(Agence Ecofin) - Alors que le décompte des victimes du récent séisme en Turquie et Syrie se poursuit, des conséquences plus globales sont signalées par les analystes du marché énergétique.
Au-delà des impacts régionaux significatifs qu’il aura à court et à moyen terme, le séisme qui a touché la Turquie et la Syrie lundi 6 février dernier n’épargnera pas le secteur énergétique global selon plusieurs analystes.
Ces appréhensions ne sont pas liées au poids géopolitique de la Turquie qui malgré sa puissance économique incontestable au Moyen-Orient ne pesait que 0,84 % du PIB mondial en 2022. Elles sont essentiellement le fait de la position intercontinentale du pays et de son importance pour les échanges internationaux.
En effet, la Turquie se trouve à cheval sur l’Asie et l’Europe. Une situation géographique qui fait du pays un centre stratégique aussi bien pour le commerce mondial en général que pour le transport des hydrocarbures en particulier.
Selon les analystes, la Turquie pourrait désormais connaître des difficultés à assurer efficacement ce rôle de transit qui favorise l’acheminement d’importantes ressources pétrogazières depuis le Moyen-Orient et l’Asie centrale.
Les risques que fait peser le séisme sur le marché énergétique global tiennent également au fait qu’ils rajoutent de la pression à des circonstances déjà difficiles. En effet, la Turquie est jusqu’ici la piste la plus efficace et la moins coûteuse pour mettre en œuvre des projets d’exportation d’hydrocarbures par pipeline.
Pour l’essentiel, les analystes s’attendent à un affaiblissement de la position de la Turquie en tant que plateforme internationale de transport de pétrole et de gaz. Un changement majeur de la géopolitique mondiale de l’énergie qui pourrait entraîner une modification significative du cycle et des coûts de l’approvisionnement pétrogazier en Europe, entre autres.
Abdel-Latif Boureima
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