(Agence Ecofin) - L’agence estime que la première économie d’Afrique de l’Est fait face à des besoins élevés de refinancement de sa dette, dans un contexte marqué par le resserrement des conditions d’accès aux financements extérieurs et la hausse des coûts des financements intérieurs.
L’agence de notation Moody's Investors Service, a annoncé, dans un communiqué publié le vendredi 28 juillet, l’abaissement des perspectives de la note souveraine du Kenya de stables à négatives, en raison notamment de la hausse des besoins de refinancement de la dette du pays et de son accès limité aux financements extérieurs.
La note souveraine du Kenya à long terme et à court terme en devises étrangères et en monnaie locale a été cependant maintenue à « B3 », soit six crans en dessous du grade d'investissement et au même niveau que celles de l'Egypte et de l'Angola. Cette confirmation de la note reflète l'évaluation de Moody's selon laquelle les pressions intenses sur les liquidités observées en mars et avril 2023 se sont atténuées.
« L'amélioration des conditions de financement intérieur préserve les options de financement extérieur du gouvernement pour répondre à ses besoins importants de refinancement de la dette extérieure. L'engagement du gouvernement à mettre en œuvre des réformes budgétaires dans le cadre d’un programme soutenu par le FMI a permis de débloquer des financements concessionnels importants de la part des prêteurs multilatéraux. Ces financements aideront le gouvernement à répondre à ses besoins de refinancement extérieurs au cours de l'exercice fiscal se terminant le 30 juin 2024 (exercice fiscal 2023/ 2024), y compris l'eurobond de 2 milliards de dollars qui arrivera à échéance en juin 2024 », a expliqué l’agence.
Moody's a d’autre part motivé l’abaissement des perspectives du Kenya par « le risque de liquidités et les besoins élevés de refinancement de la dette face à des options de financement extérieur limitées et à la dépendance à l'égard d'un financement intérieur coûteux du déficit budgétaire ».
Notant que le ratio dette/PIB du pays a atteint 69,7%, l’agence estime que l’évolution future de la note souveraine du pays dépendra essentiellement de sa capacité à financer son déficit budgétaire grâce à des emprunts internes et de la poursuite des réformes économiques ouvrant la voie à l'accès aux financements du FMI et d’autres institutions multilatérales.
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