribuer à apporter un petit coup de fouet. Ce qui tant à le prouver, c'est que sur cette course, ce n'est pas un seul marathonien qui est passé sous les deux heures, mais deux : l'Éthiopien Yomif Kejelcha a terminé deuxième en 1 heure 59 minutes 41 secondes.
Des chaussures qui courent vite
Leur point commun : des chaussures innovantes et inédites. Pour ces coureurs, la marque Adidas a réalisé sur mesure ses Adizero Adios Pro Evo 3. Leur allure est plutôt étrange comparée à celle des paires de chaussures de running classiques. La semelle est recouverte d'un rembourrage qui entoure une plaque de carbone incurvée. De profil, on dirait presque les patins incurvés d'un fauteuil à bascule.
Il semble bien plus compliquer de marcher avec ces chaussures que de courir avec. © Adidas
Ce design étrange privilégie l'économie de matériaux, pour réduire au maximum le poids de la chaussure tout en assurant un bon amorti. Le poids d'une chaussure est d'ailleurs de moins de 100 grammes (env. 97 g). C'est également un record !
Pour y parvenir, de la mousse ultralégère a été injectée. Mais ce qui fait aussi la différence, c'est qu'une plaque de carbone intégrée incline légèrement le coureur vers l'avant. L'idée consiste à favoriser un appui sur l'avant-pied pour plus d'efficacité.
Pourquoi ? Tout marathonien amateur le sait par expérience : une foulée qui sollicite principalement l'avant du pied est bien plus efficace que celle où le talon entre en contact avec le sol. Dans ce dernier cas, la poussée du talon au sol génère une impulsion vers l'arrière. Cela signifie qu'il faut dépenser de l'énergie pour se repropulser vers l'avant. À force d'expériences, le coureur de fond va progressivement prendre ses appuis sur l'avant et la forme des chaussures facilite cette transition.
Chaque gramme compte
Dans le cas des deux athlètes, la technologie est poussée un peu plus loin. La conception des chaussures parvient même à accroître l'élasticité de la jambe. Le matériau vient restituer l'énergie pour pousser le coureur vers l'avant. C'est un peu comme s'il avait des ressorts sur la pointe des pieds pour faire moins d'effort. Les scientifiques qui ont planché sur la conception des chaussures estiment qu'elles peuvent aider à dépenser jusqu'à 6 % d'énergie en moins par foulée. Et pour gagner des secondes sur une telle distance, tout compte !
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Dans un communiqué de presse, Adidas a déclaré que ces Adizero Adios Pro Evo 3 sont le fruit de plus d'une douzaine d'itérations. Les athlètes ont réalisé de nombreux tests et ajustements lors d'entraînements en altitude au Kenya et en Éthiopie.
Mais outre l'entraînement millimétré des athlètes, à ce niveau, chaque détail compte vraiment... même la montre portée. Ainsi, c'est un modèle très léger et âgé de quatre ans, une Forerunneur 255 de Garmin, qu'a porté Sabastian Sawe. Ce n'est pas le haut de gamme de la marque, mais le coureur n'avait besoin que de consulter son allure au kilomètre et son chrono.
À noter, ces chaussures Adizero Adios Pro Evo 3 sont en vente depuis quelques jours en édition limitée.
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23 hours ago
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